Blancpain Endurance Series

Laurent Gaudin : "On évite de changer ce que le client apprécie."

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2013 marque la troisième saison de la Blancpain Endurance Series et une fois de plus les grilles devraient être garnies tout au long des cinq meetings organisés : Monza, Silverstone, Paul Ricard, Spa, Nürburgring. Dire que le championnat Blancpain ne connaît pas la crise est certes un peu présomptueux, mais certains championnats passent mieux entre les gouttes, et celui-ci en fait partie. Avec une soixantaine de GT3 attendues demain et mercredi au Castellet pour les essais officiels, une bonne partie des forces en présence aura l’occasion de se rôder face à la concurrence même si ce ne sont que des tests. On ne connaît pas encore la liste définitive des engagés à l’année, mais on doit pouvoir dire sans se tromper que le nombre de 50 sera atteint sans trop forcer. On ne change pas une recette gagnante et seuls quelques petits ajustements seront mis en place. Les 24 Heures de Spa seront une nouvelle fois le point d’orgue de la saison avec un nombre d’engagés qui devrait en faire à nouveau la course GT la plus importante au monde avec une seule catégorie au départ. Environ 65 autos sont attendues dans les Ardennes belges fin juillet. En attendant, le nombre d’engagés à l’année en Pro-Cup sera supérieur à 10, en Pro-Am Cup au delà de 30 et en Gentlemen proche de dix. Faites le calcul vous-même. S’il en est un qui peut se réjouir du succès de la série Blancpain, c’est bien Laurent Gaudin, Manager du championnat. Une interview d’avant-saison avec le maître d’œuvre du championnat Blancpain s’est tout naturellement imposée.

 

Laurent Mercier : Les choses vont pour le mieux avec une nouvelle fois des grilles garnies…

Laurent Gaudin : « Il faut tout de même rester prudent car tout le monde subit la crise économique. L’équipe qui travaille à mes côtés est pleinement concentrée à préparer la saison à venir. Nous sommes restés en contact avec les concurrents depuis la dernière course. Ce sont nos clients, donc on se doit de les écouter et de répondre à leurs attentes. Il n’y a pas eu de vrai problème l’an dernier, ce qui fait qu’il n’y a pas de raison de changer une recette qui fonctionne. Le plat est bon, ce qui fait que l’on reprend les mêmes ingrédients. »

 

On peut dire qu’en sport automobile, la catégorie GT3 est un phénomène de société. C’est aussi ton avis ?

« On a tout entendu sur les GT3 : ce ne sont pas des voitures de courses, elles ne pourront pas tenir 24 heures, faire un format de trois heures pour ces autos n’est pas bon, etc… Maintenant, où en est-t-on ? Tout le monde vient en GT3 et les championnats se sont multipliés ces dernières années. Stéphane (Ratel) était sûr du concept avec des courses de trois heures et les 24 Heures de Spa comme cerise sur le gateau. »

 

GTE d’un côté et GT3 de l’autre ?

« Pour le moment le GTE  sur la scène mondiale se limite à quatre constructeurs avec Porsche, Chevrolet, Aston Martin et Ferrari. L’ACO souhaite redéfinir la catégorie GT et avec le GT3 on a la chance d’avoir un système qui fonctionne dans le monde entier. Les GT3 sont déjà assez chères comme cela. Nous étions fermement opposés aux évolutions afin de limiter les coûts, mais nous ne sommes pas les seuls à décider. Il faut tenir compte de toutes les parties. Cependant, les constructeurs ont fait des efforts pour revoir à la baisse le prix de ces évolutions. Il ne faut pas aller plus loin sous peine de dégoûter les clients. La catégorie GT3 est un produit de course et elle est légitime pour rouler seule sans être une catégorie support d’une course de prototypes. »

 

On est tout de même loin de 2006…

« Les produits GT3 suivent les évolutions des autos de série. Visuellement, on est loin des Porsche Cup de 2006. Les GT3 sont devenues de vrais monstres de course. Le point négatif est qu’il faut acheter des kits chaque année. Les autos sont de plus en plus « faciles » à piloter et de plus en plus belles. On ne peut plus nous reprocher que les GT3 sont de vulgaires autos de série. Les coûts sont élevés, mais la base de départ l’est aussi. »

 

Où en est-t-on des nouvelles technologies ? Il y a des projets en cours ?

« Nous sommes clairement demandeurs et la balle est dans le camp des constructeurs. Aucune porte n’est fermée sur le sujet. Nous avons actuellement une catégorie G3 qui est ouverte toute l’année et pas seulement aux 24 Heures de Spa. On y trouve des autos caduques comme la Dodge Viper Competition Coupe ou encore la Jaguar. Certains constructeurs sont passés par la case G3 avant une homologation finale. C’est le cas notamment de Nissan et McLaren. On verra la VDS GT 001-R de Raphaël van der Straten aux 24 Heures de Spa dans cette catégorie G3. »

 

De nouveaux constructeurs sont prévus en GT3 ?

« Pas pour le moment mais il y aura la Bentley GT3 qui devrait rouler avant la fin de saison dans au moins un championnat badgé SRO. »


La Blancpain Endurance Series a un terrain de jeu européen. On peut le voir s’étendre à des pays plus lointains ?

« Il est vrai qu’il y a une forte demande en Europe et même hors des frontières européennes. Nous tenons à garder l’esprit plaisir pour les pilotes avec des meetings de deux jours. Avec un plateau aussi fourni, aller hors d’Europe serait un peu compliqué. Le concept actuel fait qu’on limite les coûts et le timing. De plus, la majorité de nos clients disputent un double programme. Sans aucune prétention, la Blancpain Endurance Series est devenue en peu de temps la référence GT. Nous avons l’avantage de tout maîtriser : les homologations, l’aspect sportif, la catégorisation de pilotes, la Balance de Performance. Il y a la volonté d’une politique de proximité. On évite de changer ce que le client apprécie et la stabilité est importante. »

 

Il faut s’attendre à des nouveautés cette saison ?

« Plutôt des ajustements. La vraie nouveauté est l’arrivée de Pirelli en tant que manufacturier unique. On repart donc sur de nouvelles bases. On notera l’arrivée d’une course de 1000 km pour clôturer la saison, ce qui plaît aux pilotes. Les 24 Heures de Spa seront une nouvelle fois le gros morceau. On peut espérer avoir un plateau légèrement supérieur à l’année passée sachant que les installations ne sont pas extensibles. Le principe de la Superpole est maintenu sachant qu’elle se tiendra le vendredi en fin de journée pour permettre aux teams de bien se préparer. La parade dans le centre de Spa sera un moment fort de la semaine avec le traditionnel briefing dans le théâtre. On espère même que la parade sera encore plus dynamique. Il y aussi une forte demande de clubs de différentes marques pour avoir un temps de roulage sur le circuit. L’organisation d’une Journée Test est actuellement à l’étude. Les fans pourront suivre en streaming les différents meetings et il est prévu un important dispositif pour Spa. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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