Les 12 Heures de Bathurst 2013 ont tenu toutes leurs promesses, sur un circuit qui est probablement un des plus beaux du monde. La Mercedes SLS GT3 n°36 du Erebus Racing pilotée par Bernd Schneider, quituple champion DTM, Thomas Jaeger et Alex Roloff. Le trio a toujours été à la pointe du combat et Erebus Racing aurait même pu faire le doublé si la SLS n°63, auteur de la pole position, n’avait pas connu des ennuis de suspension en fin de course. La principale menace pour les Mercedes est venue des Ferrari, tout d’abord de celle du Maranello Motorsport en début d’épreuve puis de celle du Clearwater Racing qui ne concède qu’un tour à l’arrivée.
Première heure
Le départ était donné sur une piste humide mais cela n’a pas refroidi les ardeurs des concurrents car la lutte a été chaude dès les premiers tours. La Mercedes SLS n°63 du Erebus Racing avait consevé le bénéfice de la pole position, mais Tim Slade qui était au volant de la Mercedes était suivi de très près par la Ferrari n°33 du Clearwater Racing aux mains de Criag Baird. Celui-ci était à l’attaque et prenait le commandement de la course au troisième tour. Derrière les deux hommes Mika Salo (Ferrari Maranello Motorsport n°88) prouvait que son coup de volant était intact et qu’il s’était parfaitement adapté au circuit de Mount Panorama. Le finlandais était lui aussi à l’attaque et tentait de passer à son tour la Mercedes de Slade. Dans sa manœuvre il était coincé entre les rails et une Porsche qu’il dépassait, la Porsche et la Ferrari entant en contact. La Porsche faisait un petit écart et sortait de la piste entraînant la première entrée en piste du safety car. Celui-ci ne restait pas longtemps sur le circuit mais allait ressortir presqu’aussitôt après une collision entre la Lamborghini JBS Swift, une des favorites et une Aston Martin. Les deux voitures obstruant la piste, une deuxième Porsche et la Ford GT du Robinson Racing Developments étaient à leur tour piégés. La fin de cette première heure voyait toujours le safety car en action et Mika Salo, qui avait pris la première place lors du premier restart, était en tête de la course avec la Ferrari du Maranello Motorsport
Les premiers changements de pilote intervenaient. Cette deuxième heur allait être fertile en incidents de course, dûs pour partie à la densité du trafic et au rythme effréné de la course. L’Audi R8 LMS ultra Dragonspeed n°81 était victime d’un incident mécanique, elle perdait la roue arrière gauche. Eric Lux partait dans une série impressionnante de quatre tête-à-queue en pleine descente, passait juste devant le museau de la Porsche Cup n°12 de Alex Davison et finissait par s’immobiliser.
La Ferrari Maranello faisait également un tête-à-queue. Peter Edwards qui avait relayé Mika Salo après un beau relais du finlandais sur la Ferrari n°88 partait à la faute dans Hell Corner et perdait un tour dans l’opération. La Ferrari n°33 du Clearwater Racing, en troisième position, avait évité de peu la catastrophe, la BMW Z4 Liqui Moly n°16 ayant balayé la piste devant elle, tapant les rails de chaque côté de la piste.
A la fin de cette deuxième heure de course, la Mercedes SLS Erebus n°63, Tim Slade toujours au volant, était en première position.
Troisième et quatrième heure
Les choses ne s’arrangeaient pas pour la Ferrari n°88 qui était rentrée dans son box. La voiture avait souffert dans le contact initial de Salo avec une Porsche dans la première heure de course et la suspension avant était très abîmée. La troisième heure de course avait elle aussi connu son lot de sorties de piste et de nombreux débris devaient être ramassés par les commissaires qui avaient fort à faire.
En revanche les choses allaient très bien pour le Erebus. La SLS n°36 était remontée progressivement vers l’avant de la course. Bernd Schneider était désormais au volant et mettait la pression sur l’Audi R8 LMS ultra n°1 du Phoenix Racing qui avait pris la première place pendant les derniers pitstops. Schneider mettait une forte pression sur Andreas Simonson et passait en tête.
Les leaders l’échappaient belle ensuite. La BMW 135i n°19 laissait un épais écran de fumée sur la piste et laissait beaucoup d’huile sur la partie gauche du circuit, les premières voitures passant donc dans une sorte de brouillard, heureusement sans problèmes.
Au tiers de la course, Schneider était donc premier devant l’Audi n°1 de Simonson, la deuxième Mercedes Erebus, la n°63 de Lee Holdsworth, l’Audi n°6 de Warren Luff, la Ferrari n°33 de Matt Griffin, la Porsche n°5 de Shane van Gisbergen, l’Audi n°9 de Christopher Mies, l’Audi n°23 de Mark Patterson et la Porsche n°12 de Alex Davison.
Cette cinquième heure débutait sous régime de safety car, une Seat Leon Supercopa étant immobilisée sur la piste. Matt Griffin écopait d’un drive through juste avant de céder sa place au volant à Craig Baird, ce qui retardait la Ferrari Clearwater.
Au restart, les deux Mercedes Erebus occupaient les deux premières places, la n°63 de Holdsworth devant la n°36 de Alex Roloff, très près de la voiture sœur. La Ferrari Maranello Motorsport avait repris la piste mais elle avait perdu 16 tours pour réparer la suspension et avait donc vraisemblablement perdu tout espoir d’un bon classement, malgré les efforts de John Bowe.
L’homme de cette cinquième heure était sans conteste Craig Baird. Il enchaînait les tours rapides pour refaire le retard consécutif au drive through et revenait comme une balle sur les premiers. Il était bientôt troisième après avoir doublé l’Audi n°1 de Johan Kristofersson. Il s’attaquait rapidement à la Mercedes de Roloff qu’il dépassait au sommet de Mount Panorama et n’était plus qu’à une centaine de mètres du leader Lee Holdsworth à la fin de cette cinquième heure, alors que Holdswoth était sur la fin de son relais.
Le Top 5 : Mercedes n°63- Ferrari n°33- Mercedes n°36 -Audi n°1 – Audi n°6 (Rod Salmon)
Sixième heure
Holdsworth s’arrêtait comme prévu pour ravitailler et cédait le Volant de la Mercedes à Peter Hackett, laissant doc la première place à la Ferrari de Baird, devant la Mercedes n°36 de Thomas Jaeger, l’Audi n°1 de Kristofersson et donc la Mercedes n°63 de Hackett.
Nouveau safety car suite à un accrochage entre une SEAT Supercopa et la Ferrari Maranello de John Bowe, une Ferrari décidément très malchanceuse et qui est cette fois contrainte à l’abandon.
Après le restart, le safety car dut intervenir à nouveau, la Porsche n°67 étant en perdition sur la piste. Seules quatre voitures étaient toujours dans le même tour à mi-course, dans l’ordre la Ferrari n°33 (Baird), la Mercedes n°36 (Jaeger), l’Audi n°1 (Kristofersson) et la Mercedes n°63 (Hackett)
Craig Baird continuait à imposer le tempo et creusait progressivement l’écart, même si Jaeger, Kristofersson et Hackett restaient dans le même tour que le leader. Après six heures et demie de course, Baird s’arrêtait et laissait la Ferrari n°33 aux mains du pilote de Singapour Mok Weng Sun. Celui-ci était jugé peu après fautif d’un contact avec l’Audi R8 LMS ultra n°9 et écopait d’un drive through, laissant la première place à la Mercedes de Jaeger. Peu après la fin de cette septième heure, le safety car sortait pour la dixième fois à la suite d’une sortie de route d’une Subaru Impreza. Après sept heures de courses, la Mercedes n°36 précédait l’Audi n°1, la Mercedes n°63 et la Ferrari n°33.
Huitième heure
La Subaru en heurtant durement les rails avait fait beaucoup de dégâts et le safety car allait rester en piste pendant les deux tiers de cette huitième heure car au restart, l’Audi R8 LMS n°6 de Craig Lowndes était victime d’une casse mécanique et tapait à son tour les rails, la voiture devant abandonner, le safety car revenant donc en action !
L’Audi n°1 avait cédé du terrain et les deux Mercedes Erebus avaient pris un peu de champ, la n°36 de Jaeger devant la n°63 pilotée désormais par Tim Slade. Mok Wen Sung et la Ferrari Clearwater n°33 était troisième, devant la Porsche 911 GT3 R n°5 de Klark Quinn et l’Audi R8 LMS ultra n°9 de Dean Grant.
Neuvième heure
Cette neuvième heure allait être profitable aux Mercedes Erebus. Le safety car ne sortit qu’une seule fois pour dégager la Daytona Coupé.
Matt Griffin avait pris le relais de Mok Weng Sun, mais après le contact de Mok Weng Sun avec l’Audi n°9 le splitter avant de la Ferrari avait des envies d’émancipation et pendouillait quelque peu. Griffin essayait de faire avec les vibrations engendrées mais les organisateurs sortaient le drapeau noir pour que la Ferrari soit réparée. Griffin rentrait donc et la Ferrari était désormais à un tour des deux Mercedes qui caracolaient en tête.
Le Top 5 : Mercedes n°63 (Holdsworth), Mercedes n°36 (Schneider), Porsche n°5 (Quinn), Ferrari n°33 (Griffin), Audi n°23 (Brendon Hartley).
Dixième heure
Les Mercedes Erebus sont toujours aux deux premières places. C’est désormais Bernd Schneider qui est leader mais Lee Holdsworth se rapproche du pilote allemand.
Derrière les deux Mercedes SLS, Klark Quinn est en troisième position avec la Porsche GT3 R VIP n°5 mais le moteur de la Porsche donne des signes inquiétants de faiblesse. Matt Griffin, avec un splitter avant tout neuf, essaie de remonter dans le Top 3.
Le ciel se fit de plus en plus menaçant, l’orage menace et il pleuvait au sud du circuit, ce qui pourrait donner deux dernières heures de course très délicates.
Onzième heure
Les deux SLS poursuivent leur domination, Schneider possédant deux petites secondes d’avance sur Holdsworth. Les deux Mercedes ont la voie d’autant plus dégagé que leur rivale la plus dangereuse, la Ferrari Clearwater, leur concède un tour supplémentaire après une crevaison à l’arrière droit.
Peu après, l’orage qui était de plus en plus imminent, éclate et une pluie torrentielle s’abat sur le circuit. La piste devient très piégeuse et les deux Mercedes s’engagent dans la descente pratiquement au ralenti.
Le safety car rentra fort à propos en piste pour dégager une Lotus Elise, ce qui permit à tous les concurrents de rentrer au stand pour changer de gommes.
Le Erebus Racing était à son tour touché par la malchance. Pendant la neutralisation, la suspension avant droite de la Mercedes n°63 donnait des signes de faiblesse. Holdsworth ramenait la voiture au stand pour réparation et les mécaniciens s’affairaient aussitôt, la SLS ayant encore deux tours d’avance sur la Ferrari n°33 de Matt Griffin. Dès lors Alex Roloff, qui avait relayé Bernd Schneider sur la SLS n°36, était seul dans le même tour à l’amorce de la dernière heure de course. La Porsche n°5 de van Gisbergen était quatrième et l’Audi n°1 du Phoenix Racing pilotée par Kristofersson cinquième.
Douzième heure
Dans des conditions plus que délicates, Roloff resta parfaitement concentré malgré une panne de radio qui le coupait du contact avec son stand. Il ralliait l’arrivée sans être inquiété pour la victoire malgré tous les efforts des pilotes de la Ferrari du Clearwater Racing qui avait pris la deuxième place après les ennuis de suspension de la Mercedes n°63. Craig, Griffin et Mok Weng Sun terminaient donc en deuxième position après une très belle course, alors que la Porsche 911 GT3 R VIP Petfoods n°5 dont le moteur avait finalement tenu jusqu’au bout complétait le podium, à un tour également du vainqueur. L’Audi Phoenix Racing n°1 de Andreas Simonson, Harold Primat et Johan Kristofersson prenait la quatrième place, à deux tours, l’Audi n°9 de Mark Eddy, Marc Cini, Dean Grant et Chritopher Mies la cinquième, devant la Mercedes SLS Erebus n°63 de Tim Slade, Lee Holdsworth et Peter Hackett.
A noter la belle seizième place de la Peugeot RCZ Cup de Bruce Jouanny, David Wall et Andrew Jones.
Les résultats sont ici
Claude Foubert


