Seul Français à rouler en Continental Tire Sports Car Challenge en préambule des 24 Heures de Daytona, Christophe Contre évoluait sur une BMW 128i du Mitchum Motorsports aux côtés de Izzy Sanchez Jr. L’Angoumoisin a connu un début de week-end mitigé avec seulement quelques tours bouclés en essais, la BMW étant en proie à de récurrents problèmes de moteur. En course, le tandem s’est classé à une honorable 24ème place dans la catégorie ST. La série Continental mettait aux prises des noms connus avec notamment Bill Auberlen, Paul Dalla Lana, Darren Turner, Stefan Mücke ou encore John Edwards. Après ce galop d’essais floridien, Christophe Contre pourrait bien poursuivre l’aventure chez Mitchum Motorsports dès le prochain meeting d’Austin. Présent à Daytona en 2012 en tant que simple spectateur, le propriétaire du Formula Kart Speedway d’Angoulême était venu ce coup-ci avec la ferme intention de reconnaître les lieux avant de prendre part aux 24 Heures de Daytona 2014. A l’arrivée de la course, Christophe Contre était un homme comblé mais toujours en manque de roulage.
Laurent Mercier : Christophe, quel est ton sentiment sur ton expérience floridienne ?
Christophe Contre : « Je suis extrêmement heureux. Je suis soulagé quant à mon niveau de pilotage. J’ai beaucoup travaillé ma condition physique en faisant du cardio et de la musculation. Depuis les 24 Heures de Barcelone, j’estime avoir franchi un cap. Cela s’est confirmé avec une 5ème place en VdeV à Magny-Cours puis de très bons chronos aux 24 Heures de Dubai. Je voulais vérifier mon niveau à Daytona et j’ai ma réponse, avec des chronos similaires à ceux de Johnny Kanavas, pilote régulier de l’équipe. »
Le début de week-end n’a pourtant pas été de tout repos ?
« L’équipe a procédé à deux changements de moteur et j’ai pu boucler seulement six tours en essais. L’équipe m’a chargé de prendre le départ, ce qui pour moi était une grosse responsabilité. Je connaissais à peine la voiture, la piste, et il a fallu gérer le trafic avec près de 80 autos en piste. Pour moi, rouler sur un ovale était tout nouveau. Le banking est quelque chose d’impressionnant. C’était pour moi un gros challenge aussi bien mental que physique. De plus, il fallait comprendre les règles américaines. C’était un moment de tension extrême. »
Ton relais s’est passé sans encombre ?
« J’ai roulé durant 1h05 en étant constant et rapide. Le départ s’est passé sous tension car je suis parti de la dernière ligne suite aux problèmes rencontrés durant les essais. Je tenais à ne pas commettre la moindre erreur. Pour être totalement franc, c’est l’équipe qui a insisté pour que prenne le premier relais de départ. C’est en course que j’ai réellement pris l’auto en mains. Le trafic a été un élément important et j’étais en relation constante avec l’équipe et mon spotter. Il y a toujours quelqu’un qui te parle à la radio, ce qui n’est pas naturel pour nous européens. De plus, il fallait comprendre les expressions. Il y a ensuite eu la sortie de piste d’un adversaire avec la procédure du « lap back » comme en NASCAR. C’est assez complexe car il faut se placer dans la bonne file. Le restart a aussi été un grand moment avec une grosse foire d’empoigne. Le Turn 1 était très chaud et quelqu’un m’a touché, m’envoyant en tête-à-queue. Je me suis laissé glisser à l’extérieur afin de pouvoir repartir. J’étais alors en colère après moi. En fin de relais, j’ai pu me lâcher et me faire plaisir. L’équipe me passait le message : « Good job Christophe ! Fastest lap of the team ». Il restait à gérer le changement de pilote où il fallait sortir de l’ovale à pleine vitesse et trouver la bonne allure pour entrer dans la voie des stands. C’est une procédure particulière et tout s’est bien passé. Izzy a pris le volant aux portes du Top Ten mais il a écopé de deux pénalités successives. Je pense que nous pouvions terminer dans les dix premiers. »
Tu tires donc un bilan positif ?
« Il y a eu beaucoup de satisfaction pour cette première. Il y a en premier lieu la satisfaction humaine avec une bonne intégration au sein de l’équipe. Comme je n’ai pas eu trop de roulage, Mitchum Motorsports m’a proposé de rouler à Austin. Cela me permet de poursuivre l’aventure américaine. J’ai pu bénéficier des conseils d’Emmanuel Luppé ainsi que du staff de Continental France, présent sur place à Daytona. Continental France adhère à mon projet « Highway to Daytona » qui verra ma participation aux 24 Heures en janvier 2014. Après Austin, il est déjà prévu que j’aille rouler à Watkins-Glen et Indianapolis. Tout est fait dans la perspective de 2014 avec pourquoi pas un programme complet à la clé. J’ai toujours été amoureux des courses à l’américaine et de ce pays. J’espère que Continental et BMW France vont m’appuyer pour cela. Je veux aller au bout de mon rêve. Que BMW et Continental me suivent est une belle reconnaissance du travail fourni. Je suis voisin de Simon Pagenaud et loin d’avoir son niveau, mais je mets tout en œuvre pour réaliser mes rêves. »
On peut te voir rouler en Europe cette année ?
« Il est prévu que je prenne part aux 12 Heures de Hongrie avec Global Concept ainsi que les 24 Heures de Barcelone. La finalité est de prendre part aux 24 Heures du Mans. Ce sera peut-être un peu plus long que prévu mais tout se met en place petit à petit… »
Propos recueillis par Laurent Mercier