Pour sa dixième participation aux 24 Heures du Mans, Jean-François Yvon sera au volant de la Pescarolo-Mazda du OAK Racing n°24 en compagnie de Jacques Nicolet et Richard Hein. Manceau d’origine et ancien dirigeant d’une entreprise située au beau milieu de la ligne droite des Hunaudières, Jean-François a la particularité d’être le seul pilote en activité cette année à avoir roulé sans les deux chicanes et sans le ralentisseur Dunlop puisque sa première participation à la classique mancelle remonte à 1984 sur une BMW M1 avec la victoire en Groupe B. Le Sarthois revient avec nous sur sa découverte de la Pescarolo-Mazda, mais aussi sur les années 80 :
Laurent Mercier : Jean-François, comment se sont passés les premiers tours de roues sur la Pescarolo-Mazda ?
Jean-François Yvon : « La première séance a été difficile car nous avons connu quelques soucis électriques et nous avons ensuite procédé au changement des disques de freins. La voiture est fantastique à piloter et je crois que je n’ai jamais eu l’occasion de piloter une si bonne auto. Elle est très efficace et je suis bien en confiance avec elle. En course, je pense sincèrement que nous pouvons être systématiquement en dessous des quatre minutes au tour, tout en étant prudent. L’équipe est très motivée et c’est une vraie famille. Les deux autos sont bien préparées ».
Vous êtes le seul à avoir roulé ici sans les chicanes. Un brin de nostalgie ?
« Ah, piloter au Mans sans les chicanes, c’était une autre époque. En 1985, je pilotais la première Cougar-Porsche équipée du Flat 6. Dans les Hunaudières, nous prenions 371 km/h à 7700 tr/mn. En 1984, pour ma première participation, je pilotais une BMW M1 et nous avons remporté la catégorie. Cette année-là, une Aston Martin a pris feu dans les Hunaudières suite à un accident. C’est quelque chose qui marque et d’impressionnant. Pour moi, les chicanes ne sont pas très intéressantes car il n’y a pas de points de repères. Par contre, à partir de Mulsanne, c’est du pur plaisir jusqu’à l’arrivée vers la nouvelle portion. Une chose est sûre, je suis nostalgique de la ligne droite sans les chicanes. L’ambiance dans le paddock est différente de ce que j’ai pu connaître dans le passé. La convivialité avec le public n’est plus la même ».
Vous avez également piloté sans le Ralentisseur Dunlop…
« Nostalgie, nostalgie… (rires) La partie vers le Tertre Rouge est très intéressante alors que le Ralentisseur Dunlop est pour moi trop fermé et sans grand intérêt côté pilotage ».
Vous serez toujours au départ en 2010 ?
« J’y compte bien ! Tout dépendra des budgets mais j’espère bien disputer les Le Mans Series. Cette année, je dispute la saison VdeV où nous sommes quatrième au championnat ».
Propos recueillis par Laurent Mercier