Les premières 90 minutes de cette séance d’essais libres des 77èmes 24 Heures du Mans ont été très intéressantes du fait de l’assèchement preogressif de la piste. Tournant aux alentours des 4 minutes au tour en début de séance, les meilleurs pilotes ont fini par s’approcher de très près de la barre des 3’30″. Mais le sempiternel retour de la pluie a rendu la suite moins palpitante car il devenait impossible d’améliorer les chronos.
Alors, quelles conclusions peut-on tirer de ces 6 heures d’essais ? Tout d’abord, comme à Sebring, Audi et Peugeot semblent encore être très proches en performance. Deux Audi sont certes aux premiers rangs mais l’écart avec les Peugeot est minime : 3’30″708 pour Allan McNish sur la R15 n°1 contre 3’31″102 pour Alexander Wurz sur la 908 n°9. Tout cela se tient dans un mouchoir mais il faut rester très prudent avec une séance disputée dans ces conditions. Toutefois un fait nous a marqué. C’est la rapidité avec laquelle Pescarolo Sport a maîtrisé son sujet, aussi bien avec la Peugeot 908 n°17 que la Pescarolo n°16. Jean-Christophe Boullion a en effet, à deux reprises, pris la tête des feuilles de classement sur la première tandis que Chrsitophe Tinseau, restant sur le très belle forme affichée à Spa, plaçait la seconde en tête des “essence” au nez et à la barbe des Lola Aston Martin ! Pour un team qui découvre encore sa 908 et dont la LMP1 Judd dans cette évolution 2009 n’a jamais roulé au Mans, c’est particulièrement rassurant. Bravo aux verts !
De manière générale, ce sont les quatre 908 qui ont été rapidement en action. Logique pour une voiture déjà éprouvée au Mans même si elle a encore profondément évolué depuis juin 2008. Chez Audi, on a pris le temps de prendre ses marques avec la R15. Puis on s’est rapproché des chronos des Peugeot avant de faire aussi bien voire mieux. Logique encore pour une voiture débutante ici. Signalons que les deux camps ont connu quelques petites “figures” des pilotes en course et qu’une erreur de manipulation sur la 908 n°9 a coûté un changement d’embrayage. “Une erreur qui ne se reproduira pas”, a indiqué Olvier Quesnel.
Les trois Lola Aston Martin Gulf sont groupées entre la 8ème et la 11ème place. Assez logique pour les belles anglaises même si le fait de se retrouver derrière la Pescarolo n°16 était peut-être moins attendu. Il faut tout de même noter que les trois voitures ont été beaucoup moins assidues en piste que les Audi ou Peugeot par exemple. En moyenne, elles ont couvert 40 tours environ ce soir contre 67 aux R15 et 69 aux 908.
Chez Oreca, la soirée s’est déroulée suivant le planning prévu. La n°11 se place 12ème et devance la première Audi R10 du team Kolles. Des R10 qui n’ont pas forcé ce soir car il fallait surtout faire rouler les pilotes qui sont tous des néophytes du Mans. La Lola Aston Speedy Sebah vient ensuite devançant la Creation n°4 qui a connu une touchette aux mains de Vanina Ickx (les dommages sont toutefois aisément réparables). Les Ginetta-Zytek n’ont guère brillé. La n°23 est 22ème et la n°6 43ème en ayant assez peu roulé.
En LMP2, Porsche domine le suje, Essex devançant le team NAVI Goh : 3’46″426 pour Manu Collard sur la n°31. Olivier Pla est le meilleur des non-Porsche sur la Ginetta-Zytek du team Quifel-ASM. Il devance même la première LMP1 de la marque… Vient ensuite la Lola Speedy Sebah Judd n°33 puis la première Pescarolo du Oak Racing. Une belle diversité marque donc le top 5 du LMP2. RML est resté discret en ne pointant qu’au 6ème rang. Il faut dire que la B08/80 n’a couvert que 27 tours.
En GT1, les Corvette officielles devancent évidemment le petit peloton. Le contraire eut été étonnant… 3’57″876 pour la C6.R n°63 et 3’59″586 pour la n°64. Le trou est de 8 secondes avec l’Aston Martin n°66… La Lamborghini Murcielago a couvert environ 3 kilomètres en tout et pour tout avant qu’un cardan ne casse. Or l’équipe n’en possède pas en réserve. Il faut attendre une livraison express pour demain en provenance d’Italie… Chez Luc Alphand Aventures, on n’a pas pu rouler sur le sec, des roulements ayant été montés à l’envers ce qui a entraîné un problème sur l’embrayage !
En GT2, la Porsche Felbermayr n°77 de Marc Lieb réalise le meilleur chrono en 4’08″304, devançant la Ferrari Risi n°82 de plus de deux secondes. En troisième position, on retrouve la Spyker n°85 à près de 5 secondes puis la Porsche IMSA n°76 et la Ferrari JMW n°92 à 6 secondes. De tels écarts dans une catégorie habituellement très compétitive prouve que la séance a essentiellement été consacrée au travail et que la pluie est également venue perturber la hiérarchie réelle et probable. Ne tirons donc pas trop de conclusions de ces 6 heures d’essais et ce quelque que soit la catégorie.
Les résultats complets sont ici.
Vous pouvez revivre le déroulement des Essais Libres minute par minute ici. Les qualifications de demain, à suivre en Live-Texte, nous en diront assurément plus. Même si nous pouvons penser que les grands, Audi et Peugeot, pour ne pas les nommer, ne joueront peut-être pas la jeu d’une chasse à la Pole effrenée ! Et ce même si la piste s’annonce sèche. Wait and see…
Laurent Chauveau