Inaugurée en février 2009, l’Aventure Michelin a déjà accueilli plus de 200 000 visiteurs si bien que l’endroit est devenu en peu de temps l’un des lieux touristiques les plus visités d’Auvergne. Située face au stade Marcel Michelin, l’Aventure Michelin vous propose de découvrir une exposition chronologique et thématique dédiée au passé, au présent et au futur de Bibendum. Nous avons profité d’une visite à Clermont-Ferrand pour nous y rendre en compagnie d’Eric Van de Vyver et de son équipe. Il nous a bien fallu deux heures pour profiter pleinement des 2000 m2 où pas moins de dix espaces sont proposés avec l’aide profitable d’un guide. Le parking vous donne déjà un premier aperçu avec le plus gros pneu du monde au bord des marches du hall d’entrée. Le hall d’accueil fait place à la célèbre Micheline ainsi qu’un Bréguet. On y apprend que Michelin a construit 1857 Bréguet et qu’une Micheline roule encore de nos jours à Madagascar.
Le premier espace fait la part belle à la mobilité à la fin du XIXème siècle avec les débuts de la vraie aventure Michelin grâce à la famille Barbier-Daubrée et l’industrie du caoutchouc à Clermont-Ferrand. A cette époque, la traction animale est encore bien en place. C’est dès 1889 qu’André et Edouard Michelin reprennent la manufacture familiale de caoutchouc. Les frères s’intéressent rapidement à l’automobile en proposant une multitude d’innovations : premier pneu automobile, premier pneu à dépasser les 100 km/h ou la première jante amovible. Tout est décortiqué dans l’Espace 2, le troisième étant consacré à l’aviation avec la famille Michelin qui participe à la création de l’Aéro-Club de France puis le lancement de la Coupe Michelin de l’Aviation. Dès 1908, les frères Michelin décident de donner 100 000 francs à l’aviateur qui parviendra à relier Paris à Clermont-Ferrand avec un atterrissage au Puy de Dôme. Place au rail dans l’Espace 4 avec les légendaires Micheline avec un autorail sur pneus.
L’Espace 5 est consacré à la relation d’amour entre Michelin et la ville de Clermont-Ferrand avec d’authentiques témoignages. Il faut ensuite se rendre au niveau 1 pour rejoindre Bibendum Square où le côté communication est traité avec Bibendum, l’icône de plusieurs générations. Le personnage a peu évolué depuis sa création. Le premier slogan en 1893 était « Le pneu Michelin boit l’obstacle ! ». Pour la petite histoire, c’est lors de l’Exposition Universelle de Lyon qu’Edouard Michelin a eu l’idée en voyant une pile de pneus qu’en lui rajoutant des bras, cela ferait un bonhomme.
Michelin est aussi connu pour ses cartes routières et ses guides. Un espace leur est dédié avec le fameux bureau des itinéraires, l’ancêtre de Via Michelin. Point d’Internet au début du XXème siècle où il fallait téléphoner pour demander son itinéraire avant de le recevoir chez soi. Tout un programme quand on y pense maintenant à l’ère numérique. Au fil des années, les bornes de signalisation vont fleurir dans tout le territoire. Direction ensuite l’Espace 7 avec la révolution radiale, une grande invention de Michelin dès 1946 où le manufacturier prend 20 ans d’avance sur la concurrence. La suite de la visite passe par les enjeux de la mobilité de demain avec notamment la Venturi Volage. Michelin cherche quotidiennement à garantir la sécurité routière, réduire la consommation d’énergie et l’impact de la mobilité sur l’environnement. Le dernier espace fait la part belle au ludospace et au showroom avec un récapitulatif des différents produits proposés par Michelin. Il est même possible de se faire prendre en photo à côté de Bibendum.
L’Aventure Michelin vaut le détour que vous aimiez l’automobile ou pas. Si les guides dans certains musées sont soporifiques, il en est tout autre à Clermont-Ferrand où vous apprenez un tas d’anecdotes tout au long de la visite. Saviez-vous que c’est les frères Michelin qui ont mis en place les premiers pit-stops ? Saviez-vous aussi que la Jamais Contente a été le premier véhicule automobile, qui plus est électrique, à franchir le cap des 100 km/h en 1899 ?
Les photos de l’Aventure Michelin sont ici.
Laurent Mercier