GT Tour

Entretien avec Olivier Loisy, Manager Général du GT Tour…

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Après une saison 2011 quelque peu tumultueuse, le Championnat de France GT est rentré dans le rang cette année pour offrir un spectacle de qualité. Organisée par ORECA dans le cadre du GT Tour, la série nationale GT française fait partie des championnats nationaux les plus relevés en Europe avec l’ADAC GT Masters et le British GT. Le plateau 2013 n’est pas encore connu mais les premiers retours sont positifs si bien que le nombre de GT3 en piste devrait être croissant dans un championnat qui sortira des frontières à deux reprises (Spa-Francorchamps et Imola). Il faudra attendre le meeting du Mans à la fin avril pour voir le coup d’envoi d’une saison 2013 où les principaux protagonistes vus cette année en découdront à nouveau.  On parle en plus de l’arrivée possible de Hexis Racing, IMSA Performance Matmut, Thiriet by TDS Racing, Boutsen Ginion Racing, Speedcar ou DKR Engineering. Olivier Loisy, Manager Général du GT Tour et Responsable du Championnat de France FFSA GT fait le point sur l’année écoulée tout en évoquant celle à venir.

 

Laurent Mercier : Quel bilan peux-t-on tirer de la saison 2012 ?

Olivier Loisy : « Elle s’est globalement mieux passée qu’en 2011 et les points positifs sont multiples : la bonne ambiance retrouvée dans le paddock, le haut niveau de la compétition, l’implication croissante d’Eurosport, la présence massive des fans, etc… Les sources de satisfaction ne manquent pas mails il en est une à laquelle je suis personnellement très sensible, c’est de voir que les teams travaillent beaucoup plus ensemble, qu’ils essaient de faire converger leurs idées. Ils me paraissent plus soudés qu’auparavant. Ils ont retrouvé confiance. Nous travaillons main dans la main avec la FFSA ainsi qu’avec les teams, et même s’il peut parfois y avoir des divergences d’idées, il est particulièrement satisfaisant de voir que nous travaillons tous avec le même objectif de réussir ce championnat majeur. »


« Il n’y a pas eu de vrais problèmes sportifs. Les courses ont été animées avec beaucoup plus de fair-play. Tout n’était pas parfait en 2011 et il a fallu faire preuve de diplomatie et prendre des décisions. »

 

Le nombre d’autos sur les grilles est tout de même satisfaisant…

« Bien sûr on aimerait toujours avoir plus de GT3 mais on ne perd pas de vue que c’est un Championnat de France. Il est vrai que l’on a le potentiel pour en avoir plus. Quatre marques différentes ont remporté des courses cette saison, neuf équipages différents se sont imposés sachant que la Balance de Performance était homogène. Nous avons de quoi être optimiste pour 2013. »

 

Les teams et les pilotes semblent satisfaits de l’année écoulée…

« Oui dans l’ensemble tout le monde est plutôt satisfait et la majorité des protagonistes sera de retour en 2013. Il y a eu de vraies bagarres sur les différents meetings avec des pilotes professionnels tous aussi affûtés les uns que les autres. De plus, les teams font rouler des gentlemen qui ont de plus en plus d’expérience et qui travaillent avec des ingénieurs pour progresser. On a la chance d’avoir des Beltoise, Panis, Ortelli, Guilvert, etc… C’est aussi ce qui pousse les gentlemen vers le haut. C’est l’essence même du Pro-Am. Le tout réuni fonctionne plutôt bien. Nous n’avons pas à rougir des autres championnats nationaux. »

 

Qu’en est-il des évolutions 2013 sur les autos ?

« Les teams souhaitaient que les évolutions soient gelées pour 2013 et 2014. On s’est vite rendu compte qu’il était difficile de rester sur cette position. Il y a eu beaucoup de discussions et nous avons pris la décision d’accepter toutes les autos. Nous suivrons la Balance de Performance de la Commission FIA sachant que l’on demandera aux autos les plus anciennes d’y participer. La FFSA s’autorise quelques ajustements si le besoin devrait s’en faire sentir. En 2012, la BOP a été plutôt homogène et je reste persuadé que la FIA est l’autorité compétente sur le domaine. »


Le handicap temps sera toujours en place ?

« Oui le premier prendra 15s, le deuxième 10s et le troisième 5s. On ne change pas les valeurs. C’est aussi ce qui permet d’avoir des vainqueurs différents car il faut que cela reste une compétition sportive. La philosophie est de savoir comment être meilleur pour composer avec le handicap. C’est la meilleure façon de réguler les performances et les qualités des équipages. Les valeurs fonctionnent bien et cela convient à tout le monde. »

 

Qu’en est-il du plateau 2013 ?

« L’optimisme est de rigueur sans toutefois tomber dans le fantaisisme. Les discussions en cours sont plutôt encourageantes. Les équipes qui nous suivent comptent rempiler, aussi bien le Team SOFREV-ASP, ART Grand Prix, Saintéloc, JWS ou Pro GT by Alméras pour ne citer qu’elles. Pour certaines, les équipages sont déjà finalisés sachant que l’on parle de deux à trois autos pour certaines équipes. La quasi totalité du plateau 2012 devrait poursuivre et nous attendons de cinq à huit autos en plus, ce qui pourrait nous amener à avoir des grilles de 25 à 30 autos. Il y a des discussions en cours avec de nouveaux teams comme Hexis Racing, Thiriet by TDS Racing, DKR Engineering, Speedcar, JSB, et le Sébastien Loeb Racing qui pourrait bien renforcer sa présence. Pour le moment, Speedcar a confirmé sa présence avec une Audi R8 LMS ultra. Pour le reste on en saura plus sou peu. »

 

« Nous travaillons aussi sur des solutions pour faciliter la présence de voitures dites de deuxième marché afin de les rendre plus compétitives et de permettre aux équipes plus modestes de proposer des volants à des prix très attractifs. Beaucoup de gens voudraient faire du GT mais n’en ont pas forcément les moyens. C’est notre travail, avec la FFSA, d’élaborer des solutions pour permettre à des nouveaux pilotes d’accéder à la discipline. Pas mal de pilotes habitués des coupes monomarques manifestent l’envie de concourir en FFSA GT. Nous oeuvrons pour que cette finalité leur soit plus accessible désormais et différentes équipes s’apprêtent à franchir le pas, ce qui est plutôt bon signe. Pour ce qui est de la Coupe de France, il y aura désormais un seul classement scratch plus un handicap temps supplémentaire selon l’année de sortie de l’auto pour que personne ne soit pénalisé. »

 

Le championnat sortira à deux reprises de l’hexagone. C’était une volonté ?

« Il y a une nécessité d’apporter des garanties sur le plan de la sécurité et des infrastructures. Il y a le Championnat de France GT mais pas seulement. On se doit d’aller sur des circuits où il n’y aura pas de déficiences techniques. Nous voulons faire du GT Tour un vrai événement sportif mais aussi dédié au public. Il n’est pas question pour nous de laisser tomber les circuits français. ORECA et la FFSA font beaucoup d’efforts pour que tout se passe bien. Certains circuits n’ont pas pu être inscrits au calendrier 2013, mais rien ne dit qu’ils ne seront pas de retour en 2014. Ce qui importe, c’est la satisfaction de nos équipes sachant que l’on reste avant tout un Championnat de France. »


« Imola peut générer la venue d’autres équipes et la présence de l’European Le Man Series peut faire que des équipes pourront prendre part aux deux. Thiriet by TDS Racing, Pro GT by Alméras, Boutsen Ginion Racing ou Sébastien Loeb Racing y réfléchissent. Des discussions sont en cours compte tenu de l’arrivée des GTC. »

 

Il y a eu des discussions pour modifier le format des courses ?

« Il est vrai que l’on a réfléchi à quelques courses plus longues. On a même imaginé jusqu’à une course de six heures ou faire un mélange avec l’European Le Mans Series. Pour cela, nous avons consulté les équipes et il en est ressorti que ce n’était pas forcément le bon moment. On doit veiller à l’intérêt des gentlemen et cela suppose plus d’investissements pour les équipes. Il y a un plébiscite pour les courses de deux fois une heure. Je pense qu’il n’y a pas de formule magique et que chaque championnat a sa propre essence. La France reste fidèle au sprint. »

 

Il faut s’attendre à des modifications en 2013 sur le plan sportif ?

« Nous allons déplacer la fenêtre de ravitaillement afin de donner plus de temps de roulage aux gentlemen. Cette fenêtre sera dorénavant entre la 28ème et la 35ème minute. Nous allons aussi remettre le tour de chauffe avec un passage par la voie des stands. De plus, si un équipage changeait plus de deux fois cette saison, il ne pouvait plus marquer de points. Ce sera maintenant à partir de quatre changements. C’est plus en phase avec la logique économique actuelle. Enfin, ceux qui n’ont pas d’expérience en GT seront d’office placés en « B », ce qui fait que un pilote « A » et un « B » pourront avoir une pénalité de temps supplémentaire qui devrait se situer entre dix et quinze secondes. »


Les meetings seront à nouveau diffusés sur Internet ?

« Oui et on ne peut pas passer à côté. Tout le monde peut regarder les courses à domicile, ce qui est un gros plus. Il n’est pas question que cela change. Pour ce qui est des courses de support, nous serons dans la mouvance de 2012 avec selon les circuits : Peugeot RCZ Cup, Porsche Matmut Carrera Cup, Formule 4, MitJet Series, Renault Clio Cup, F3 Classic, Super Kart 250 ou la Caterham. En revanche, la Seat Leon Super Copa s’arrête. Il est probable que pour le GT nous mettions en place une journée d’essais la veille du meeting du Mans ou sur un circuit qui reste à déterminer. Nous sommes aussi ravis que Michelin poursuive son engagement à nos côtés. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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