Corvette Racing disputera ce week-end son ultime course en GT1 avec la C6.R. Dans une catégorie réduite à peau de chagrin, les américains tenteront de décrocher un nouveau succès aux 24 Heures du Mans. Déjà cinq fois vainqueur dans cette classe, Olivier Beretta espère bien faire partie de l’équipage victorieux… avant les débuts en compétition de la Corvette GT2 à Mid-Ohio.
Olivier, quel a été ton programme après Long Beach, la dernière apparition de la C6.R aux USA ?
« J’ai participé à une séance d’essais à Sebring avec la Corvette GT2. C’est une superbe voiture ! On retrouve bien l’esprit Corvette, même si elle est un peu différente. Malheureusement, nous avons eu la pluie durant trois jours. Je pense qu’on sera compétitif, mais c’est compliqué de se situer. »
A-t-il une idée de votre niveau de performance ?
« A Sebring, les chronos varient tellement selon les conditions météorologiques. Pour l’instant, on se fie surtout aux feelings des pilotes. Ce que je sais, c’est que le GT2 de l’ALMS s’annonce superbe avec Porsche, Ferrari, BMW, bientôt Jaguar et donc Corvette ! Si on débute par un podium à Mid-Ohio, on sera content. Mais il est clair que nous espérons gagner d’ici la fin de saison. »
Comment se traduit le passage de la GT1 à GT2 ?
« Un pilote veut toujours plus. Or, une GT2, c’est moins d’appuis et moins de puissance qu’une GT1, avec également des freins acier. Au final, j’ai été agréablement surpris : je n’avais jamais essayé de GT2 auparavant et j’ai trouvé la voiture très sympa à piloter. Certes, on perd en performance, mais on gagne en compétition. »
Quel est la suite du programme ?
« Après Le Mans, nous aurons une dernière séance d’essais sur un circuit situé non loin de Detroit. Au cours de ce test, nous aurons la deuxième voiture. Ce sera l’occasion de faire un gros déverminage avant Mid-Ohio qui va arriver très vite. »
Le contexte économique difficile pour GM peut-il avoir une influence sur le programme ?
« Je suis une goutte d’eau dans un océan. Je ne connais pas tous les détails. C’est dans la difficulté que l’on voit comment réagissent les équipes, et de ce point de vue, Corvette Racing répond présent. La Corvette GT2 a été assemblée à la date prévue et elle a effectué ses premiers essais selon le planning établi. Le programme annoncé l’an dernier suit son cours. »
Place aux 24 Heures du Mans, qui auront une saveur particulière puisqu’il s’agit de la dernière apparition des C6.R sous la bannière du Corvette Racing…
« Le Mans, c’est toujours particulier. J’ai eu la chance de connaître un peu la F1, mais cette épreuve est vraiment fantastique. C’est une course d’équipe, sur un circuit magique. La dernière course de la C6.R GT1, c’est une page qui se tourne. C’est presque dix ans. C’est triste de finir cette histoire car la C6.R est une superbe voiture. Mais heureusement, un nouveau chapitre va s’ouvrir. »
Est-ce qu’au bout de tant d’années, on en vient à avoir un sentiment presque « humain » envers la voiture ?
« Oui et il est clair qu’il y aura un pincement au cœur au moment de boucler le dernier tour du dernier relais. J’ai vécu le passage de la C5-R à la C6.R et toute l’évolution de cette auto. Dimanche après-midi, ce sera riche en émotions… »
N’est pas compliqué de se motiver pour une épreuve où il y a six voitures et dont vous êtes les seules Usines ?
« Non car au Mans tout peut arriver. Tu peux avoir la meilleur voiture, les meilleurs pilotes… La course est si difficile. Après, c’est vrai que les batailles contre Aston Martin étaient fantastiques. Il y avait peut être un peu plus de piment, mais il y a des équipes privées très bien organisées. La motivation est identique : je veux gagner une sixième fois ! »
Votre principal adversaire, n’est-ce pas vous ?
« Complément ! C’est vrai que sur le papier, si nous faisons notre travail, sans faire les idiots, nous sommes les favoris. Mais après quatorze participations, je sais combien Le Mans est difficile. Et puis, la n°63 veut aussi gagner. La n°64 (ou n°4) a clôturer le chapitre ALMS et chacune des deux voitures veut finir le chapitre Le Mans… »
Propos recueillis par Anthony Megevand