Ulrich Baretzky, Chef du Développement Moteurs chez Audi Sport, a été désigné mardi dernier à Cologne comme le motoriste de l’année et areçu en conséquence le 2012 Professional Motorsport World Award.
Audi Motorsport a publié une interview intéressante de Ulrich Baretzky dont nous vous donnons ici la traduction :
Quelles sont les principales avancées faites par Audi dans la conception de ses moteurs après onze victoires au Mans ?
« Lors de sa victoire en juin, l’Audi E18 e-tron quattro a consommé 30% de carburant de moins qu’au lancement du projet. Et cela a été réalisé bien que les temps au tour aient été améliorés de manière importante en dépit des nombreuses restrictions. C’est un pas en avant dont nos clients vont directement bénéficier. Dans le domaine de la conception des moteurs particulièrement un grand nombre de technologies ont pris place dans les voitures de série. »
Pour autant, les challenges ne seront pas moins nombreux dans un futur proche…
« Nous allons faire face à un changement spectaculaire à partir de 2014. L’énergie utilisable, en d’autres mots la consommation exprimée en grammes par kilowatt/heure de puissance, va devenir la base de l’appréciation. Plus simplement : la consommation spécifique est le point de référence pour le moteur le plus efficace et donc le plus susceptible de gagner. »
Cependant, l’objectif na-t-il pas toujours été d’avoir un moteur extrêmement efficace ?
« Pendant des décennies, le souci principal en sport automobile a été la fourniture d’une pure puissance, qui était rarement en rapport avec une économie en carburant. Il s’agit maintenant de consommation spécifique, et un grand nombre de solutions ont été conçues dans cette optique. A partir de 2014, la règlementation concernant les sports-prototypes usine tels que l’Audi R18 imposeront au moins un système de récupération d’énergie. De plus, un second système sera autorisé. De manière générale, de nombreuses possibilités physiques existent pour répondre à cet objectif mais les solutions offrant également le meilleur intérêt pour les véhicules de série seront celles qui prévaudront. »
Dans quels autres domaines voyez-vous du potentiel de progrès ?
« Nous voulons développer les carburants bio de seconde génération. Ceci concerne l’utilisation intelligente de produits bruts renouvelables qui ne soient pas alimentaires. »
En termes de technologie, un prototype Le Mans est très éloigné d’une voiture de série. Tient-il la clé de la technologie de demain ?
« Le sport automobile contribue à fournir les réponses à quatre questions actuelles très concrètes. A quoi ressembleront les carburants du futur ? Comment concevoir un moteur aussi efficace que possible ? Comment diminuer la consommation sans sacrifices (confort, sécurité, plaisir de conduite du côté des voitures de série et des bons chronos pour ce qui concerne la course) ? Comment peut-on développer de nouvelles technologies sous la pression du temps et de la recherche d’une haute compétitivité ? »
Claude Foubert