Nous connaissions déjà les oeuvres de François Bruère, peintre officiel des 24 Heures du Mans, et ce dernier a désormais un “collègue” en la personne de Ray Toombs. Ray a la particularité d’être sujet de Sa Gracieuse Majesté, mais il est désormais établi en France, à Ligron plus précisément, entre Le Mans et La Flèche, à une demi-heure du circuit. Nous l’avons rencontré dans son atelier où il nous a offert un accueil chaleureux. Précisons que Ray Toombs est exclusivement spécialisé dans l’aquarelle.
Ray, comment devient-on peintre officiel des 24 Heures?
“Il y a longtemps que je peins des voitures des 24 Heures. J’ai toujours apporté le plus grand soin à respecter l’image de l’Automobile Club de l’Ouest, à ne pas utiliser sur mes toiles tout ce qui pouvait être une marque déposée. Je crois que cette démarche a été utile. J’ai rencontré des représentants de l’ACO, intéressés par mon travail, comme Fabrice Bourrigaud et Pierre Cormier, et j’ai été autorisé à avoir le label “peintre officiel des 24 Heures du Mans”.”
Depuis combien de temps êtes-vous installé à Ligron?
“Cela fait maintenant un peu plus de dix ans, nous sommes arrivés en 1998.”
Pourquoi avez-vous quitté l’Angleterre?
“Là-bas, je faisais de la restauration de Jaguar, carrosserie et mécanique. Je cherchais à m’agrandir, mais tout ce qu’on me proposait était soit trop cher, soit trop petit .Et avec la crise en Angleterre, le marché de la restauration des Jaguar est devenu plus difficile. Puis, je suis tombé sur une annonce immobilière dans un journal, faisant de la publicité pour des achats en France. J’ai passé un coup de fil et tout s’est enclenché. Ma fille aînée avait onze ans, ma femme et moi avons un peu hésité, nous avons eu peur que ce soit un peu tard pour elle, et en fait elle nous a beaucoup aidés quand nous sommes arrivés en France…”
En dehors des Jaguar, vous étiez déjà peintre en Grande-Bretagne? Vous vendiez déjà des toiles?
“Oui, j’étais déjà peintre. J’étais cependant, comment dire, davantage un peintre de loisirs mais bien sûr je cherchais à vendre mes tableaux.”
Comment vous est venue votre passion pour le sport automobile?
“C’est très familial. Mon père avait une Jaguar, un de mes frères avait une Jaguar. Mes frères étaient passionnés et travaillaient chez Vauxhall Mes grands-parents également habitaient près de l’usine Aston Martin, à 10 km à peine et ainsi nous passions souvent devant. Mon père était un assidu, dans les années 1930, du circuit de Brooklands, où se déroulaient les premiers Grands Prix.”
Quand avez-vous commencé à peindre les voitures du Mans?
“J’ai commencé au début des années 1990.”
En dehors des voitures des 24 Heures du Mans, vous peignez aussi des paysages, des portraits. Est-ce vraiment différent?
“Totalement, les voitures, c’est beaucoup plus du travail, tandis que le reste c’est beaucoup plus du loisir. Je m’explique : pour peindre les voitures du Mans, il faut être très précis, savoir occulter tout ce qui pourrait faire reconnaître précisément la voiture ou l’année exacte de la course, ce qui n’est pas permis. On peut peindre une Pescarolo ou une Bentley, mais on ne peut pas le faire avec son numéro de course. Il faut vraiment respecter tous les détails, le mouvement. Je chiffre rarement le nombre d’heures de travail mais je l’ai fait une fois pour la Pescarolo que vous voyez derrière, et je suis arrivé à 49 heures de travail. Quand je peins un paysage, je suis beaucoup plus libre, je peux davantage laisser aller mon imagination.”
C’est important d’être “peintre officiel” des 24 Heures?
“Oui, cela donne une reconnaissance et les gens y attachent beaucoup d’importance.”
Vous vendez beaucoup de toiles représentant les voitures des 24 Heures?
“Oui, et j’en vendais beaucoup plus en Grande-Bretagne au début, parce que j’avais beaucoup plus de contacts là-bas, mais, c’est en train de changer, car je commence à être de plus en plus connu ici. “
Quand avez-vous assisté pour la première fois aux 24 Heures du Mans?
“En 1986, et depuis j’en ai manqué seulement trois!”
Quel est votre plus beau souvenir des 24 Heures?
“C’est l’année 1987. Même si Jaguar a été battu par Porsche, c’était une course superbe, avec une ambiance fantastique? Quand les mécaniciens Jaguar ont sorti la pancarte avec “We’ll be back”, c’était superbe.”
Quelles sont pour vous les plus belles voitures que vous avez vues au Mans?
“Les Groupe C, c’était très bien, comme les Jaguar Silk Cut, il y a aussi les Mercedes de 1989, les Porsche 917 et les Ferrari P4.”
Comment travaillez-vous, pour les voitures?
“Je prends beaucoup de photos. Ensuite je fais la composition sur l’ordinateur. Pendant la période des 24 Heures, mon frère va me donner un coup de main, et on devrait prendre environ 1500 photos.”
Allez-vous travailler pendant les Vérifications Techniques?
“Non, mais j’y serai. J’aurai un petit emplacement où j’exposerai.”
Ray Toombs donne également des cours d’aquarelle dans son atelier de Ligron. Ses toiles sont également déclinées en lithographies réalisées par l’imprimerie ITF de Mulsanne, un nom qui sonne clair pour tous les passionnés des 24 Heures du Mans. Nous le remercions pour sa gentillesse et la chaleur de son accueil. Vous pouvez avoir un autre aperçu de ses oeuvres sur son site internet http://www.raytoombs.com/
Claude Foubert











