Aller au cinéma cette semaine revient à choisir entre Skyfall, le joli minois de Mila Kunis dans Ted ou Twilight 5. Pourtant il était possible d’aller voir sur grand écran (en avant-première) le Film Officiel des 24 Heures du Mans 2012 dans une quarantaine de CGR dans toute la France, avec celui du Mans (Saint Saturnin) en guise de premier choix. Pour l’occasion, un débat présenté par Bruno Vandestick était organisé en marge du film où étaient conviés Jacques Nicolet (OAK Racing), Christophe Tinseau (Thiriet by TDS Racing), Benoît Tréluyer (Audi Sport Team Joest), Nicolas Lapierre (Toyota Racing), Raymond Narac (IMSA Performance Matmut) et Julien Canal (Larbre Compétition). Jean-Pierre Pernaut était aussi de la partie pour donner son avis éclairé et poser des questions judicieuses aux acteurs présents. A Toulouse Blagnac, Olivier Pla était à pied d’œuvre de même que sa monture. A Bourges, c’est l’équipe Signatech-Nissan qui était au CGR pour voir une partie du film en 3D magnifiquement montée et très réaliste.
Si Endurance-Info (Claude) était présent au Mans pour assister à la projection, nous étions pour notre part dans un CGR proche de la base de Larbre Compétition pour revivre cette édition 2012 des 24 Heures du Mans pleine de rebondissements. Pour être totalement honnête, le temps d’attente avant un film est toujours une plaie avec ses pages de publicités dont tout le monde se fiche éperdument, et c’est bien ce à quoi nous nous attendions hier soir à 20 heures. Faire 100 km A/R pour aller un film que vous connaissez sur le bout des doigts et dont vous faites partie (indirectement) du casting, est une idée qui peut paraître saugrenue, mais quand on aime… Surtout que l’ACO a fait les choses bien puisque les membres du Club accueillaient les spectateurs, au grand désarroi des filles de la salle d’à côté où Robert Pattinson brillait par son absence. Et là pas de bande-annonce ou de longues publicités en entrant dans la salle 10, mais une caméra mobile montrant le CGR du Mans si bien que l’on a l’impression d’être dans la Sarthe. On y voit des têtes connues, mais aussi des amis, alors que l’on est assis tranquillement à manger du pop corn à 200 km de là. La très bonne idée est de diffuser le débat en live dans toutes les salles de France. Après une présentation des acteurs, place au film et là nous n’avons pas été déçus. Long de 1h30, les 24 Heures du Mans sont disséquées et cela nous a permis de voir des choses que nous n’avions pas forcément vu sur place, ce qu’a aussi confirmé Christophe Tinseau. On a aimé le vibrant hommage de Jacques Nicolet à l’ensemble du corps médical et des commissaires.
On y a revu les moments clés : l’effroyable sortie d’Anthony Davidson et le récit poignant de son accident, la magnifique passe d’armes entre Ben et Nico, le message de soutien à Guillaume Moreau, la belle histoire d’AF Corse, la lutte entre Larbre Compétition et IMSA Performance Matmut en fin de course, la combativité de Satoshi Motoyama, le courage de Romain Dumas pour ramener sa monture, les milliers d’anonymes fans de la plus grande course du monde, la superbe performance de Rebellion Racing ou encore la déception d’Henri Pescarolo. Les moments forts de la 80ème édition des 24 Heures du Mans sont bien présentés, et le voir sur grand écran accentue ce retour en arrière si bien que l’on a l’impression d’être encore sur place. La salle comble du Mans a sans doute apprécié, tout comme dans les autres villes françaises. Les fans de Twilight peuvent se rhabiller et ont raté quelque chose. Les absents ont toujours tort.
Quant au débat qui a suivi, il a été rondement mené où Ben et Nico ont mis de côté leur rivalité de juin dernier pour montrer une belle complicité mais surtout une belle amitié. L’homme de la soirée aura sans doute été Jean-Pierre Pernaut, grand amateur de sport automobile et pilote en Trophée Andros. Le présentateur vedette du 13 heures de TF1 a taclé les détracteurs du sport automobile. On retiendra ses propos : « Les pouvoirs publics n’ont rien compris en supprimant l’automobile. Dans le moindre autocross de Bretagne, il y a plus de 10 000 personnes qui se pressent pour aller voir des voitures. Quand on fait partie d’une minorité, on la ferme. C’est une chance pour la France d’avoir les 24 Heures du Mans, mais aussi du sport automobile en général car les gens aiment ça. » Les écologistes apprécieront.
Le jeu de questions/réponses avec le public sarthois retransmis dans les autres CGR a ravi à coup sûr le public. On aurait même aimé que cela dure plus longtemps. Cela n’a pas permis d’apprendre de scoops mais les gens n’étaient pas là pour ça. On sait que OAK Racing réfléchit quant à sa motorisation 2013, que Audi et Toyota s’affronteront dans une Saison 2, que Thiriet by TDS Racing songe au WEC, que IMSA Performance Matmut travaille toujours pour établir son programme 2013.
Pour résumer, nous avons passé une très bonne soirée si bien que maintenant on se prend à rêver d’une diffusion en intégralité (et en live) des 24 Heures du Mans sur grand écran ou d’un film tout en 3D. Peut-être pour plus tard… A discuter avec les personnes présentes, l’avis est unanime, cette opération dans les CGR est à refaire l’année prochaine. Comme quoi le sport automobile n’est pas mort en France et on ne peut que remercier les personnes qui se sont bougées pour mettre sur pied l’initiative. Et même si Patrick Dempsey ne figure pas au générique, on a fait plaisir à au moins une fille…
Laurent Mercier