En seulement deux saisons, la Blancpain Endurance Series s’est affirmée comme l’une des séries GT majeures en Europe. On ne parlera pas de phénomène de société quoi que… Le mix de pilotes professionnels et gentlemen séduit sachant que les « Am » doivent se cracher dans les mains s’ils veulent bien figurer tant le niveau est élevé. Avec les 24 Heures de Spa en guise de plat principal, le championnat affiche une bonne santé avec une gamme de GT3 variées : Aston Martin, Audi, BMW, Dodge, Ferrari, Jaguar, Lamborghini, McLaren, Mercedes, Nissan, Porsche. Avant l’arrivée de la Bentley GT3 d’ici un an, cinq meetings sont être programmés pour une troisième saison prometteuse : Monza, Silverstone, Paul Ricard, Spa et Nürburgring, cette dernière se déroulant sur 1000 km dans le Massif de l’Eifel. Le règlement 2013 sera disponible sous peu, mais il ne faut pas s’attendre à de grandes révolutions. La seule nouveauté de taille concerne les équipes qui viendront uniquement disputer la classique spadoise. Celles-ci ne marqueront pas de points, ce qui laisse la part belle aux teams s’alignant sur l’intégralité du championnat. Avant une Saison 3 qui pourrait bien faire le plein d’engagés, Laurent Gaudin, Manager des Blancpain Race Weekends, fait le point sur l’année écoulée.
Laurent Mercier : Quel bilan peux-t-on tirer de cette deuxième année de la série Blancpain ?
Laurent Gaudin : « La saison écoulée est positive, même si elle n’a pas été facile. Il fallait poursuivre sur une première année qui était déjà positive. Nous avons voulu poursuivre dans la même lignée avec une deuxième année où nous nous sommes appliqués à corriger les erreurs qu’il pouvait y avoir en 2011. Dans l’ensemble, la mission est remplie. On sait ce qui ne va pas et il y a toujours quelque chose à améliorer. La marge de progression est encore importante. »
Le plateau a donné satisfaction ?
« Oui car les grilles ont été bien garnies. Nous avons eu une prédominance de Pro-Am, ce qui est normal car c’est une question de marché. Les « Am » sont ouverts aux GT3 car ce sont des autos qui leur conviennent bien. Il y a du choix dans les marques et les pilotes y retrouvent leur compte. »
La catégorisation de pilotes va être revue ?
« Nous travaillons actuellement sur le sujet. La catégorie Bronze sera bien moins ouverte aux jeunes pilotes même s’ils n’ont jamais roulé au volant d’une GT. Il faut s’attendre à une évolution en termes de pilotes Silver. La catégorisation sera disponible sous peu. »
Le plateau 2013 se prépare petit à petit ?
« Beaucoup d’équipes travaillent sur 2013. Les premiers retours sont bons et les engagements pourront se faire à partir du 1er décembre. Cependant, il ne faut jamais crier victoire. Sur le papier, 2013 s’annonce dans la lignée de 2012, mais il faut raison garder. Nous verrons où nous en sommes en février. Pour amortir les coûts, de plus en plus d’équipes prennent part à deux programmes et la Blancpain Endurance Series en fait partie. Il faut composer notamment avec la Sprint Series, le VLN, l’ADAC GT Masters ou encore l’International GT Open. Toutes les équipes mettent tout à plat et doivent composer avec la compatibilité des calendriers. Les dates ne sont pas extensibles, tout comme les circuits. Les équipes devront faire des choix. »
Il faut s’attendre à de nouvelles GT3 ?
« La gamme proposée est déjà bien remplie. Bentley va arriver, ce n’est un secret pour personne. Il nous manque des Corvette, mais ce n’est pas prévu pour le moment. Idem pour les Viper. Nous entrons en hibernation et tout le monde travaille. Ce qui est positif, c’est que des équipes ont déjà confirmé leur présence. »
La Balance de Performance est souvent critiquée, mais elle ne fait pas débat en Blancpain. Vous avez trouvé la recette miracle ?
« Il est vrai qu’elle n’est guère critiquée. Nous avons les données précises de toutes les autos et nous travaillons avec d’autres séries. Les évolutions sur les autos seront acceptées et nous saurons faire une BOP 2012/2013 pour que les clients ne soient pas lésés. Le pilote fera la différence. Il y a des pilotes surdoués et l’équipe peut aussi faire la différence. En Blancpain Endurance Series, c’est un tout. Les Maxime Martin ou Fred Mako vont vite dans n’importe quel modèle. Claude Surmont gère la partie technique en collaboration avec le RACB. Un Comité réunit les deux parties pour discuter des choses à améliorer. Il faut toujours être à l’écoute. Si la démarche profite à tout le monde, alors on change. »
Il ne faut pas s’attendre à de grands changements en 2013 ?
« Non car la formule fonctionne dans l’ensemble correctement. Le Test Bronze sera reconduit car les pilotes apprécient ce roulage supplémentaire où ils peuvent s’exprimer ensemble. Cela réduit les différences de performance. Les GT3 sont de plus en plus accessibles aux « Am » sur le plan du pilotage. Elles ont évolué vers où va le marché, donc du côté des « Am ». Ils se font plaisir et le delta entre « Pro » et « Am » se réduit. Nous avons eu de belles courses en 2011 avec des titres qui se sont joués lors de l’ultime meeting à Navarra. »
Qu’en est-il des séries de support ?
« Pour le moment, la Lamborghini Blancpain Super Trofeo est confirmée, de même que la Formule 3. La nouvelle Gallardo Super Trofeo est splendide et je ne doute pas un instant que les courses seront disputées. Pour le reste, nous verrons… »
Le championnat Blancpain est tout de même une belle réussite en peu de temps…
« Aujourd’hui on ne copie pas les échecs. Si nous sommes copiés, c’est qu’il y a une certaine reconnaissance. En Blancpain Endurance Series, le GT3 n’est pas une garniture de plateau, c’est le plat principal. Le GT3 mérite d’être une vraie catégorie à part entière. Il y a de très beaux championnats en Europe. La saison 2012 a été bonne et nous allons travailler dans la continuité. Nous espérons une belle troisième saison et satisfaire les clients avec trois axes principaux : une stabilité du règlement, un coût maîtrisé et une gestion des évolutions avec une BOP 2012/2013. Si les clients sont contents, nous sommes contents. La crise est toujours bien présente, notamment au sud de l’Europe. Il faut rester humble. Avoir 40 autos sur l’intégralité de la saison est une suite logique. Il faut savoir composer avec les problèmes économiques. C’est le financement des baquets qui pose un problème, pas l’achat des autos. Nous sommes motivés et nous travaillons pour cela. Le vrai changement pour nous sera le passage aux gommes Pirelli. »
Des modifications majeures pour les 24 Heures de Spa ?
« Le changement sera que nous allons privilégier les inscrits à l’année. Ceux qui viendront uniquement disputer les 24 Heures de Spa ne marqueront pas de points au championnat. C’était une demande des équipes. Tout le monde a apprécié avoir 60 autos au départ et il ne faut pas venir bousculer ceux qui jouent le titre. Le barème de points ne changera pas même si les points distribués au Nürburgring seront différents du fait d’une course plus longue. Le championnat 2013 débutera par trois courses de trois heures, avant les 24 Heures de Spa, puis une manche de 1000 km pour terminer en beauté. Un beau programme, non… »
Propos recueillis par Laurent Mercier