Bernard Moreau, Miguel Langin et Michel Miteus, à bord de la Porsche 911 RSR 3,0l du Team Polybaie, ont remporté hier le Paul Ricard Globe Challenge, pardon les 2 Tours d’Horloge, la référence au tour du monde à la voile s’imposant vu la quantité d’eau qui s’est abattue sur le circuit varois pendant cette épreuve historique.
Les 2 Tours d’Horloge fêtaient leur vingtième anniversaire, et on peut dire qu’il a été copieusement arrosé. Le mérite des pilotes a été à la mesure des conditions de piste plus que difficiles, le brouillard s’étant également invité à la fête.
Les conditions étaient telles que le safety car a dû entrer en action et rester en piste plus que de coutume, au point qu’on a pu penser qu’il allait gagner la course ! Les voitures sont restées 7h06 derrière la voiture de sécurité, dont pratiquement cinq heures consécutivement, ce qui signifie que nombre de pilotes ont fait des relais exclusivement derrière le safety car ! Les pilotes ont fait preuve de la plus grande discipline et de la plus grande sagesse, si bien qu’on a eu à déplorer qu’une sortie de route importante, celle de l’Elva BMW Mk8 n°5 dans les S de la Verrerie au petit matin, André Bailly étant parti en aquaplaning à la suite d’une nouvelle violente averse. Cette Elva était partie en fond de grille le samedi, n’ayant pu participer aux essais qualificatifs, mais Lionel Robert l’avait rapidement ramenée aux avant-postes.
La course a été marquée par les malheurs qui ont frappé plusieurs des favoris et ce sont surtout les protos qui ont été touchés. La palme revient peut-être au OAK Racing. La famille Nicolet se faisait une joie de ces retrouvailles, mais la fête s’est transformée en cauchemar, avec une valse des moteurs ! Le premier moteur de la Chevron B16 n°74 devait être changé à l’issue des qualificatifs, le deuxième rendait l’âme après deux tours de circuit, le team faisant preuve d’une belle obstination se mettant derechef à en installer un troisième qui allait rendre l’âme à son tour plus tard !!
Malchance également pour la Chevron B8 Dagefruti qui avait pourtant fait la pole position aux mains de Soheil Ayari. David Ferrer prenait le volant de la Chevron mais celle-ci tombait en panne dès le tour de formation ! De multiples problèmes électriques allaient par la suite retarder considérablement la voiture mais le team faisait lui aussi preuve d’une belle constance et la Chevron ralliait l’arrivée en 13ème position (3ème des protos), non sans avoir signé le meilleur tour en course par des conditions qui n’étaient guère favorables aux protos.
Soheil Ayari : « Parfois, au volant d’une Chevron B8 particulièrement basse, nous traversions d’énormes flaques d’eau qui passaient carrément au-dessus de l’auto. Ajouté à cela des phares bien d’époque, une visibilité quasi nulle et l’eau qui vous trempe les bottines tout au long des relais, on se rend mieux compte de ce que vivait il n’y a finalement pas si longtemps les pilotes d’Endurance ! Ça a vraiment été une course difficile pour les mécaniques et je tiens à féliciter toute l’équipe technique. Nous avons tous pris beaucoup de plaisir à rouler (lorsque nous n’étions pas à 50 km/h derrière un safety-car !) dans cette auto légère et très bien équilibrée. Les passages dans la courbe rapide de Signes étaient vraiment sympa je pense !»
Les Chevron B16, a priori ls favorites de l’épreuve, n’ont pas été à la noce ce week-end. Si la Chevron n°65 de la famille Scemama et de Jean-Jacques Paoletti, au prix d’une belle remontée, a pris la quatrième place des 2 Tours d’Horloge, la Chevron B16 n°2 de Michel Quiniou, de Corentine Quiniou et Olivier Cazalières a connu une course plus tourmentée, l’équipe préférant rentrer sa monture au port durant la nuit, le brouillard rendant la visibilité quasiment nulle et le circuit ne disposant pas de cornes de brume !!
Pourtant, au final le résultat de ces 2 Tours d’Horloge n’a rien à voir avec une loterie car les trois premiers à l’arrivée sont des chevronnés de l’endurance.
La Porsche Polybaie de Moreau/Langin/Miteus est une voiture exceptionnelle, une des reines du VHC avec des pilotes qui sont aussi des experts en la matière. Bernard Moreau a été plusieurs fois Champion de France VHC et avec Miguel Langin, ils ont à nouveau remporté le Challenge d’Endurance VHC VdeV 2012 -qu’ils ont également remporté en 2007, 2009, 2010 et 2011 !- avec cette Porsche. Bien aidés ici par Michel Miteus ils ont été constamment à l’avant de la flotte, ne cédant que très épisodiquement la première place à l’Elva BMW n°5 ou à la March 81S Palmyr n°51, et contrôlant sans trop de difficultés les autres navigateurs, mettant ainsi un joli point final à leur saison en VHC -ils courent également en Moderne avec une Porsche 996 RSR-.
Les pilotes de la Porsche 911 RS 3.0l n°16 du Team Bermax-Massi (Gérard Larrousse/Damien Kohler/Jean-Marc Merlin/Philippe Giauque), deuxième de ces 2 Tours d’Horloge et vainqueurs du Groupe 3, ont aussi des références plus que solides en endurance. Gérard Larrousse, double vainqueur des 24 Heures du Mans, a bien failli ajouter une nouvelle victoire dans une course de 24 Heures à son palmarès déjà riche de succès à Sebring, Imola, au Nürburgring ou à la Targa Florio et Damien Kohler, Président de la Socité de construction Bermax, a été à plusieurs reprises sur le podium du Challenge d’Endurance VHC. La Porsche a été elle aussi toujours à l’avant de la course, Gérard Larrousse ayant démontré lors du premier relais qu’il avait conservé toutes ses qualités, et est resté très près des leaders, ses pilotes faisant preuve d’une belle régularité.
On n’attendait peut-être pas la petite March 81 S -engagée en Sports 2000-sur le podium et à la première place des protos. Cependant elle était engagée par le Team Palmyr et celui-ci, plus rompu aux joutes des protos modernes, a montré qu’il s’avait parfaitement s’adapter. Le team de Kozma Zarazik avait parfaitement préparé la petite barquette, pourtant dépourvue de rames et pas avantagée par les conditions de course, et Philippe Hottinguer, Christophe Kubryk et François Belle ont eu une grande maîtrise à son volant, la March ne perdant du terrain sur la Porsche de tête qu’en raison de quelques soucis mécaniques le dimanche matin. Le team s’est même payé le luxe de ne pas faire conduire son pilote n°1 David Zollinger !
En Groupe 3 également, très belle performance du LD Racing de Jean-Luc Le Duigou. La Porche RS n°15, en association avec Nourry Compétition, se classe cinquième au scratch, et les Porsche RS n°10 et 14, en association avec le Guy Clairay Racing, sont cinquième et sixième au général.
Signalons deux très belles performances : celle de la TVR Griffiths n°11 du Team VdeV de Eric Van de Vyver, Guillaume Maillard, Philippe Burel et Guillaume Van de Vyver, neuvième à l’arrivée et qui aurait encore pu terminer plus haut sans des soucis mécaniques en fin de course, et celle de la Mini n°24 du Gamma GT qui, bien que non classée a rallié l’arrivée. 24 Heures en Mini et sur une piste constamment mouillée, respect…
Belle course également de la Porsche 911 2 litres n°25 du team COGEMO (Bob Arezina/Laurent Cohen/Serge Kriknoff/Richard Depagneux) qui remporte la catégorie GTS11 en frôlant le Top 10, alors que la seconde voiture du team, l’Alfa Romeo Giulia Groupe 2 n°26 de Lionel Deslandes/Philippe Nozière/Christian Morales/Sébastien Morales a également rallié l’arrivée en 18ème position.
Les résultats sont ici
Claude Foubert