European Le Mans Series

Anthony Pons : "Le Petit Le Mans n’est pas usurpé."

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En arrivant à Road Atlanta, Anthony Pons n’avait qu’un objectif : bien se comporter et tout mettre en œuvre pour ramener le titre European Le Mans Series (GTE-Am) dans l’escarcelle du team IMSA Performance Matmut. Sans roulage depuis le meeting de Donington, la tâche du Normand ne s’avérait pas aisée avec la découverte du circuit, mais aussi d’un trafic qui n’a rien à voir avec les circuits européens. Au final, Anthony Pons assisté ses compères Raymond Narac et Nicolas Armindo ont rempli la mission donnée par Franck Rava. La Porsche 911 GT3-RSR #67 a certainement été l’une des seules à repartir de Georgie sans le moindre impact sur sa carrosserie. Outre le titre européen (le deuxième d’affilée), Anthony Pons peut être pleinement satisfait de sa saison avec pour sa troisième année de compétition une participation aux 24 Heures du Mans (podium) et les 6 Heures de Spa (victoire) dans le cadre du Championnat du Monde d’Endurance.

 

Laurent Mercier : Anthony, le bilan de ce Petit Le Mans est on ne peut plus positif ?

Anthony Pons : « C’est vraiment super ! Quoi dire d’autre… La mission a été remplie à la méthode IMSA Performance Matmut. Toute la semaine a été à l’image de l’équipe : travail, joie et bonne humeur. Nous avons progressé chaque jour. Il a fallu trouver le bon set-up sur ce circuit si particulier. Nous l’avons trouvé et nous repartons avec le titre. »


Prendre part au Petit Le Mans t’a plu ?

« Cette épreuve porte bien son appellation de Petit Le Mans. C’est très similaire aux 24 Heures du Mans au niveau de la semaine. L’ambiance et la pression montent petit à petit. Le Petit Le Mans n’est pas usurpé. Il y a la même émotion, la même ambiance et la même énergie. Ici c’est la course de l’année comme l’est Le Mans en Europe. Je ne m’attendais absolument pas à faire Le Mans à deux reprises cette année. C’est extraordinaire. »


Le trafic n’a pas été trop compliqué à gérer ?

« Lors de mon premier relais, j’ai eu le temps de faire 200 mètres et je me suis retrouvé sous régime de neutralisation. Il y en a eu un second juste dans la foulée et je dois dire que cela nous a aidé sur le plan de la stratégie. Le trafic était un peu perturbant car avec AF Corse nous disputions une course dans la course. Notre objectif était de terminer devant eux et l’inverse était tout aussi vrai. La Ferrari était très rapide et nous avons suivi notre tableau de marche. Il a aussi fallu se jouer des GTC qui sont très rapides avec des pilotes de pointe tel Manu Collard. Je pense que nous avons bien géré le trafic car l’auto n’a pas un impact, pas une éraflure. Je savais que le plateau GT était impressionnant, mais je ne l’avais pas encore vu de mes propres yeux. Maintenant, je le sais. C’est comparable au Mans où il faut faire attention à tout. Il a fallu prendre les bonnes décisions et au final c’est payant. »

 

Tes coéquipiers t’ont mis en confiance ?

« C’est comme cela que l’on fonctionne avec Nico et Raymond. Eux sont capables de hausser le ton quand il le faut. On s’était mis en sécurité maximale. Ce titre est le seul décroché par Porsche cette saison et tout le monde peut en être fier, à commencer par Nico et Raymond. Ils ont su me faire progresser, me mettre en confiance et de donner des conseils avisés. C’est un team normand qui remporte ce titre. L’ambiance au sein de l’équipe est exceptionnelle et nous avons du plaisir à travailler ensemble. C’est ce qui fait la valeur ajoutée. »

 

Tu souhaites poursuivre l’aventure avec l’équipe ?

« Oui c’est clairement mon ambition. C’est la clé de la réussite. Nous avons tous la même vision. Je pense que l’une des choses qui m’a fait le plus plaisir est quand Nico m’a dit : « quand je descends de l’auto et que tu montes, je vais me faire masser sereinement car je sais que tu ramèneras la voiture intacte ». C’est une grande reconnaissance d’un pilote de son calibre. Les rôles sont respectés et chacun sait ce qu’il a à faire. Je vais encore travailler à leurs côtés et progresser sur le plan technique. Je sais que la pression était sur mes épaules, mais jusqu’à ce jour je n’ai abîmé aucune auto. J’ai toujours ramené la Porsche intacte sur les cinq courses disputées sachant qu’il y en avait trois où aucune faute n’était permise : Spa, Petit Le Mans et Le Mans. Nous en avons remporté deux sur trois et la troisième s’est aussi terminé sur le podium. Il y a la méthode IMSA Performance Matmut. On peut dire qu’elle fonctionne parfaitement… »

 

Le mot de la fin sur la performance de l’équipe rouennaise revient à Hartmut Kristen, responsable de Porsche Motorsport : « Prendre part à une course de dix heures sans commettre la moindre faute en se battant pour un titre n’est jamais une chose facile. On ne peut que congratuler l’équipe pour sa performance. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

 

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