City Challenge Baku

Hartmut Beyer : "Je crois en l’avenir des courses urbaines."

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Quand Hartmut Beyer a décidé de mettre sur pied une course au beau milieu de Baku, la capitale de l’Azerbaïdjan, certains n’ont pas dû le prendre au sérieux. Et pourtant le City Challenge est bien en place ce week-end à Baku où une vingtaine d’autos sont en piste avec parmi les équipes Hexis Racing ou Vita4One Racing Team. Ce City Challenge de Baku n’est qu’une première étape pour Hartmut Beyer, qui a des projets plein la tête. A l’heure où les villes excluent tout ce qui pollue, voir une course de voitures au beau milieu d’un centre-ville est quelque peu inconcevable pour nous européens, si l’on fait exception de Pau ou du Norisring. On a connu Bucarest il y a quelques années en FIA-GT et l’Azerbaïdjan est un premier jet avant l’organisation d’un championnat complet. De quoi interroger Hartmut Beyer sur le présent et l’avenir du City Challenge…

 

Laurent Mercier : Le monde du sport automobile vous connaît, mais pouvez-vous nous rappeler votre parcours professionnel ?

Hartmut Beyer : « Cela fait plus de trente ans que je suis dans le monde de l’automobile. J’ai débuté dans les années 60 en travaillant pour différentes compagnies en Allemagne. En 1970, j’ai lancé une société de restauration de véhicules tout en pilotant dans divers championnats, aussi bien en F3 qu’en GT. Il y a 15 ans je travaillais déjà pour le développement de la voiture électrique et de l’hybride. A cette époque, beaucoup de gens ne prenaient pas au sérieux ce concept, et on voit maintenant ce qu’il est devenu… Depuis, mon parcours professionnel est passé par différentes entreprises dans la R&D, avant de travailler comme consultant pour plusieurs équipes en Formule 1. J’ai aussi fait partie des personnes consultées pour la création du circuit de Bahrain et de Moscou. En 2004, j’ai œuvré pour l’organisation d’une manche FIA-GT dans les rues de Bucarest, ce qui s’est concrétisé quelques années plus tard. »

 

Quel est votre premier sentiment sur ce City Challenge à Baku ?

« Très positif ! Dès vendredi, les tribunes étaient bien garnies et je pense qu’il y aura encore plus de monde pour les courses. Beaucoup de gens ont regardé avec intérêt cette première journée. Nous espérons que les tribunes seront pleines pour dépasser allègrement les 10 000 personnes. Je crois en l’avenir des courses urbaines. »

 

Le FIA-GT à Bucarest était une première étape ?

« J’avais comme envie d’organiser une course par an dans les rues de la capitale roumaine, mais il y a eu quelques problèmes avec les autorités. Vu que j’avais un contrat à respecter avec Stéphane Ratel Organisation, il a fallu trouver une solution de repli, d’où la Hongrie et Budapest. Il faut des spécialistes pour mettre sur pied ce genre de meeting, ce qui n’était pas le cas en Roumanie. Ici, le City Challenge prend en charge la totalité de l’événement. Nous avons des personnes venant de toute l’Europe pour l’organisation. »

 

Cela demande beaucoup de moyens financiers pour mettre en place un tel événement ?

« Oui et nous nous appuyons sur le Ministère du Tourisme ainsi que les partenaires. On ne peut pas récupérer de l’argent sur la billetterie. Le prix est bas pour attirer un maximum de personnes et cela doit rester un show en plus d’avoir de la compétition. Par la suite, nous voulons intéresser les constructeurs. Pour être franc, nous ne voulons pas de pilotes trop politiquement corrects. Il faut les laisser s’exprimer et dire ce qu’ils pensent. »

 

Il faut s’attendre à un championnat complet dès 2013 ?

« Hier matin, j’avais la chair de poule en voyant ces GT3 dans les rues de Baku et j’espère bien que cela va se poursuivre à l’avenir. L’an prochain, il est prévu d’organiser cinq meetings dans des villes où la température est agréable. L’idée est de débuter en hiver, là où les équipes sont plus tranquilles et cela leur permettra de préparer leur saison. Il y aura un break durant l’été. En 2014, nous souhaitons n’avoir que des pilotes professionnels avec un pilote par voiture. Il y a trop de confusion pour les spectateurs avec un équipage Pro-Am. C’est plus facile à vendre avec un pilote professionnel. Pour le nombre d’autos, on ne peut pas faire n’importe quoi car ce sont des courses en ville, mais avoir une grille de 24 à 26 autos me semble réaliste. »

 

Il faut s’attendre à quoi comme villes ?

« C’est beaucoup trop tôt pour annoncer quoi que ce soit. Il y a beaucoup de discussions en cours pour le futur, mais pour finaliser il faut du temps. Cela peut prendre de trois à cinq ans. Il faut aussi voir avec le timing des élections dans les pays car nous sommes aussi dépendants de cela. Des représentants de plusieurs villes sont présents ce week-end à Baku afin de prendre la température pour le futur. Je sais aussi que certains veulent nous suivre et nous copier. Toutes les facilités sont en ville et cela permet au public d’être présent en masse. Il ne faut pas se voiler la face, l’automobile plaît toujours autant. Comme je vous l’ai dit, les Ministères du Tourisme peuvent aider car cela leur permet de faire de la promotion. L’un de mes rêves les plus fou serait d’organiser une course dans les rues de Berlin. Mais pour cela il faut convaincre les autorités et les écologistes. Un départ en ville face aux canons serait intéressant. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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