De plus en plus de VHC (Véhicules Historiques de Compétition) sillonnent les circuits automobiles, que ce soit dans le cadre de meetings spécialisés comme Le Mans Classic en France ou le Goodwood Festival of Speed en Grande-Bretagne, ou dans le cadre de championnats tels que le Classic Endurance Racing ou le Championnat de France et le Challenge VHC de la Série VdeV. Pour assurer la présence sur la piste et la maintenance de ces voitures, anciennes et parfois très fragiles, il faut des préparateurs chevronnés. Dans le cadre du meeting VdeV du Val de Vienne, nous avons rencontré l’un de ces préparateurs, Alain Triniane, le patron du Triniane Racing, dont les installations sont basées à Domène, dans l’Isère, non loin de Grenoble.
En VdeV, Alain Triniane est le préparateur des voitures du suisse Jean-Marc Luco, en l’occurrence une Lola T286 Cosworth 3 litres, une Chevron B26 2 litres et une impressionnante Porsche 935. Jean-Marc Luco et son équipier Maurice Basso couraient au Val de Vienne avec la Lola tandis que la Chevron était dans le camion-atelier, au cas où…
Alain Triniane, comment devient-on préparateur VHC?
“Par passion, c’est l’essentiel. En tant que pilote, j’ai beaucoup conduit des R8 Gordini, des Alpine, 1600 ou 18 ans, avec beaucoup de trophées en course de côte. J’ai été deux fois champion de France de la Montagne en Groupe 4 entre 1975 et 1978. Après avoir cessé de piloter, j’ai naturellement pris la direction du garage familial, le Modern Garage, que mon père avait créé en 1964 à Domène. Auparavant, j’avais mes gammes dans la mécanique chez Alpine et chez Renault Sport, entre autres.”
Combien avez-vous d’employés en permanence?
“Nous avons trois ouvriers à temps plein, et pour les week-ends de course nous avons des free-lances selon les besoins.”
Combien de voitures avez-vous en général dans votre atelier, entre voitures anciennes et VHC?
“En moyenne, une vingtaine.”
Tant que ça?
“Oui, c’est un secteur qui ne connaît pas du tout la crise, nous avons énormément de clients et nous avons parfois du mal à suivre la demande. C’est un marché très actif, il y aussi beaucoup de demandes pour les rallyes VHC. Nos clients ont remporté trois championnats sur quatre.”
Dans votre métier, qu’est-ce qui est le plus difficile?
“Trouver des gens compétents, c’est ce qui est difficile.”
Vous avez du mal à trouver des jeunes?
“Non, ce n’est pas une question d’âge. Heureusement, il y a encore des jeunes qui sont intéressés. C’est vraiment une question de savoir-faire et de motivation.”
Et pour les pièces mécaniques, avez-vous des difficultés à les trouver?
“Oui, il arrive qu’elles n’existent plus. Dans ce cas, on les fabrique nous-mêmes.”
La Lola de Jean-Marc Luco est équipée d’un moteur Cosworth. Cosworth vous fournit toujours?
“Oui, Cosworth fournit encore les moteurs et quelques autres choses.”
Quelle est la plus belle voiture que vous avez jamais restaurée?
“Sans conteste, c’est la Porsche 935 noire de Jean-Marc Luco, une 935 ex-Interscope, une voiture avec un très beau palmarès. C’est une voiture magnifique.”
Nous avons laissé Alain Triniane pour qu’il puisse terminer la préparation de la Lola T286 de Jean-Marc Luco et le Triniane Racing n’a pas manqué de travail pendant les Quatre Heures du Val de Vienne VHC! Alors que Luco avait largement dominé le début de course, la Lola refusa de repartir lors du ravitaillement. Le démarreur était cassé, un démarreur neuf monté le matin! Une belle partie de mécanique pour Alain Triniane et son équipe et la Lola allait pouvoir repartir, échouant même au pied du podium, à la quatrième place.
Le Triniane Racing est un grand spécialiste de la restauration de Porsche. Vous pourrez retrouver quelques exemples de ses travaux sur son site web www.triniane-racing.com
Claude Foubert

