L’activité de Benoît Tréluyer est très chargée. Après sa victoire en SUPER GT au volant de la Nissan GT-R NISMO à Fuji, Benoît a enchaîné par la deuxième manche de la Formula Nippon à Suzuka, s’est installé dans le baquet de la Peugeot 908 du Pescarolo Sport à Magny-Cours pour deux journées de prise de contact avant de repartir pour le Japon pour la troisième manche de la Formula Nippon à Motegi, avec une nouvelle deuxième place qui lui donne une avance confortable au championnat !
Benoît est rentré en France où il disputera bien évidemment la semaine prochaine les 24 Heures du Mans associé à Jean-Christophe Boullion et Simon Pagenaud. Après la classique mancelle, il repartira vers l’Extrême-Orient et plus précisément la Malaisie, la quatrième manche du SUPER GT se déroulant à Sepang, avant son retour au Japon pour la suite de la saison de Formula Nippon sur le Fuji Speedway. Nous avons profité d’une pause dans son emploi du temps pour recueillir ses impressions avant les 24 Heures du Mans.
Benoît, tu as essayé récemment la Peugeot 908 HDI. Quelles sont tes premières impressions?
“Très bonnes ! Un seul souci, la visibilité. La 908 est confortable, puissante, elle est facile à conduire. Comme c’est une voiture diesel, il y a une grande différence entre la montée en régime et la montée en vitesse, ce qui surprend au début. D’un seul coup, on arrive très vite au bout de la ligne droite… C’est une voiture très souple, on sent à peine les bosses, et ce niveau de confort, c’est vraiment très rare pour une voiture de course.
“Le premier jour à Magny-Cours, c’était un peu frustrant car, en dehors de ce problème de visibilité, il fallait que je prenne mes repères, que je fasse mes gammes et je n’étais pas vraiment à l’aise. Par contre, le deuxième jour, quand j’ai eu la latitude de pouvoir aller plus vite, c’est devenu un vrai plaisir, j’étais vraiment satisfait.”
Il y a une grande différence de conduite entre la Peugeot et la Pescarolo-Judd?
“La Pescarolo est beaucoup plus “sportive”, elle est plus dure en suspensions, il faut davantage la conduire à la limite, et pour un pilote, c’est super également. Comme je le disais, la 908 est confortable, elle est aussi très stable au freinage.”
La visibilité, c’est un réel souci?
“Il faut s’habituer ! C’est vrai que dans les virages à droite serrés, on a du mal à voir le point de corde. Par contre, ce devrait être beaucoup plus facile au Mans. Il faudra peut-être faire attention à Arnage et aussi à Indianapolis où il faut bien voir l’entrée du virage.”
Qui a décidé du choix des pilotes pour la 908? Est-ce que vous avez eu le choix ou est-ce Henri Pescarolo qui a décidé?
“C’est Henri Pescarolo qui a décidé et c’est bien normal. J’hésitais un peu entre deux sentiments. C’était un réel honneur de pouvoir piloter une Peugeot 908, à priori encore plus performante et en tant que pilote, c’est très valorisant. On sent qu’il y a derrière une grosse équipe, avec beaucoup de moyens, nettement supérieurs. Par contre c’est un peu un déchirement de devoir laisser la Pescarolo qui m’a laissé un si bon souvenir et, d’après ce qu’on m’en a dit, la voiture 2009 est encore bien meilleure. Pescarolo Sport a fait un travail fantastique. Ce qui manque, c’est un moteur qui puisse concurrencer Audi et Peugeot avec le châssis Pescarolo. Si un jour, il peut en décrocher un, il pourrait bien surprendre.”
Une question piège, si en fin de course tu es en bagarre avec une Peugeot usine, qu’est-ce qui se passe?
“Pour l’instant, pas de consigne. La course, c’est la course. Ceci dit, si je suis derrière une autre Peugeot je ne vais pas faire l’idiot pour compromettre la victoire. Par contre, si je suis devant, je fais ma course. De toutes façons, ce serait une Peugeot qui gagnerait.”
Avec Jean-Christophe Boullion et Simon Pagenaud, vous formez un bel équipage…
“C’est sûr. Jean-Christophe, je le connais depuis pas mal d’années et je suis content de faire équipe avec lui. En fait, Simon, je ne l’avais rencontré qu’une seule fois l’année dernière. Sébastien Bourdais m’en avait dit beaucoup de bien et ça correspond tout à fait à Simon maintenant que je le connais plus. C’est un garçon agréable, gentil, il a un bon fond, et en plus il va très vite. Nous devrions former une belle équipe.”
C’est tout le mal que nous souhaitons à Benoît que nous remercions pour sa gentillesse et sa disponibilité.
Claude Foubert


