Le Mans

24H Le Mans : Présentation des LMP2.

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La catégorie LMP2 est à l’image de la photo qui illustre cette présentation : disputée et très ouverte. L’an dernier, il n’y avait guère de place pour le doute : voitures plus abouties que la concurrente et pilotées par des équipages plus homogènes, les Porsche RS Spyder allaient s’imposer. Cela a effectivement été le cas, avec un doublé de la firme allemande. En 2009, la donne est différente. Les parcours du bolide germanique et de ses adversaires vont se croiser : Porsche n’a pas fait de développement autre que de réduire l’aileron arrière, là où Lola a proposé un nouveau package pour son coupé, tandis que Ginetta-Zytek a mis en piste une nouvelle auto au fort potentiel. Seul au monde ou presque en 2008, Porsche aura cette fois fort à faire avec les deux constructeurs britanniques, représentés au plus haut niveau par Speedy/Sebah, Racing Box et RML d’un côté, Quifel-ASM de l’autre. Sans oublier les Pescarolo LMP2 qui, en plus de bénéficier d’un nouveau kit aéro, symbolisent parfaitement la montée en puissance de Mazda. Et si l’on ajoute les Zytek Barazi-Epsilon et GAC, la Lola KSM et la Radical des Bru&Bru, la catégorie fera preuve d’une belle diversité.

 

Répétition général, les 1000km de Spa ont montré un aperçu de ce qui nous attendait dans la Sarthe. Comme toujours, sur le papier il y aura les favoris, les outsiders et ceux qui visent le drapeau à damiers. Comme toujours, sur la piste il y aura les confirmations, les surprises, et des belles bagarres. Reste à savoir qui sera en haut de la plus haute marche le 14 juin ? David ou Goliath ? Faites vos jeux…  Une chose est sûre : le LMP2 poursuit son ascension et devrait une nouvelle fois valoir le coup d’œil.

 

NAVI Team Goh : Enthousiasme

 

Ce titre choisi par l’équipe résume bien l’état d’esprit qui va l’animer dans la Sarthe. Le Team Goh va venir au Mans avec l’objectif d’une troisième victoire consécutive dans la Sarthe. S’il n’a effectivement triomphé qu’une seule fois dans les 24 Heures, en 2004 (mais pléthore d’équipes se satisferaient très volontiers de cette seule victoire!) grâce au trio Kristensen/Capello/Ara, l’équipe nippone avait remporté les 1000 km du Mans, prélude aux Le Mans Series, en novembre 2003 sur le circuit Bugatti, avec l’Audi R8 pilotée par Tom Kristensen et Seiji Ara.

 

Le Team Goh s’est retiré des compétitions sous label ACO à la fin de l’année 2004 et a ensuite tenté d’engager une Maserati MC12 en SUPER GT, projet qui ne put aboutir. Le team a créé la surprise en faisant son retour au Mans en engageant cette année une Porsche RS Spyder. Si celle-ci n’est pas encore apparue en course en 2009, elle a néanmoins subi une préparation poussée, avec des essais à Fuji et plus récemment à Spa. Si le team va viser une nouvelle victoire au Mans, ce sera également le cas de la voiture, celle-ci étant le châssis victorieux au Mans en 2008 sous les couleurs du Van Merksteijn Motorsport. Connaissant la valeur de l’équipe, le niveau de performances de la RS Spyder et la détermination de Porsche à conserver son titre malgré la présence de plus en plus menaçante des Lola, on peut s’attendre à voir cette RS Spyder aux avant-postes.

 

Kazumichi Goh, le Team Principal, a su réunir, avec l’appui de Tetsuya Kato, le Rédacteur en Chef de NAVI, un important magazine japonais, une équipe technique performante, dirigée par Torsten Robbens, qui était déjà aux commandes en 2004, et de Kazuhiro Ikeda, avec un Ingénieur en Chef confirmé, Hiroshi Kato, un ancien de NOVA Engineering et de Toyota dans un passé récent. L’an passé, il était ingénieur au Mans au sein de l’équipe Dome.

 

Du côté des pilotes, pas de soucis non plus. Seiji Ara, le vainqueur 2004, va disputer ses sixièmes 24 Heures du Mans. En dehors de sa victoire de 2004, il s’est également classé quatrième en 2003, année où il a remporté les 1000 km du Mans. En 2004, il a aussi remporté les 24 Heures de Tokachi. La dernière participation de Ara au Mans remonte à 2005 avec la Dome Mugen Jim Gainer. Ara a également fait une apparition en Japan Le Mans Challenge en juin 2007 à Fuji où il avait fait la pole avec la Courage Mugen LC70. Il participe régulièrement depuis 2000 au SUPER GT où il a remporté quatre victoires, la dernière en date ayant eu pour cadre Okayama lors de la première manche 2009 à bord d’une Nissan GT-R avec le brésilien João Paulo de Oliveira et les deux hommes sont actuellement leaders du classement pilotes GT500.

 

Sascha Maassen fêtera ses quarante ans cette année et possède lui aussi un palmarès particulièrement étoffé. Après avoir fait des débuts remarqués en monoplace, tant en Formule Ford qu’en Formule 3, comme en témoigne sa victoire dans le GP de Macao 1994, il est ensuite passé aux GT, avec beaucoup de succès. Après deux deuxièmes places aux 24 Heures du Mans en catégorie GT, il remporte sa première victoire en 2003 avec une Porsche Alex Job avec Lucas Luhr et Emmanuel Collard. Il récidive l’année suivante, cette fois avec le Petersen/White Lightning et Jörg Bergmeister et Patrick Long. En 2002 et 2003, il est champion pilotes GT avec Lucas Luhr chez Alex JobLa même année 2004, il est champion FIA GT avec là encore Lucas Luhr sur une Porsche Freisinger. En 2006, il passe -tardivement- aux prototypes avec la Porsche RS Spyder du Team Penske en ALMS. Le titre LMP2 est au bout, acquis une fois encore avec Lucas Luhr. Maassen est pilote officiel Porsche depuis des années.

 

Keisuke Kunimoto est le rookie de l’équipage, mais c’est un jeune pilote plus que prometteur. Agé de 20 ans, il est un des grands espoirs japonais. A 18 ans, il remportait le Formula Challenge, une Formule de Promotion, accédait l’année suivante au Japan F3 et pour sa première année il se classait vice-champion. La même année 2008, il faisait ses débuts en SUPER GT et devenait à 19 ans le plus jeune vainqueur e l’histoire de la Série après avoir imposé sa Toyota MR-S à Fuji en GT300. La fin de saison allait être de la même veine, puisque au mois de novembre il remportait le GP de Macao F3, devant tout le gratin de la spécialité, rejoignant ainsi au palmarès de l’épreuve Sascha Maassen. Ses indéniables qualités ne sont évidemment pas passées inaperçues du côté de Toyota qui l’a  recruté dans son Toyota Young Drivers Programme, la pépinière des jeunes talents japonais. Ses premiers essais avec la RS Spyder ont été très satisfaisants et le jeune homme a montré de solides facultés d’adaptation qu’il devrait mettre en pratique prochainement dans la Sarthe.

 

Les espoirs sont clairs pour le NAVI Team Goh : “L’objectif est de remporter la victoire en catégorie LMP2. Si possible, nous espérons battre quelques LMP1. Le concurrent le plus dur sera le Team Essex, qui aura aussi une Porsche RS Spyder.”

 

NAVI Team Goh
5 Keisuke Kunimoto Seiji Ara  Sascha Maassen
   
Porsche RS Spyder (châssis 9R6.708)
Moteur Porsche V8 Pneus Michelin
Team Manager Kazuhiro Ikeda
Directeur Sportif Torsten Robbens
Ingénieur en Chef Hiroschi Kato

 

RML : Moteur… action ?

 

Déjà vainqueur de la catégorie LMP2 à deux reprises dans la Sarthe en 2005 et 2006, l’écurie RML (Ray Mallock Limited) sera de nouveau au départ des 24 Heures du Mans, mais avec un package complètement nouveau par rapport à l’année dernière, sauf au niveau des pilotes. En effet, la barquette Lola MG B05/40 à moteur AER a fait place à la Lola B08/80 coupé à moteur Mazda. Au cours des années fastes, l’écurie RML, qui aligne aussi les Chevrolet Cruze en WTCC, était reconnue pour sa fiabilité. Pas forcément le plus rapide en piste, le tandem Thomas Erdos/Mike Newton compensait par sa remarquable constance et sa capacité à franchir systématiquement la ligne d’arrivée, ce qui lui a permis de remporter le titre LMP2 des Le Mans Series en 2007.

 

Patatras début 2008 avec l’arrivée des nouveaux carburants bio, que le moteur AER ne tolère pas. Deux moteurs en moins de deux jours d’essais officiels Le Mans Series au Castellet la saison dernière. Ajouté à un châssis vieillissant, le team britannique n’avait aucune chance face à l’armada Porsche. Il choisit donc d’échanger sa vénérable Lola MG pour le tout nouveau prototype fermé avant Le Mans. Mais pour le moteur, point de solution immédiate, sinon à mettre la pression sur AER…

Après une saison 2007 mirifique, la saison 2008 fut un véritable cauchemar pour l’équipe anglaise, d’autant plus difficile à avaler qu’elle avait l’habitude de jouer la gagne à chaque départ. Exit donc le moteur AER à la fin de la saison, aussitôt remplacé par le moteur Mazda, qui trouve là le moyen de mettre un pied supplémentaire en Europe pour son « vrai » retour en endurance comme motoriste. Les débuts sont plutôt laborieux avec un manque de fiabilité criant : deux courses en Le Mans Series, deux abandons sur casse moteur. Même si les essais du Castellet avant le début de la saison se sont relativement bien passés et laissaient espérer un bon début de saison, le passif commence à devenir lourd. Pourtant, RML et Phil Barker, son team-manager, pourraient prétendre à jouer dans la cours des grands avec un châssis Lola B09/86 qui fait les beaux jours d’Aston Martin Racing ou du Speedy Racing Team Sebah et des pneus Michelin dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Mais dans le monde cruel de l’endurance, pas de résultat probant sans fiabilité. Le Mans ne devrait pas être un long fleuve tranquille pour l’écurie de Grande-Bretagne, qui aligne pourtant un équipage aguerri en Le Mans Series.

La paire Thomas Erdos/Mike Newton est ainsi la plus anciennement constituée du championnat, mais aussi certainement l’une des plus sûres. La vélocité du pilote brésilien n’est plus à prouver en endurance après dix participations à la course du Mans. Il doit néanmoins faire équipe avec le Britannique Mike Newton, gentleman-driver et principal sponsor de l’écurie avec AD Group, spécialiste de la surveillance vidéo. Bien qu’il ait acquis une certaine expérience, il demeure inapte à lutter avec les meilleurs et sa corpulence compromet quelque peu les changements de pilotes. Les vétérans seront rejoints par le « jeunot » Chris Dyson pour le double tour d’horloge. L’Américain s’emploiera pour compenser son manque d’expérience au Mans – c’est sa deuxième participation après 2004 sur la Dome-Judd du Racing For Holland – par la connaissance de sa monture, puisqu’il pilote la même auto en American Le Mans Series pour le Dyson Racing, dont il est aussi Vice-président et Directeur Sportif.

Heureusement pour le trio de la n°25, les équipages rivaux ne sont pas forcément tous aussi homogènes que ceux de l’an dernier, mais avant de parler de pointe de vitesse, les Britanniques devront s’attacher à régler leurs problèmes récurrents au niveau du moteur, ce qui est loin d’être gagné…

 

RML
25 Mike Newton Tommy Erdos  Chris Dyson
   
Lola B08/86
Moteur Mazda 4cyl Turbo Pneus Michelin
Team Manager Phil Barker

 

Bruichladdich/Bruneau Team : Evolution Radical ?

 

Constituant déjà un défi pour tout journaliste qui se respecte, l’écurie britannique a encore compliqué les choses, en ajoutant le nom de Pierre Bruneau ! C’était sans compter sans la propension à la facilité des écrivaillons que nous sommes, c’est ainsi que Bruichladdich-Bruneau est devenu Bru-Bru… Au moins, ne risquons-nous plus d’écorcher le nom involontairement !

 

Qui aurait parié qu’une Radical, vieillissante, allait passer le drapeau à damiers aux 24 Heures du Mans 2008 ? Et pourtant le vaillant prototype britannique portant le n°26 a terminé à la sixième place de la catégorie LMP2 et 31ème du classement général, malgré des soucis techniques divers et variés et quelques excursions hors-piste de pilotes pourtant chevronnés. Belle performance quand on sait que le volet du stand a été rapidement baissé lors de l’édition 2007. Pourtant la saison 2008 avait commencé difficilement à Barcelone et à Spa, avec des résultats décevants, mais surtout, un abandon précoce à Monza et c’est dans le doute que l’écurie a abordé le double tour d’horloge manceau, d’autant plus qu’un seul pilote habituel, Marc Rostan, avait fait le déplacement dans la Sarthe.

 

Changement de cap pendant l’intersaison via l’association avec Pierre Bruneau, familier des fans de l’endurance après l’aventure Pilbeam et “Pi”R. Ami de longue date de Marc Rostan, pilote du team Bruichladdich, Pierre Bruneau était souvent présent dans le stand de l’écurie britannique la saison dernière, c’est donc logiquement que l’association est née. Le gentleman-driver a donc repris du service et bien lui en a pris puisque la saison 2009 a plutôt bien débuté avec une quatrième place de la catégorie LMP2 à Barcelone malgré une voiture en fin de développement et un moteur parfois récalcitrant. Une autre récompense est venue mettre du baume au cœur de l’équipe : la victoire du Michelin Green X Challenge lors de la manche espagnole, alors que l’écurie est chaussé de pneumatiques… Dunlop.

 

Les choses se sont ensuite compliquées à Spa. Après un départ des stands suite à un changement des quatre pneus après la séance de qualifications, la voiture pilotée par Pierre Bruneau, Tim Greaves et Jonathan Coleman, passera la ligne d’arrivée, mais sera ensuite déclassée pour non-conformité. L’équipe arrive sans doute au Mans avec plus de confiance que l’an dernier, mais aura fort à faire dans une catégorie LMP2 de plus en plus relevée où il ne suffit plus de finir pour monter sur le podium.

 

Seuls les deux premiers seront du voyage au Mans. Le pilote et ex-team-manager français, dirigeant d’Orphée, une société de marketing, s’alignera au départ de la course pour la troisième fois après 1998 et 2005, qui s’étaient soldées par deux abandons. Pierre Bruneau pourra toutefois apporter son expérience des Le Mans Series, qu’il dispute depuis leur création si l’on excepte l’année 2008. L’autre propriétaire de l’écurie, Tim Greaves, prendra aussi le volant, c’est là l’une des particularités du team, avec les deux propriétaires au départ. Ce ne sera pas le baptême du feu pour le Britannique, qui est déjà venu en 2007, mais la course s’était arrêtée prématurément. Il connaît bien la voiture pour avoir disputé la saison 2007 des Le Mans Series à son volant et il a décidé de réitérer l’expérience en 2009. Marc Rostan aura, lui, la joie de retrouver son complice Pierre Bruneau. Le tandem officiait déjà sur la Pilbeam et sa reformation a mis le pilote français en joie. Le Parisien retrouvera ainsi une auto qu’il pilotait la saison dernière en Le Mans Series et prendra le départ pour la huitième fois.

 

Sur le papier, les Bru&Bru endossent le rôle de petit poucet de la catégorie. Mais comme ils l’ont montré à Barcelone, une bonne surprise peut toujours arriver pour peu qu’on soit à l’arrivée. Le drapeau à damiers, tel sera justement le premier objectif de cette association franco-britannique.

 

Bruichladdich/Bruneau Team
26 Pierre Bruneau Marc Rostan Tim Greaves
   
Radical SR9
Moteur AER 4cyl Turbo Pneus Dunlop
Team Manager Jacob Greaves
Ingénieur en Chef Paul Thomas

 

Racing Box ne renonce jamais

 

Pour ceux qui se remémorent le douloureux épisode pour le team des Vérifications Techniques 2008 sur le Quinconce des Jacobins et le retrait de la Lucchini Judd LMP2 de la liste des engagés pour défaut de la fiche d’homologation, le retour de Racing Box sur la scène internationale a pu surprendre, tant l’équipe italienne, son Team Manager Paola Pavan en tête, avait été abattue par ce coup du sort. Mais le team a su relever la tête et renaître, tel le Phoenix, en engageant cette année deux Lola Coupe LMP2 flambant neuves en Le Mans Series, dont l’une a été retenue par l’ACO pour l’édition 2009 des 24 Heures, la seconde étant initialement suppléante avant que le team ne la retire pour mieux se concentrer sur la préparation de la Lola n°30.

 

Le renouveau de l’équipe a été marqué par un coup d’éclat lors de la première manche Le Mans Series, le trio Bobbi/A. Piccini/Biagi remportant la catégorie LMP2 et la Lola de Ceccato/G.Piccini/Francioni prenant la troisième place! A Spa, les choses se sont moins bien passées, la Lola Judd n°29, troisième à l’arrivée étant déclassée après les vérifications techniques  alors que la Lola de Bobbi/Piccini/Biagi avait inauguré la liste des abandons. Ainsi au classement du championnat, les pilotes de la Lola n°30 pointent officieusement à un point des leaders, Poulsen/Elgaard/Collard alors que G.Piccini/Ceccato/Francioni auraient sans leur déclassement occupé la première place du dit classement !

 

La Lola s’avère être une arme redoutable et l’affrontement avec les RS Spyder s’annonce alléchant d’autant qu’en sus d’un matériel up to date, Racing Box s’est doté en 2009 d’un trio de pilotes particulièrement valeureux, tous transalpins. Matteo Bobbi, après le karting et la Foormule Niissan, est passé au FIA GT. Coup d’essai, coup de maître puisqu’il remporte le titre en 2003 dès sa première saison avec une Ferrari 550 Maranello de la BMS Scuderia Italia, associé à Thomas Biagi, avec six victoires dont cinq successives dans les cinq premières manches. Il repart avec la BMS Scuderia Italia l’année suivante et prend la deuxième place du classement pilotes GT1, associé cette fois à Gabriele Gardel. En 2005, il traverse l’Atlantique pour rejoindre les rangs du Doran Racing mais l’expérience n’est as couronnée de succès et Bobbi reprend en 2006 le chemin du FIA GT, cette fois en GT2 avec une Ferrari du Team AF Corse et il prend la deuxième place du classement pilotes derrière son coéquipier Jaime Melo pour n’avoir pas disputé la dernière manche. En 2007, il court avec l’équipe GPC Sport avec une Ferrari F430GT et se partage entre le GT Open et les Le Mans Series. L’année dernière, il a fait un retour en Grand-Am sur la Dallara du Doran Racing mais les résultats n’ont pas été au rendez-vous. En GT Open, il a fait un podium et se retrouve donc cette année avec Racing Box pour qui il a remporté en LMP2 la première épreuve Le Mans Series de la saison.

 

Thomas Biagi a été Champion de Formule 3 italienne et a ensuite arpenté pendant de longues années les circuits de Formule 3000, avec une place de vice-champion en 2001 et plusieurs victoires et pole positions. Il a ensuite suivi la même route que Matteo Bobbi, décrochant avec lui le titre GT1 pour sa première année au volant d’une GT en 2003. En 2004, il court en LMES avec une Ferrari 575 Barron Connor et prend la deuxième place du championnat. Il est également deuxième à Sebring et à Monza. Il revient au FIA GT avec le team Vitaphone et une Maserati MC12 en 2005 et 2006 (quatrième et cinquième du classement pilotes). Il remporte un second titre pilotes en GT1, toujours avec Vitaphone et la Maserati MC12 et prend la quatrième place du classement pilotes GT2 avec une Ferrari AF Corse. Cette année, en plus de son programme Le Mans Series et Le Mans avec Racing Box, il court également en FIA GT avec une Ford GT Matech.

 
Andrea Piccini a fait ses premières armes en Formula Opel puis en Formule 3000, avant de passer comme Bobbi et Biagi au FIA GT, mais toutefois un an plus tôt que ses petits camardes, en 2002, avec une Ferrari 550 Maranello de la BMS Scuderia Italia. Le duo prend la quatrième place du classement pilotes avec quatre victoires, dont trois consécutives, mais cette année-là, c’était tout ou rien : soit la victoire était au bout, soit la voiture n’était pas dans les points. Piccini change de monte l’année suivante pour piloter une Lister Storm, avec un classement identique en fin d’année, quatrième. En 2004, il fait partie de l’aventure DAMS avec la Lamborghini Murcielago dont la mise au point s’avèrera plus que difficile. En 2005, il retrouve Deletraz avec une Ferrari 575 Maranello pour une saison en demi-teinte, avant de passer, toujours avec Deletraz à l’Aston Martin DBR9 du  Phoenix Racing, avec au bout une place de vice-champion et une victoire sans oublier la deuxième place des 24 Heures de Spa. En 2007 il pilote une Maserati MC12 de la Scuderia Playteam avec Andrea Bertolini et se classe cinquième du championnat. L’an passé, il a participé à quelques épreuves avec une Ferrari F430GT et avec une Saleen S7R. C’est un pilote fougueux qui adore l’attaque.

 

Avec un tel trio, sera-ce l’année Racing Box ? Voici les ambitions de l’équipe dixit Paola Pavan, Team Manager : ”Nous sommes heureux d’être là, c’est la course la plus importante du monde et pour nous la course la plus importante de notre existence, tout d’abord parce que nous voulons oubliier l’année dernière et que nous voulons faire une bonne course. La Lola est une voiture vraiment compétitive, les pneus sont les meilleurs, les pilotes sont très professionnels et le team est tout à fait bien, nous avons fait deux bonnes courses (malgré le déclassement…). Notre peur, c’est d’avoir, après le résultat de Spa, c’est d’avoir une collision qui est parfois inévitable pendant une course…par exemple à Spa un pneu a explosé à quelques tours seulement de l’arrivée et a détruit l’arrière de la voiture, c’est quelque chose qu’il est impossible de contrôler…c’est juste une question de chance…et nous espérons avoir beaucoup plus de chance que l’année dernière ! La concurrence viendra bien sûr des Porsche et des autres Lola, mais le temps (24 heures) fera la sélection.”

 

Racing Box
30 Matteo Bobbi Andrea Piccini  Thomas Biagi
   
Lola B09/80 (châssis 04)
Moteur Judd V8 DB Pneus Michelin
Team Manager Paola Pavan
Ingénieur en Chef Andrea Adamo

  

Team Essex : Version 2

 

Certains changent de nom, mais la structure reste la même. Le Team Essex a emprunté le chemin inverse puisqu’il s’agit d’une équipe nouvelle qui a conservé le même nom. Enfin, le propriétaire de la voiture, Peter Halvorsen, demeure identique, mais exit John Nielsen comme team-manager et bonjour Bo… Nielsen ! Ces deux personnages n’ont en commun que le nom et le second, contrairement au premier, ne prendra pas le volant.

 

A la fin de la saison dernière, l’écurie danoise a mis en vente son Porsche RS Spyder, mais, crise économique oblige, n’a trouvé aucun acheteur sérieux. Peter Halvorsen a alors décidé, plutôt que de laisser l’auto au garage, d’accepter l’invitation d’office de l’ACO consécutive à la deuxième place sur le podium en 2008 et de rebâtir une écurie. Toujours de nationalité danoise, le team n’a conservé que le nom d’origine, ainsi que le prototype. Le but clairement affiché est d’améliorer le résultat de l’an dernier, autrement dit, de gagner ! Pour ce faire, le team a participé aux deux séances d’essais officiels des Le Mans Series au Castellet et sur le circuit Bugatti, mais aussi aux 1000 Km de Spa en mai dernier. Si victoire il y eut, elle ne fut pas acquise facilement, quelques secondes seulement séparant le vainqueur de son dauphin. Le nouveau règlement n’est sans doute pas étranger au resserrement des forces en présence en LMP2. En effet, le prototype allemand s’est montré plus que dominateur la saison dernière, raflant partout la victoire, que ce soit en Le Mans Series, en American Le Mans Series ou aux 24 Heures du Mans. Aucun développement n’ayant été apporté sur la voiture du Team Essex, la voiture engagée n’a reçu que les évolutions qui lui permettent de se conformer à la nouvelle réglementation, notamment, l’aileron arrière plus étroit.

 

Toutefois, une (r)évolution est tout de même à noter avec le changement de manufacturier pneumatique, Michelin remplaçant Dunlop. Le RS Spyder a été développé avec les pneus du manufacturier français, ce qui, aux dires de Casper Elgaard, pilote actuel déjà présent l’an dernier, se sent immédiatement, malgré tous les efforts de Dunlop la saison dernière. Mieux, le team scandinave arborera une livrée verte aux couleurs du Michelin Green X Challenge. Le vainqueur du challenge 2008, le team Horag, ne prenant pas part à l’événement, c’est le Team Essex, son dauphin, qui a repris le flambeau pour mettre en valeur ce challenge, mis en place par l’ACO et son partenaire clermontois, qui tend à monter que course automobile et protection de l’environnement ne sont pas antinomiques.

 

En 2008, l’écurie était toutefois parvenue à monter sur la plus haute marche du podium de la catégorie LMP2 aux 1000 Km du Nürburgring après avoir passé sa saison dans le sillage du Van Merksteijn Motorsports. Seule et unique victoire pour le Team Essex qui aimerait goûter à nouveau aux joies de la première place aux prochaines 24 Heures du Mans et qui, pour cela, a essayé de mettre toutes les choses de son côté, notamment au niveau des pilotes.

 

Faisant la part belle aux pilotes nationaux, l’écurie a reconduit Casper Elgaard et a accueilli Kristian Poulsen, mais la préférence nationale ayant une limite – aucun pilote danois ne fait partie des pilotes usines Porsche – c’est Emmanuel Collard a rejoint l’équipe en début de saison. Choix naturel que celui de Casper Elgaard, multiple vainqueur en supertourisme danois, très expérimenté sur le circuit des 24 Heures et qui n’a pas démérité pour le gain de la deuxième place l’an dernier. Si le choix de Kristian Poulsen semble moins naturel au vu de son expérience en endurance, qui tend vers zéro, il est avant tout financier. Le Scandinave est engagé en championnat de supertourisme danois, où il possède sa propre écurie, et a participé à sa première épreuve réussissant tout de même à se maintenir devant la Speedy Racing Team Sebah, certes aux mains de Benjamin Leuenberger. Quant à notre chroniqueur, Manu Collard, est-il encore besoin de le présenter ? Il semble que la malchance qui accablait le Francilien la saison dernière l’ait abandonné ! Les résultats parlent d’eux-mêmes : deux course en FIA-GT et deux victoires en catégorie GT2, une course en Le Mans Series et encore une victoire. Petit bémol aux 24 Heures du Nürburgring où notre Manu national n’a pris que la… troisième place. Gageons que Manu ne chômera pas en 24 Heures !

 

Comment ne pas faire figure de favori quand on aligne une voiture qui a tout gagné la saison dernière et un équipage qui, certes, possède un maillon faible, mais une course de 24 Heures se joue plus sûrement sur la célérité des ravitaillements que sur les meilleurs tours en course ? Le costume de favori n’apparaît pas trop grand pour l’écurie danoise qui a fait de la course mancelle son objectif principal.

 

Team Essex
31 Kristian Poulsen Casper Elgaard  Emmanuel Collard
   
Porsche RS Spyder
Moteur Porsche V8 Pneus Michelin
Team Manager Bo Nielsen

 

Barazi-Epsilon : Le dernier invité

 

Invité de dernière minute suite au forfait du IPB Spartak Racing, le Barazi-Epsilon a obtenu son ticket pour Le Mans il y a seulement quelques semaines. Pour la troisième année consécutive, le team sarthois fait confiance à la Zytek 07S après une troisième place en 2007 puis une cinquième l’an passé. Absent de la première manche Le Mans Series de l’année, l’équipe dirigée par Michel Lecomte a fait son retour aux 1000 km de Spa avec la paire Barazi/Rees, la Zytek 07S étant finalement déclassée à l’issue de la course comme d’autres concurrents. Pour cette nouvelle campagne mancelle, le team fait appel à un nouveau trio puisque Michael Vergers, pilier de l’équipage depuis 2006, est parti rejoindre les rangs du Virgo Motorsport en GT2. Comme l’an passé, la Zytek sera aux couleurs de son sponsor titre, le constructeur britannique Caparo. Cette saison, la Zytek du team manceau est engagée course par course en Le Mans Series mais Michel Lecomte souhaite disputer les trois manches restantes et se réserve la possibilité d’être au départ de l’Asian Le Mans Series en fin d’année. La Zytek 07S Barazi-Epsilon possède le package 2009 incluant des évolutions aéro ainsi que le nouveau moteur proposé par Zytek. Précisons enfin que la monte pneumatique est dorénavant Dunlop et non plus Michelin.

 

C’est dès 2000 que l’équipe Espsilon prend de l’ampleur avec le programme Formule Nissan et le titre pour Franck Montagny l’année suivante. Toujours en 2001, ORECA confie au team de Michel Lecomte la maintenance de la Chrysler Viper GTS-R de l’Equipe de France FFSA, le trio Cochet/Belloc/Treluyer terminant 3ème en 2002 (GTS). Changement de cap en 2004 avec un passage en prototype via deux Courage C65, dont une seule prendra le départ. Titré en Le Mans Series (P2) en 2006, l’équipe change de nom pour devenir Barazi-Epsilon suite à l’implication soutenue de Juan Barazi et prend possession d’une Zytek pour la saison 2007 des Le Mans Series avec la clé deux victoires et un podium, synonymes de troisième place au championnat. L’année 2008 se passe plutôt moins bien, la concurrence en LMP2 étant de plus en plus relevée. Précisons que Barazi Espilon a une branche « Academy » où le team met en œuvre une formation qualifiante de niveau Bac+6, une expérience unique en Europe. L’équipe de Michel Lecomte est aussi présente en British F3 et peut se targuer d’avoir formé plus de 80 pilotes dont trois sont allés en Formule 1.

 

Juan Barazi sera le fer de lance de l’équipage, lui qui disputera ses cinquièmes 24 Heures du Mans, toutes au sein du Barazi-Epsilon. Danois de son état (il possède également la nationalité française), Juan Barazi vit en Angola où il dirige diverses entreprises. Grand amateur de voitures de collection, il possède notamment une Aston Martin DB4 GTZ. Ses débuts en compétition passent par la Formule Ford en 1999, avant de passer dans le championnat Radical où il décroche la seconde place au championnat. Il dispute également des courses historiques aussi bien en Afrique Du Sud qu’en Angleterre à Goodwood. Débutant au Mans, Fernando Rees allie vitesse et constance. Né en 1985, le Brésilien fait ses gammes en karting puis en Formule Renault. Il accède ensuite à la World Series By Renault jusqu’en 2006 où il subi un grave accident lors d’un test en Formule 3000. L’aventure monoplace s’arrête là pour lui et il reprend la piste en fin d’année où il dispute les 1000 km d’Interlagos sur une Aston Martin DBR9. Il rencontre alors Michel Lecomte et le courant passe très vite entre les deux. Fernando intègre l’équipe en 2007 à Monza sur la Zytek du team sarthois. Le troisième homme devrait être Stuart Moseley, qui était déjà de l’aventure en 2008. Il prendra son quatrième départ, après deux premières apparitions avec une Radical, en 2006 avec Rollcentre, en 2007 avec Bruichlladish. Il a d’ailleurs fait une bonne partie de sa carrière avec le constructeur britannique, étant l’un des protagonistes habituels des différentes séries Radical depuis le début des années 2000.

 

Une fois encore, la catégorie LMP2 sera des plus relevée et la Zytek 07S Barazi-Epsilon devra se faire une place parmi les Porsche RS Spyder et autres Lola Coupé. On peut toutefois faire confiance à la belle pointe de vitesse de Fernando Rees pour tenter de mettre la 07S sur la meilleure place possible sur la grille de départ malgré sa découverte du tracé manceau..

 

Barazi-Epsilon
32 Juan Barazi Fernando Rees Stuart Moseley
   
Zytek 07S
Moteur Zytek V8 Pneus Dunlop
Team Manager Michel Lecomte

 

Speedy Racing/Team Sebah : Parmi les favoris !

 

Compétiteurs du GT2 à l’origine, Speedy Racing et Team Sebah se sont associés l’an dernier pour monter un programme ambitieux en LMP2… puis en LMP1. L’équipe sera engagée dans ces deux catégories en 2009, avec un coupé Lola à chaque fois. Cette double présence a incité Speedy Racing à stopper l’aventure avec Spyker, tandis que le Team Sebah a recruté quelques nouveaux éléments pour assurer le suivi technique des deux voitures. Si la B08/60 se veut raisonnablement ambitieuse en LMP1, la B08/80 a des objectifs bien plus élevés : le titre en Le Mans Series et la victoire au Mans, rien de moins !

 

Pour relever ce défi, Speedy/Sebah a donc conservé la même monture. L‘an dernier, nous avions titré « la nouvelle star » à propos d’elle. Douze mois ont passé et le coupé britannique a effectivement connu un franc succès. Sur le plan commercial notamment, puisque six châssis roulent cette saison, deux aux USA, quatre en Europe. Sur la piste, La B08/80 n’a cessé de montrer ses qualités, mais elle a mis un certain temps à concrétiser son potentiel : car si elle avait terminé sur la troisième marche dès sa première apparition, aucun autre podium n’était venu sanctionner son parcours en 2008.

 

Speedy-Sebah avait été régulièrement ralenti par des petits problèmes de fiabilité. 2009 a d’ailleurs débuté de la même manière, à Barcelone. Favorite pour le titre Le Mans Series, l’équipe suisso-britannique avait dû laisser les honneurs de la première victoire à Racing Box. Elle était à tel point en manque de réussite que la voiture embarquait à Spa une pancarte avec un « sens interdit » pour les chats noirs ! Cela a porté ses fruits, la n°33 finissant au deuxième rang, à quelques secondes de la première place. Et pourtant, le meeting belge ne s’était pas présenté dans les meilleures conditions, la coque de l’auto ayant été endommagée deux semaines auparavant au Bugatti. Au Mans, il s’agira d’ailleurs d’un nouveau châssis.

 

La B08/80 du Speedy Racing/Team Sebah a-t-elle inversé la tendance et retrouvé la bonne dynamique ? Nous serions tenté de le croire. Après tout, cette écurie a tout pour réussir : un package qui commence à atteindre un bon niveau de maturité, avec un Judd toujours irréprochable et des pneus Michelin compétitifs, de l’expérience, avec une équipe technique renforcée durant l’hiver, et des moyens.

 

Du côté de l’équipage, modifié aux deux tiers, ce n’est pas mal non plus. Seul Xavier Pompidou est resté en place en LMP2, Andrea Belicchi prenant la direction du LMP1. « La Pompa » sera le capitaine de route puisqu’il connaît parfaitement aussi bien la voiture que le team. S’il n’a pas toujours été en réussite en 2008, il a été irréprochable depuis le début de la saison, particulièrement à Spa. Après avoir tout raflé ou presque en GT2 avec Sebah, il est bien décidé à en faire autant en LMP2… et a regoûté aux joies de l’arrivée. Car en six participations dans la Sarthe, le Francilien a été une seule fois classé, avec une 2e place LMP1 pour son premier départ en 1998. Dans sa quête, il sera épaulé par un autre valeur sure, Jonny Kane. On a tendance à l’oublier, mais le Britannique, vainqueur de la réputée British F3 en 1997, a été pilote d’essai Arrows F1 en 2001. C’est d’ailleurs cette même année qu’il a découvert Le Mans, avec MG. Ces deux participations avec la EX257 se traduiront par deux abandons. Idem lors des éditions 2006 et 2007 avec Spyker, puis avec Embassy l’an dernier pour son retour en proto. De retour en proto, il en est également question pour Benjamin Leuenberger. Depuis ses débuts en Endurance, le Suisse a tout connu ou presque : la catégorie reine avec Panoz en 2003, le GT1 avec  la Viper/PBR puis la Lamborghini/All-Inkl et enfin le GT2 avec Spyker. Il défendait d’ailleurs les coulleurs du Speedy Racing l’an dernier avec la C8 Laviolette.

 

Avec ce trio, qui apparaît parmi les plus compétitifs de la catégorie, et une Lola B08/80 bourrée de qualités, Speedy/Sebah réuni de nombreux éléments pour jouer la victoire. Si la fiabilité est au rendez-vous, la plus haute marche du podium ne sera certainement pas bien loin. D’autant que le team est le seul à avoir déjà roulé au Mans avec le coupé. Et comme la Journée Test a été annulée, il s’agit d’un avantage non négligeable…

 

Speedy Racing/Team Sebah
33 Xavier Pompidou Benjamin Leuenberger Jonny Kane
   
Lola B08/80
Moteur Judd V8 DB Pneus Michelin
Team Manager Bart Hayden

 

OAK Racing : Chêne ou roseau ?

 

A première vue, on pourrait penser que l’écurie OAK Racing est une débutante en endurance. Que nenni ! Il s’agit en vérité de l’ancienne écurie Saulnier Racing rebaptisée pendant l’intersaison. Le changement de nom est intervenu à un moment charnière de la vie du team qui a aussi renouvelé en partie ses montures et a choisi de mettre tous ses œufs dans le panier du LMP2. Rachetée à Serge Saulnier suite à son arrivée chez Peugeot Total comme team-manager, l’équipe française avait aligné des Pescarolo-Judd LMP1 et LMP2 la saison dernière.

 

Certes derrière les Porsche RS Spyder en vitesse pure, les deux solides prototypes de conception française pouvaient toutefois compter sur une fiabilité éprouvée. Cette dernière a d’ailleurs valu au Saulnier Racing une quatrième place finale, soit première des « non-Porsche » en Le Mans Series grâce à sa constance. Mais aussi et surtout, l’équipe a atteint, à la plus grande surprise des observateurs, la troisième marche du podium aux dernières 24 Heures du Mans dans la catégorie LMP2 alors que le prototype allemand raflait tous les honneurs et que l’équipage aligné, Matthieu Lahaye/Pierre Ragues/Cong Fu Cheng, premier pilote chinois de l’histoire à disputer les 24 Heures du Mans, faisait la part belle aux rookies. Pourtant, en fin de saison dernière, le team a renouvelé son matériel et changé de manufacturier pneumatique. Si le châssis est toujours issu des ateliers de Pescarolo Sport, l’équipe a trouvé un nouveau partenaire moteur en Mazda. Le constructeur japonais cherchait des partenaires pour l’Europe et a trouvé l’oreille attentive de Jacques Nicolet, soucieux de développer une association avec un constructeur. Les débuts ont été pour le moins difficiles avec des casses moteurs à répétition, à l’instar de RML, équipé du même moteur. En outre, les équipages doivent s’habituer à leurs nouvelles gommes Dunlop.

 

Une cinquième et une sixième place à Barcelone sont venues récompenser les efforts du team. Les résultats bruts semblent donc honorables, avec une troisième place à Spa, mais celle-ci a été obtenue sur tapis vert, suite au déclassement de plusieurs concurrents placés initialement devant l’équipe de Magny-Cours. Mieux, OAK Racing aborde les 24 Heures du Mans en co-leader des Le Mans Series pour la catégorie LMP2 grâce à la constance de ses jeunes pilotes. Pourtant, la course s’était prématurément arrêtée pour la voiture de Jacques Nicolet, suite à un incendie dans le tour de chauffe.

 

L’homme d’affaires, directeur général du groupe Altarea, fera de nouveau partie des équipages. Un premier engagement en 2007 avec une Courage LC75-AER s’était soldé par un abandon. L’édition 2008 a été plus favorable à Jacques Nicolet qui est parvenu à passer sous le drapeau à damiers, déjà avec son acolyte monégasque Richard Hein. Ce dernier a rempilé en Le Mans Series, mais aussi pour la course mancelle. Les deux compères seront rejoints par Jean-François Yvon, un revenant dont la dernière participation remonte à 2000 avec la Debora de Didier Bonnet.

 

Si la n°24 fait la part belle aux aînés, la n°35 fait confiance à de jeunes talents. Ainsi, coéquipiers en Le Mans Series, Matthieu Lahaye et Karim Ajlani se retrouveront dans la classique mancelle. Première participation et podium d’emblée pour le pilote français venu de la monoplace. Peu de pilotes peuvent se targuer d’un tel résultat en tant que rookie. Quant à Karim Ajlani, il effectue sa première saison en LMP2. Le pilote suisso-syrien possède une expérience certaine en monoplace et faisait partie de l’escouade GT1 du Paul Belmondo Racing en 2005, mais s’alignera au Mans pour la première fois. Les deux hommes seront épaulés par une surprise de dernière minute. Une bonne surprise puisqu’il s’agit de notre chroniqueur Guillaume Moreau. Après s’être illustré en monoplace, le Limousin a découvert l’Endurance en 2007 avec Courage Compétition. Après un passage en GT1 avec Luc Alphand Aventures, et un titre Le Mans Series à la clé, il fera donc son retour en proto, mais en LMP2 cette fois. Sa pointe de vitesse devrait permettre au team de s’illustrer encore un peu plus…

 

L’écurie sera-t-elle en mesure de reproduire les bons résultats de la dernière édition ? Tout dépendra du moteur.

 

OAK Racing
24 Jacques Nicolet Richard Hein Jean-François Yvon
35  Matthieu Lahaye Karim Ajlani  Guillaume Moreau
   
Pescarolo LMP2
Moteur Mazda 4cyl Turbo Pneus Dunlop
Team Manager François Sicard

  

KSM : Avec les moyens du bord…

 

Pour Kai Kruse, l’année 2008 avait été un peu spéciale. Après plusieurs années de bons et loyaux services pour le compte de Ian Mitchell au sein du Kruse Motorsport, il avait créé avec Hardy Schiller un nouveau team, le Kruse-Schiller Motorsport. Les deux hommes s’étaient connus lors des précédentes saisons : ingénieur de formation, Kai Kruse était alors Team Manager et Directeur Technique d’une structure qui a entamé son parcours en endurance par le VLN et les 24 Heures du Nürburgring. Hardy Schiller, lui, était justement l’un des pilotes de ce programme, avant que le team ne passe en LMP2 en 2005.

 

Après deux campagnes avec une Courage C65 et une avec un kit Pescarolo, 2008 était une saison d’autant plus particulière pour Kai Kruse : sa nouvelle équipe avait acheté la Lola ex-Fernandez Racing, avec un moteur Mazda pour la propulser. De quoi permettre à la firme nippone de faire son retour aux 24 Heures du Mans. L’histoire retiendra en effet que KSM a été le premier client européen à faire confiance au moteur MZ-R. Depuis, la situation a quelque peu évolué : la firme nippone a augmenté son implication sur le vieux continent et KSM fait presque figure de quatrième roue du carrosse.

 

Car face à RML et OAK, l’équipe allemande n’a pas les mêmes atouts. Faute d’un budget plus conséquent, elle a conservé la même monture, la B07/86. KSM sera en fait le seul team à aligner encore une Lola ouverte. Face à une concurrence qui a aiguisé ses armes, et plus directement face aux coupés du constructeur britannique, la tâche ne s’annonce pas facile. Il ne faut toutefois pas enterrer trop vite la B07, qui a montré de beaux restes l’an dernier. A vrai dire, l’interrogation se situe plutôt au niveau du moteur. Après plusieurs saisons mitigées en ALMS, le Mazda MZ-R n’a guère convaincu pour ses premiers pas en Europe. KSM en a fait l’amère expérience la saison passée, avec plusieurs problèmes mécaniques, notamment au niveau de la boîte. On sait aussi que l’essence utilisée ne convenait pas forcément au moteur turbo.

 

Depuis, les choses se sont améliorées… un peu. Car l’essence continue de poser problèmes au moteur développé par AER. Les casses se sont d’ailleurs multipliées en début d’année et KSM a dû abandonner à Barcelone. Pourtant, la Lola-Mazda pouvait viser un bon résultat : elle devançait la Radical/Bruichlladish, future quatrième de l’épreuve en LMP2. A Spa, l’ACO a permis aux utilisateurs de moteur turbo de bénéficier d’une bride plus grande. De quoi permettre aux teams de soulager un peu le 4 cylindres turbo. Pour KSM, cela s’est traduit par une cinquième place finale. Un résultat honorable certes, mais qui s’explique en partie par l’exclusion de trois autres concurrents. Qu’importe après tout : KSM était quoi qu’il arrive dans les points, l’objectif avoué de Kai Kruse et Hardy Schiller. On restera tout de même relativement prudent sur la fiabilité du package. Tenir six heures, c’est bien. Mais de là à boucler un double tour d’horloge, le pas à franchir est encore très important. Dans ces conditions, rejoindre l’arrivée serait déjà une belle performance.

 

Si Kruse-Schiller Motorsport a conservé un package inchangé, y compris au niveau des pneumatiques Dunlop, l’écurie a recruté un nouvel ingénieur, Gavin Willis, et de nouveaux pilotes. Si Hideki Noda est toujours de l’aventure, il est désormais épaulé en Le Mans Series par Matthew Marsh et Francesco Sini. Ce dernier ne sera pas présent dans la Sarthe, faute de budget. Il sera remplacé par Jean de Pourtalès. Le Français connaît bien Kai Kruse et Hardy Schiller puisqu’il pilotait la Lola-Mazda en 2008. Il évoluait déjà au sein du team en 2007, après un début de carrière effectué en Angleterre, avant de passer notamment par la F3000 Masters durant quatre ans. Rappelons que de Pourtalès est à l’origine un skieur de haut niveau et qu’il réside à Singapour.

Hideki Noda sera sans aucun doute le capitaine de route. Le Japonais est un pilote multicartes puisqu’il a roulé dans de nombreuses disciplines : la monoplace, avec en point d’orge plusieurs grand prix F1  avec Larrousse avant de faire quelques apparitions en IRL ou encore en A1 GP. Il a également participé au SUPER GT en 2006, puis a remporté le Japan Le Mans Challenge 2007. Mais c’est seulement en 2008 qu’il a découvert Le Mans, avec notamment une spectaculaire sortie de piste à la chicane Dunlop. Le trio sera à connotation asiatique puisque Matthew Marsh, s’il est né en Angleterre, réside à Honk Kong. Il a fait ses débuts en Formule Ford, avant de disputer le Caterham Challenge ou encore le Tuscan TVR Championship. S’il fait ses débuts en protos cette année, il possède une certaine expérience des courses de longue haleine : il a déjà roulé aux 24 Heures de Mans, du Nürburgring, de Daytona… et même de Bathurst !

Avec un équipage qui s’inscrit dans la philosophie originelle du LMP2 et une voiture qui a peu évolué, KSM aura dû mal à rivaliser avec les ténors de la catégorie. Mais il y a aussi des équipes dont l’essentiel est de participer. Et conscient de ses moyens, le team a un objectif en tête : rallier l’arrivée. L’atteindre serait déjà une belle performance…

 

KSM
39 Hideki Noda Matthew Marsh Jean de Pourtales
   
Lola B07/86
Moteur Mazda 4cyl Turbo Pneus Dunlop
Team Manager Kai Kruse

  

 Quifel-ASM Team : Ambitions à la hausse…

 

Fort de ses trois participations consécutives en LMP2, Quifel-ASM Team est devenu l’un des habitués de la catégorie. Et au vue de ses deux prestations en Le Mans Series cette saison, il fait assurément figure de sérieux outsider. Explications.

 

2008 avait été l’année d’un premier changement pour l’équipe portugaise, qui avait modifié son équipage. Après deux premières campagnes plutôt réussies en Le Mans Series, avec Miguel Angel de Castro et Angel Burgueno, Miguel Amaral avait décidé de rouler avec un autre coéquipier, Olivier Pla en l’occurrence. En revanche, Quifel-ASM avait conservé sa monture, à savoir une Lola B07/40 à moteur AER. Ce ne fut probablement pas le meilleur choix : si le châssis était encore dans le coup, ce n’était pas le cas du moteur, trop peu performant. Au final, la saison aura été plutôt difficile en Le Mans Series, tandis que les 24 Heures du Mans se concluront par une honorable quatrième place. L’année se terminera tout de même par une bonne note, avec la troisième marche du podium à Silverstone en guise de récompense.

 

Ce ne sera pas suffisant pour que Quifel-ASM reste dans le giron Lola. Miguel Amaral, le patron-pilote, avait    déjà pris sa décision d’acheter un autre bolide. 2009 sera donc  une nouvelle saison synonyme de changement, mais à un autre niveau. Alors que les pilotes restent en place, l’écurie managée par Antonio Simoes a opté pour la Ginetta-Zytek 09S. Bien lui en a pris. Depuis le début de l’année, les bonnes performances se sont accumulées. Au HTTT d’abord, où Olivier Pla a réalisé le meilleur temps du LMP2. A Barcelone ensuite, où le Toulousain a manqué la pole d’un rien avant de terminer deuxième de l’épreuve en compagnie de Miguel Amaral. A Spa enfin, où la n°40 a mené durant quelques tours l’épreuve, au nez et à la barbe de la Porsche RS Spyder…

 

Vous l’aurez compris, la compétitivité de la Ginetta-Zytek n’est plus à démontrer. Elle semble d’ailleurs parfaitement fonctionner avec les pneus Dunlop, même si ceux-ci sont peut être un peu moins constants que les Michelin sur le sec. Sur sol humide, ils sont excellents : c’est toujours bon à prendre ! Si l’on ajoute que le nouveau moteur Zytek a gagné quelques chevaux, le tableau est plutôt agréable, d’autant que la 09S bénéficiera d’une nouvelle aéro pour Le Mans. Voilà qui devrait permettre à Quifel-ASM de tirer son épingle du jeu. Et après avoir rejoint pour la première fois l’arrivée en 2008, l’équipe compte bien goûter aux joies du podium. Sur le papier, c’est dans le domaine du possible, le trio étant composé d’un seul gentleman-driver et surtout de deux pilotes de pointe.

 

Olivier Pla a découvert la discipline l’an dernier. Les débuts ont été positifs pour ce pilote dont le parcours en monoplace avait été très bon : 3e de la Campus, du Championnat de France F3 et de l’Euro Series, avant de disputer les World Series et de s’imposer à deux reprises en GP2. En 2009, le Toulousain semble être passé à la vitesse supérieure : Fini l’apprentissage, il a soif de victoire ! Comme en 2008, Guy Smith sera de l’aventure. Un gage de sécurité puisque le britannique a remporté l’épreuve au général, en 2003 avec la Bentley. Celui qui avait été testé par Williams F1 en 1995 a pris l’habitude de rouler  aux Etats-Unis : Indy Lights il y a déjà quelques années, Champ Car en 2004 et surtout ALMS avec Dyson Racing. Que ce soit avec la Lola-AER, la Porsche RS Spyder et cette saison la Lola-Mazda, Guy Smith a toujours été l’un des fers de lance du team new-yorkais. Finalement, c’est probablement Miguel Pais do Amaral qui va avoir les clés en mains. Homme d’affaires de son état, il disputera, comme le team, ses quatrièmes 24 Heures du Mans, après avoir fait ses premiers pas en compétition en Rallye, puis en historique, avant de s’inscrire en Spanish GT. S’il parvient à suivre un rythme convenable, et que la Ginetta-Zytek évite les embûches, le podium ne sera pas très loin…

 

Quifel-ASM Team
40 Olivier Pla Miguel Amaral Guy Smith
   
Ginetta-Zytek 09S/2
Moteur Zytek V8 Pneus Dunlop
Team Manager Antonio Simoes

  

Gstaad Automobile Club : La Suisse à l’honneur

 

Encore une écurie qui a changé de nom pendant l’intersaison. Engagée sous la bannière de Trading Performance en 2008, l’équipe a pris le nom de Gstaad Automobile Club Racing Team. La célèbre station de ski suisse a donc donné son nom à l’écurie du même nom sans que la gestion par Claude-Yves Gosselin ne soit remise en cause. Pourquoi Gstaad ? Très simplement parce que Karim Ojjeh, l’un des piliers du team, est membre de l’automobile club de Gstaad. Présentée aux membres du club en décembre dernier, la Zytek 07S a fait sensation. Bien que le châssis soit le même que celui de l’an dernier, la voiture a reçu nombre d’évolutions aéro, nouveau règlement oblige, et la dernière mouture du moteur Zytek.

 

Ces nouveautés ont sans doute joué un rôle dans les résultats encourageants enregistrés par l’écurie depuis le début de la saison en Le Mans Series. Le trafic a été fatal à la voiture n°41 à Barcelone : alors qu’elle était remontée à la troisième place du LMP2, un accrochage avec une GT1 a mis un terme à tout espoir de podium. Les mécaniciens ont pu réparer l’auto blessée, mais seul le point de la huitième place est venu couronner les efforts de toute l’équipe. Le team helvète n’eut pas plus de chance à Spa où la rupture d’un triangle de suspension a mis fin prématurément à une course prometteuse puisque Karim Ojjeh occupait alors la troisième place de la catégorie LMP2. La simple analyse des résultats bruts aboutirait à dresser un bilan négatif des deux premières manches, mais en performance, la voiture bleue n’était pas ridicule dans une catégorie plus ouverte que la saison dernière.

 

Les Porsche RS Spyder n’ont laissé que des miettes à leurs rivaux l’an dernier et la Zytek a eu plus de mal à montrer son potentiel. Après un début de saison 2008 décevant, l’équipe avait tout de même réussi à accrocher une 5ème place en LMP2 aux 1000 Km de Spa. L’équipe ne pourra réitérer cette belle performance quelques semaines plus tard au Mans. Après un début d’épreuve perturbé par un démarreur récalcitrant, Claude-Yves Gosselin terminera sa course dans le rail du virage du raccordement suite à un accrochage avec un concurrent. Le pilote français ne pourra pas rejoindre son stand, la course s’arrête là, l’écurie sera l’une des premières à abandonner.

 

L’écurie suisse, managée par Lucien Monté, aura à cœur d’oublier ce mauvais souvenir en se présentant aux vérifications. Le trio des Le Mans Series, Karim Ojjeh, Claude-Yves Gosselin et Philipp Peter, sera du voyage. Le premier, frère de Mansour, le propriétaire de TAG et d’une partie du capital de l’écurie de Formule 1 McLaren, participera à la course mancelle pour la cinquième fois. Après une année 2007 chez Barazi Epsilon, le pilote suisso-saoudien, directeur de TAG Finances dans le civil, a monté sa propre écurie avec l’aide de sa maman. Passé par la monoplace, il compte un podium au Mans en 2005, qu’il a partagé avec son complice Claude-Yves Gosselin. Celui-ci, PDG de Gosselin Entreprise, spécialisé dans les peintures industrielles, fréquente les paddocks de l’endurance depuis quelques années, suite à sa rencontre avec Paul Belmondo avec qui il créera l’écurie éponyme. Après quelques saisons en GTS avec la vénérable Viper, le team s’était lancé dans le LMP2 avec une Courage C65, qui le mènera deux fois à la victoire en 2005 en Le Mans Series. Le dernier larron, Philipp Peter, est loin d’être un inconnu puisqu’il a terminé troisième au classement général au volant d’une Audi R8 en 2002. L’Autrichien a repris du service en prototype après plusieurs années passées en FIA-GT et a montré qu’il faut encore compter sur le vainqueur 2003 de Sebring.

 

Voilà en tout cas un package solide qui, si l’équipage évite les embûches, pourrait bien être l’une des surprises de cette édition…

 

Gstaad Automobile Club Racing Team
41 Karim Ojjeh Claude-Yves Gosselin  Philipp Peter
   
Zytek 07S
Moteur Zytek V8 Pneus Michelin
Team Manager Lucien Monté

 

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