BOP, Balance de Performance, Equivalence ! Ces quelques mots hérissent le poil des équipes et des pilotes. Souvent critiquée, rarement optimale, cette BOP est l’ennemi de tous. Au fil des courses et des résultats dans différents championnats, les autos évoluent dans le bon ou dans le mauvais sens : hauteur de caisse, restricteurs, poids. Si une auto est rapide, elle verra son poids augmenté, si elle est lente, celui-ci sera diminué. Sébastien Metz, Directeur Technique du Marc VDS Racing Team, explique le casse-tête : « Je comprends que c’est un travail quasiment impossible pour les instances. C’est une formule où il faut l’équilibre avec des autos différentes et des niveaux de pilotes disparates. Il y a ces histoires de sacs de sable, c’est un peu fou. Je pense qu’il n’y aucun moyen d’avoir une formule bien précise. C’est agréable d’avoir autant de marques intéressées, mais il faut les garder. »
Au Paul Ricard, les deux BMW Z4 GT3 de l’écurie belge embarquaient 15 kg en sus et une hauteur de caisse modifiée de 2 mm : « Le changement de hauteur de caisse modifie beaucoup l’aéro. Plus on la soulève, plus on perd de l’aéro, même de quelques millimètres. Plus l’auto est rivée au sol, plus elle est aérodynamique. C’est pourquoi la voiture de course est plus basse que celle de route. Dès que l’on augmente aussi le poids, le transfert de masse devient un gros problème et la même chose s’applique aux freins, parce qu’un poids lourd est plus difficile à arrêter. C’est toujours négatif d’avoir plus de poids sur l’auto. » Ce changement de BOP pour les BMW Z4 GT3 fait suite aux deux victoires décrochées en début de saison à Monza puis Silverstone, ces deux manches s’étant déroulées sur des pistes humides : « Je ne suis pas surpris de l’effet de l’équilibre des performances. Je suis par contre surpris que la décision repose sur deux courses disputées sous la pluie. Oui nous avons gagné à Monza et à Silverstone, mais peut-on réellement juger cela à partir de deux courses sous la pluie ? A Monza, nous n’étions pas particulièrement dans le coup sur le sec. La nouvelle Audi était aussi rapide que nous lors des deux courses, mais ils n’ont connu aucun changement. »
Si le Marc VDS Racing Team a bien figuré au Paul Ricard, c’est essentiellement dû à une stratégie parfaite lors d’un ravitaillement sous régime de neutralisation. Sur un tracé où la puissance était primordiale, les BMW Z4 ont souffert, notamment dans la longue ligne droite du Mistral : « A l’heure actuelle, les Porsche et Ferrari sont certainement un peu plus rapides que nous, soit plus de 18 km/h que nous en vitesse de pointe. Ce fait nous pousse à être au top. Nous devons pousser, pousser, pousser pour rester sur le devant. Nous comptons sur notre stratégie. »
« Je comprends qu’ils veulent des gens heureux » poursuit le Directeur Technique du Marc VDS Racing Team. « Si l’on regarde, il y a eu quatre victoires d’affilée pour Marc VDS, deux avec une BMW Z4 GT3 2011 et deux avec le modèle 2012. Ils veulent aider certaines voitures et réduire les performances des nôtres, et il est logique d’essayer d’aider d’autres teams à faire un bon résultat. Mais une décision fondée sur deux courses disputées sous la pluie n’est pas logique. C’est étrange, mais nous devons y faire face. Nous pouvons nous plaindre mais lorsque nous sommes sur la piste, cela ne fait pas de différence. Nous devons juste faire ce qu’il y a de mieux avec ce que nous avons. »
On voit que cette Balance de Performance est un paramètre important dans les différents championnats où elle est en place. Il ne faut pas se leurrer, une BOP optimale est impossible. On peut s’en rapprocher comme l’année passée en World GT1, mais on peut toujours trouver quelque chose à redire. Au final le sport automobile est l’un des rares sports où le but est de ne pas être trop bon. Et si on demandait à Usain Bolt de courir aux Jeux Olympiques de Londres 110 mètres au lieu de 100…
Laurent Mercier