Une semaine après sa victoire en GT Tour, le Team SOFREV-ASP était au Paul Ricard pour le troisième meeting Blancpain Endurance Series de la saison. Si le trio Badey/Beaubelique/Goueslard comptait bien garder le contact avec la tête en Pro-Am Cup, c’est en fait l’autre Ferrari 458 Italia qui s’est illustrée avec une troisième place (Pro-Am Cup) pour Gabriel Balthazard, Mike Savary et Jérôme Policand. La voiture sœur a quant à elle abandonné sur un problème mécanique. Jérôme Policand revient sur le week-end varois : « Comme à Silverstone, nous étions un peu loin en qualifs, peut-être en raison de réglages assez peu « agressifs ». La position sur la grille de départ n’est pas aussi vitale que sur une épreuve du championnat de France qui ne dure qu’une heure. Sur trois heures de course, c’est avant tout la stratégie qui conditionne le résultat. Si la N°10 décroche le 31ème temps, c’est bien la N°20 qui nous a le plus préoccupé. En effet, à la fin des essais libres, le support de la crémaillère de direction, sur la partie châssis, s’est cassé. C’est la première fois que cet incident se produit sur les 458. Un châssis est soumis à de grosses contraintes et celui-ci a terminé 95% de ses courses, dont Spa. La voiture a quand même pu faire les qualifs et la première partie de course. Ludo (Badey) bien que parti 28ème était remonté aux alentours de la 15ème place, puis Patrice (Goueslard) a poursuivi cette progression jusqu’au top 10 avant de devoir abandonner. Quoiqu’il en soit, c’est vraiment dommage car des points importants pour le championnat se sont envolés… »
Au volant de la #10, Patrice Goueslard a montré qu’il n’avait rien perdu de sa pointe de vitesse, même si la mécanique a a décidé autrement. le Normand ne peut donc qu’être amer du résultat : « Une fois de plus, nous avons vérifié la qualité et le niveau incroyable de ce championnat. qualification, sommes à 1⁄2 seconde de la 10ème place sur 56 voitures et et nous nous retrouvons 28ème. Il ne faut rien lâcher sous peine de partir au milieu du paquet ! Pour la course, la pluie étant annoncée vers 15 heures, Ludo a pris un super départ et moi, le Normand, j’étais prêt pour affronter l’orage… Il n’est pas venu. La météo n’était pas le problème, c’est le support de crémaillère de direction qui nous inquiétait ! Les techniciens ont dû ressouder celui-ci la veille de la course. Et quand j’ai pris le volant, je n’étais pas serein. Je me demandais, tous les tours, à chaque virage, si cette pièce allait de nouveau céder. J’ai piloté propre mais j’avais du mal à être à 100%. Huit tours avant la fin de mon relais, à l’entrée de la ligne droite du mistral, un virage à fond de 4ème, la voiture a tiré droit alors que je tournais le volant ! J’ai eu de la chance de passer entre le vibreur et le rail… Aussitôt j’ai pensé à la direction et je n’ai même pas pris le risque de rentrer au stand, j’ai laissé la voiture sur place ! Drôle de week-end… Nous gardons notre seconde place au championnat. Les 24 Heures de Spa seront décisives et l’on se doit de faire au minimum un podium si l’on veut encore espérer gagner le plus beau championnat mondial 2012 de voitures Grand Tourisme… »
La #20 n’ayant pu faire la course espérée, tous les espoirs reposaient donc sur la #10, qui a fait une course sans la moindre fausse note, malgré un tête-à-queue en début de course pour Gabriel Balthazard chahuté par un adversaire. Alors que l’auto navigue aux alentours de la 40ème place, la voiture de sécurité entre en piste et l’équipe technique tente alors un coup de poker qui s’est avéré payant comme l’explique Jérôme Policand : « Nous avons opté pour une stratégie un peu osée en faisant rentrer la voiture aux stands rapidement après l’apparition du safety-car. Comme le relai minimum d’un pilote est 40 minutes, nous avons procédé au ravitaillement et Mike s’est installé à bord. En priant malgré tout pour que nous ne soyons pas à cours de carburant avant le troisième relais…
Cette stratégie s’est avérée payante puisque Mike a repris une vingtaine de places. Il a effectué un magnifique relais et m’a passé la voiture en 15ème position. La fin de course étant plus « limpide », j’ai pu remonter jusqu’à la 8ème place, 3ème des Pro-Am. Une belle récompense pour toute l’équipe et un beau résultat pour un équipage avec deux « vrais » gentlemen. Tout a bien fonctionné, la stratégie et les ravitaillements furent quasi-parfaits. »
La prochaine échéance du Team SOFREV-ASP passera par le GT Tour à Magny-Cours dans une bonne semaine, avant les traditionnelles 24 Heures de Spa où le team basé dans la région de Toulouse avait brillé l’an passé en s’imposant dans la classe Pro-Am avec Badey/Beaubelique/Morel/Moreau. L’objectif sera donc de faire la passe de deux et de garder le contact au championnat.
Laurent Mercier