Une semaine après avoir brillé aux 24 Heures du Mans, le team IMSA Performance Matmut était à Spa-Francorchamps pour le troisième round de l’International GT Open. En terminant 4ème puis 2ème, Raymond Narac et Patrick Pilet sont repartis des Ardennes belges aux commandes du championnat. La Porsche 911 GT3-RSR #16 a connu une Course 1 (longue de 70 minutes) tranquille, Raymond Narac se qualifiant 9ème, quelques jours après avoir roulé 10 heures au Mans, ce qui a laissé des traces. Le Rouennais laissait son baquet à Patrick Pilet au 8ème rang, qui partait alors vers une folle remontée pour échouer finalement au pied du podium. La Course 2 (50 minutes) voyait un Patrick Pilet en mesure de prendre la tête avant un aquaplanage qui lui faisait perdre 7 secondes. Le Gersois poursuivait alors son effort sous la pluie et ramenait sa Porsche en leader de la course. Son coéquipier partait pour le relais final, mais devait céder aux assauts de Nick Tandy (Porsche/Manthey) qui bénéficiait d’un tour d’acclimatation aux conditions d’adhérence piégeuses qu’offrait la piste détrempée du circuit belge. En terminant deuxième, synonyme d’un quatrième podium en six courses, Narac/Pilet pointent dorénavant en tête du championnat, ex-aequo avec l’équipage Manthey Racing Holzer/Tandy.
Raymond Narac revient sur un meeting éprouvant mais satisfaisant : « Course difficile le samedi, j’avais un peu subi la qualif’, accusant encore de la fatigue des 24 Heures du Mans car dès lundi, je travaillais, il me manquait donc du repos. Il a fallu gérer les pneumatiques, nous avons fait au mieux et à la limite car les pneus de Patrick Pilet étaient usés jusqu’à la corde à l’arrivée. Le Manthey Racing avait choisi la performance mais ça n’a pas tenu. C’est aussi la raison pour laquelle je suis resté très prudent au début de la course. Sur le sec il était difficile de rivaliser sans mettre les pneus et le résultat en péril. Dimanche je n’ai pas cherché à suivre le rythme de Nick Tandy qui avait pu prendre la mesure de la piste un tour avant moi. On a vu que sous l’eau, les Porsche étaient moins désavantagées. Compte tenu de la mésaventure survenue pendant le relais de Patrick Pilet, parti en aquaplaning, il fallait rester concentré et ramener la voiture à l’arrivée. Le contrat est rempli, nous visions le podium et nous sommes en tête du championnat, chaque course est importante et les erreurs se paieront cash au moment du décompte final pour l’attribution du titre. Nous ne pouvons qu’être satisfaits du travail accompli. »
Malgré une grosse frayeur sous la pluie, Patrick Pilet a assuré l’essentiel en piste : « Dimanche j’ai pris un bon départ mais il y avait vraiment beaucoup d’eau sur le circuit. Je mets 2 à 3 tours pour revenir sur Holzer, mais la visibilité était exécrable. En voulant prendre un peu de visibilité, je me décale à l’intérieur et je pars instantanément en aquaplaning, passant ensuite par le bac à graviers. Je rejoins la piste et je refais mon retard, je le dépasse et je prends un peu d’avance. Les Ferrari étaient rapides sous la pluie mais avec Marco Holzer nous avions pris une bonne avance en attaquant dès le départ dans ces conditions nous étant plus favorables. Raymond reprend le flambeau et ne fait pas d’erreurs. A la régulière face à l’homogénéité de l’équipage du Manthey Racing composé de deux pilotes professionnels, on savait très bien qu’on ne pouvait pas les battre dans ces conditions. Nous finissons 2ème et nous sommes en tête du championnat après Spa. Par le passé nous avions du mal à repartir d’ici avec un tel bilan. Compte tenu du système des pénalités nous aurons du mal à gagner des courses, en revanche nous scorons le maximum possible à chaque course, à part peut-être cette place que nous pouvions gagner au Nurbürgring sur l’Aston Martin. C’est ainsi, en ne lâchant rien, que nous pourrons jouer le titre, rendez- vous à Brands Hatch en juillet ! »
Laurent Mercier