Quatrième partie de notre abécédaire 2012 des 24 Heures du Mans, avec aujourd’hui pour commencer la lettre O.
O comme OAK Racing
L’édition 2012 a été cruelle pour l’équipe de Jacques Nicolet. Tout avait très mal commencé lors de la Journée Test, avec la violente sortie de route de Guillaume Moreau dans le virage du karting au volant de la OAK Pescarolo Judd LMP1 n°15. Guillaume souffrait d’une fracture de la douzième vertèbre qui entraînait une compression de la moelle épinière et devait être opéré. OAK Racing trouvait un remplaçant en la personne de Frank Montagny avant les essais qualificatifs. Alors que la LMP1 réalisait le douzième chrono, Olivier Pla signait le deuxième temps en LMP2 avec la Morgan Judd n°24 et Maxime Martin le septième avec la Morgan Nissan n°35. Tout se présentait donc pour le mieux en LMP2 pour la course tandis que la OAK Pescarolo LMP1 devait tabler sur une course d’attente face à des adversaires nettement mieux armées. Les deux Morgan confirmaient cette impression, Olivier Pla, transcendant, étant en tête de la catégorie, avec la Morgan Judd, la Morgan Nissan étant en deuxième position. La suite de la course allait malheureusement être beaucoup moins concluante. La Morgan Judd devait abandonner au cours de la dixième heure, sur perte de la pression d’huile, alors qu’elle était toujours en première position, la OAK Pescarolo Judd LMP1 allait également abandonner sur problème moteur et la Morgan Nissan allait être retardée par trois crevaisons et un système électronique défaillant. C’est regrettable, car le team méritait nettement mieux. L’année prochaine peut-être ?
Oreca fournissait 40% du plateau de la catégorie avec LMP2 avec huit voitures -sept Oreca 03 Nissan et une Oreca 03 Judd. Si c’est une HPD ARX-03b qui a remporté la victoire, le constructeur varois a placé deux autres voitures sur le podium de la catégorie, l’Oreca Nissan n°46 du TDS by Thiriet Racing et l’Oreca Nissan n°49 du Pecom Racing. On sait que Oreca était également largement partie prenante dans la participation des deux Toyota TS030. Une édition 2012 bien remplie pour Hugues de Chaunac et son équipe !
Débutant cette année en endurance, Nelson Panciatici a reçu le Prix Jean-Rondeau, récompensant un jeune espoir français de l’endurance. Au volant de la Oreca 03 Nissan n°26 Signatech-Nissan, il a signé un joli troisième chrono en LMP2 lors des qualifications en 3’39”552 et a réalisé une prestation convaincante en course pour ses premières 24 Heures. Retardée par une crevaison qui endommagea le diffuseur, l’Oreca Nissan n°26 échoue au pied du podium, quatrième à trois tours des vainqueurs.
L’autre équipe sarthoise n’a pas été plus heureuse que sa voisine du Technoparc, bien au contraire. Nous ne reviendrons pas en détail sur les malheurs qui ont accablé Henei Pescarolo et Pescarolo Team. Entre le manque de développement de la Pescarolo 03, les sorties de piste de Jean-Christophes Boullion et son forfait consécutif à cette sortie, l’autre excursion de Seiji Ara avec la Dome-Judd S102.5, la casse du V8 Judd sur la Pescarolo lors du warm-up, le remplacement du dit moteur et l’absence de puissance du moteur de substitution et la défaillance de la colonne de direction, les vibrations du moteur Judd qui entraînèrent de multiples tracas périphériques sur la Dome qui ne ressortit en toute fin de course que pour deux petits tours, la coupe est largement pleine.. Espérons simplement des jours meilleurs !
Patrick Pilet a été un des pilotes vedettes des 24 Heures 2012. Au volant de la Porsche n°79 du Flying Lizard Motorsports, il a fait la pole position de la catégorie en 3’57”594 et a dominé le début de course en GTE Am, menant grand train et suivant le rythme des meilleures GTE Pro. Impressionnant !
Olivier Pla avait fait une séance qualificative remarquable, avec le deuxième chrono derrière l’Oreca Nissan ADR-Delta de John Martin, et les premières heures de course ont confirmé tout l’étendue du talent de Olivier qui a emmené le peloton musclé des LMP2 à vive allure. Il méritait largement mieux, comme OAK Racing.
P comme Porsche
Mauvaise année pour Porsche qui, comme en 2011, repart bredouille du Mans. Dominée en GTE Pro, la marque allemande a perdu la première place en GTE Am dans la dernière demi-heure de course, se contentant de la deuxième place de la catégorie de la Porsche IMSA n°67 alors que la Porsche du Flying Lizard Motorsport avait dominé le début de course.
L’ACO a désormais un nouveau Président. Avant cette édition 2012, Pierre Fillon, jusqu’alors Vice-Président, a succédé à la Présidence à Jean-Claude Plassart qui exerçait ces fonctions depuis huit ans, ayant largement contribué au développement des Le Mans Series et activement contribué à l’avènement du Championnat du Monde d’Endurance.
Audi n’a pas fait dans la demi-mesure en remportant la victoire en 2012 avec une motorisation hybride, mais également avec la technologie quattro… Le moteur électrique entraînant les roues avant transforme le proto qui dispose alors d’une transmission intégrale, l’énergie étant récupérée au freinage au-dessus de 120 kmh, la R18 devant une quatre roues motrices, d’où l’appellation quattro.
R comme Rebellion Racing
Superbe performance des Lola-Toyota du Rebellion Racing. Après des qualifications plus que probantes, la Lola-Toyota n°12 a pris la quatrième place, devant une Audi R18 ultra, après une course solide et avec une voiture très performante qui a tourné plus vite qu’en qualifications dans les dernières heures de la course pour préserver sa quatrième place face à l’Audi n°4. Neel Jani, Nicolas Prost et Nick Heidfeld, bien adapté à sa nouvelle discipline, ont rendu une copie très propre, tout comme le team de Bart Hayden.
39 néophytes de la course mancelle étaient engagés cette année. Le plus rapide lors des qualifications a été le japonais Kazuki Nakajima en 3’25”488 avec la Toyota TS030 n°7 -John Martin (Oreca Nissan ADR-Delta n°25) étant le plus vite en LMP2 en 3’38”181, Andrea Bertolini (Ferrari AF Corse n°71) le plus rapide en GTE Pro en 3’59”437) et Sean Edwards (Porsche Prospeed Compétition n°75) le plus véloce en GTE Am en 3’58”035).
En course, le meilleur rookie à l’arrivée a été Marco Bonanomi, troisième au général avec l’Audi R18 ultra n°4, les mieux classés des autres catégories étant Enzo Potolicchio, vainqueur en LMP2 avec la HPD ARX-03b Starworks n°44, Andrea Bertolini à nouveau en GTE Pro, quatrième de la catégorie, et Anthony Pons (Porsche IMSA Performance Matmut n°67) deuxième de la catégorie.
Le Trophée Spirit of Le Mans, décerné à une personnalité ayant servi l’esprit du Mans, a été attribué à Gérard Larrousse, double vainqueur des 24 Heures du Mans (1973 et 1974, associé à Henri Pescarolo sur une Matra MS 670B). Gérard Larrousse a eu l’occasion en lever de rideau des 24 Heures 2012 de reprendre le volant de la Matra.
Pour son arrivée au sein des compétitions sous label ACO, l’équipe de Peter Baron fait très fort : victoire à Sebring, assortie d’une troisième place au général, et victoire au Mans en LMP2. Deuxième par ailleurs des 24 Heures de Daytona et toujours en course pour le titre en Grand-Am, le team est boulimique !
Claude Foubert









