Poursuivons notre abécédaire des 24 Heures du Mans 2012, nous en sommes désormais à la lettre F.
F comme Fässler
Marcel Fässler, vainqueur en 2011, a récidivé cette année, obtenant sa deuxième victoire au Mans, la deuxième victoire d’un pilote suisse, le pilote Audi étant le seul dans ce cas.
F comme Ferrari
Dans une catégorie GTE Pro ultra compétitive, les neuf concurrents prétendant tous à la victoire, la firme italienne a fait toucher terre aux Corvette, Porsche et autres Aston Martin, prenant ainsi sa revanche de 2011 où9 elle avait dû baisser pavillon face à Corvette.
Qui plus est, elle réalise même le doublé, la Ferrari 458 Italia AF Corse n°51 de Giancarlo Fisichella, Gianmaria Bruni et Toni Vilander devançant la Ferrari 458 Italia n°59 du Luxury Racing de Frédéric Makowiecki, Jaime Melo et Dominik Farnbacher.
La dernière victoire Ferrari au Mans remontait à 2009 et au succès de la Ferrari F430 GT2 du Risi Competizione de Jaime Melo, Mika Salo et Pierre Kaffer.
F comme Français
Trois français sont montés sur la plus haute marche du podium cette année, contre quatre en 2011 : Benoît Tréluyer en LMP1 et au général, Julien Canal et Patrick Bornhauser en GTE Am, tous trois déjà titrés en 2011 !
G comme Gené
Certains avaient fait la fine bouche lorsque Audi Sport avait recruté Marc Gené pour remplacer Timo Bernhard. L’espagnol, un des rares pilotes à avoir fait trébucher Audi au Mans en 2009, avec Peugeot, a fait taire les sceptiques en remportant les Six Heures de Spa associé à Romain Dumas et Loïc Duval. Même si Gené y est allé de sa petite faute en fin de course, l’intérim est brillamment réussi.
L’année 2012 restera dans les annales de la course comme l’année où une motorisation hybride l’a emporté pour la première fois, propulsant une Audi R18 e-tron quattro. Une première avant beaucoup d’autres?
I comme Ihara
La japonaise Keiko Ihara était la seule pilote féminine engagée dans ces 24 Heures du Mans 2012, à bord de la Lola B12/80 Nissan n°29 du Gulf Racing Middle East. Elle n’eut même pas le loisir de la piloter en course, la voiture ayant été la première à abandonner après une sortie de route de Marc Rostan.
I comme IMSA Performance Matmut
Après 23h30 de course, la Porsche 997 RSR n°67 était encore en tête de la catégorie GTE Am, pilotée par Nicolas Armindo. Celui-ci passait le relais à Anthony Pons, qui n’avait pas encore effectué son temps de conduite réglementaire, qui se trouvait désormais sous la menace de la Corvette Larbre Compétition n°50 pilotée par Pedro Lamy. Face à un pilote de la trempe du portugais, l’infortuné Pons ne pouvait se battre à armes égales et devait laisser passer la Corvette à quelques tours de l’arrivée. Pis, il crevait dans son dernier tour, mais parvenait à rallier l’arrivée en deuxième position de la catégorie, faisant un premier podium pour sa première participation.
Les quatre grands constructeurs japonais étaient présents au Mans, Toyota avec ses deux TS030 hybrides, Honda au travers des V8 3,4l HPD LMP1 et du V6 2,8l turbo LMP2 et des ARX03-a et des ARX-03b, Nissan par le truchement des moteurs V8 4,5l VK45DE LMP2, ainsi que Mazda qui a présenté son moteur diesel LMP2- le Skyactiv-D Clean Diesel- que l’on verra en piste au Mans dès l’année prochaine. Quatre pilotes japonais participaient également à l’édition 2012 : Satoru Nakajima, Seiji Ara, Shinji Nakano et Keiko Ihara.
Une des grosses déceptions de ces 24 Heures 2012. La légendaire fiabilité des moteurs préparés par John Judd a vu sa réputation flétrie cette année. Si deux des voitures motorisées par le Judd BMW HK LMP2 sont à l’arrivée, la Morgan Judd du OAK Racing a dû abandonner après la perte de la pression d’huile, et la course a été catastrophique en LMP1 pour la OAK Pescarolo du OAK Racing et pour la Dome S102.5 et la Pescarolo 03 de Pescarolo Team. Casse moteur pour la OAK Pescarolo n°15, casse moteur au warm-up pour la Pescarolo 03 et puissance notoirement insuffisante en course, vibrations intempestives du V8 Judd entraînant de multiples ennuis périphériques sur la Dome, tout ceci survenant après une série de casses moteur dans les courses et les essais précédents des deux équipes, ce fut une édition noire pour Judd. Lre passage du V10 5,5 au V8 3,4l a été négatif pour les deux équipes françaises. Peut-être que l’implication de Judd dans le programme Indianapolis n’a pas arrangé les choses…
Troisième victoire de catégorie pour Tom Kimber-Smith, après une victoire en GT2 sur une Panoz Esperante du team LNT en GT2 en 2006 ; celle en LMP2 sur une Zytek Nissan du Greaves Motorsport et donc celle de 2012 sur la HPD ARX03-b n°44 du Starworks Motorsport. A noter que parmi les douze pilotes vainqueurs dans les quatre catégories en 2011, six d’entre eux ont récidivé cette année, soit un joli ratio de 50%.
Le Krohn Racing monte pour la troisième fois sur le podium au Mans, en GTE Am cette année avec une troisième place, après la deuxième place en GT2 de 2007 et la troisième de 2009, donc trois fois sur six. Pas mal ! Nic Jönsson et Tracy Krohn lui-même étaient à chaque fois de l’aventure, comme quoi on peut être milliardaire et gentleman driver, et monter néanmoins sur le podium.
Claude Foubert




