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Réflexion personnelle à l’issue des 24 Heures du Mans, part 1.

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C’en est terminé des 24 Heures du Mans placées sous le signe du Championnat du Monde d’Endurance, où 240 000 personnes ont répondu à l’appel, en l’absence de Peugeot. C’est peut-être cette absence qui a fait légèrement baisser le nombre de spectateurs. La marque au Lion n’était pas de la partie, même si Bruno Famin s’est fendu de chroniques quotidiennes dans la presse et Olivier Quesnel, casque vissé sur les oreilles, était chez Signatech-Nissan en tant qu’observateur. C’est donc Toyota qui a repris le flambeau pour aller contrer Audi et de la plus belle des façons. Arrivé sur la pointe des pieds, le Toyota Racing a fait taire les sceptiques sur la compétitivité de ses TS030 HYBRID. Rien n’est jamais acquis au Mans nous disait le lundi précédent la course un Dr Ullrich, impatient de passer sur le muret. Avec quatre R18 au départ, Audi Sport avait de quoi truster le quarté à l’arrivée. Oui mais la réalité peut être parfois différente et ces diables de Toyota sont venues se frotter de près aux Anneaux, avec comme toujours un excellent Nicolas Lapierre qui plaçait la #7 en tête durant quelques tours, de quoi satisfaire Yoshiaki Kinoshita et Hugues de Chaunac. Ce qui est sûr, c’est qu’Audi n’a jamais eu l’arrogance de dire que la course était gagnée d’avance. On ne gagne pas 11 fois Le Mans par hasard. Pour 2013, il va certainement falloir s’attendre à des changements dans les équipages Audi. On sait déjà que Dindo Capello ne sera plus de la partie, que Romain Dumas et Timo Bernhard pourraient bien être sur la touche pour cause de programme Porsche en 2014. Au risque de nous traiter de chauvin, Benoît Tréluyer et Loïc Duval sont de parfaites recrues pour le staff Audi, tout comme André Lotterer, sur qui le constructeur allemand peut s’appuyer. On sait qu’il y en a un autre qui pourrait faire mal s’il venait à débarquer en Endurance, avec le rapide Edoardo Mortara, présent actuellement en DTM. Malgré une sortie de piste, Marc Gené a fait ce qu’on attendait de lui, tout comme Marcel Fässler. Restent les cas Allan McNish et Tom Kristensen… Attention messieurs car Toyota ne va rester les bras croisés surtout que les équipages n’ont rien à envier à leurs homologues allemands et ORECA a de quoi être l’égal du Joest Racing dans le camp adverse.

 

Rebellion Racing vainqueur moral…

Derrière le duel des Usines, Rebellion Racing a rendu une copie parfaite, comme en 2011. Non seulement l’équipe suisse s’est offert une belle place au pied du podium et il n’aurait pas fallu qu’un autre grain de sable vienne enrayer la marche en avant des Audi pour que l’on voit une Lola-Toyota B10/60 dans le tiercé de tête, ce qui aurait été amplement mérité. Sans un problème d’embrayage sur la #13, les deux autos du team managé par Bart Hayden auraient pu figurer dans le Top 6. Malheureusement, on regrettera une fois de plus le manque de retombées médiatiques pour ceux qui font la course derrière les constructeurs, excepté pour Pescarolo Team qui a retenu l’attention des médias avec l’engagement d’une Dome et d’une Pescarolo 03, sans oublier les problèmes extra-sportifs. Chez Rebellion Nick Heidfeld a pris son pied, Nico Prost et Neel Jani faisant eux une course sans la moindre fausse note et ce tandem mérite d’être mis en avant. L’autre bonne note en LMP1 est pour le JRM Racing qui pour sa première année en Endurance montre de belles choses. Gageons que ce n’est que partie remise pour le Strakka Racing et OAK Racing. On ne peut que féliciter les investissements de messieurs Leventis, Nicolet, Pesci et Rumsey, car si le LMP1 existe vraiment aujourd’hui, c’est bien grâce à eux. Il ne faut surtout pas l’oublier…

 

LMP2 ou LMP1 bis ?

En LMP2, il est bien loin le temps où les autos n’arrivaient pas à tenir 24 heures. Après une victoire au scratch en Le Mans Series (Strakka Racing en 2010), les LMP2 sont à prendre au sérieux, si bien qu’elles se taillent maintenant la part du lion en European Le Mans Series. Le seul problème concerne justement l’avenir de la série après Donington surtout que les forces vues au Mans sont dispersées. Certains ont choisi le WEC (Starworks Motorsport, Pecom Racing, Greaves Motorsport, Gulf Racing Middle East, ADR-Delta, Signatech-Nissan, Murphy Prototypes, Lotus LMP2) et d’autres l’European Le Mans Series (OAK Racing, Pecom Racing, Greaves Motorsport, Jota Sport, Status GP, Thiriet by TDS Racing, Race Performance, Bousen Ginion Racing, Extreme Limite ARIC). Trois teams ont même décidé de relever le défi dans les deux séries. Seul Level 5 Motorsports a choisi l’option bien plus raisonnable de l’American Le Mans Series. On croit savoir que l’avenir de la série européenne dépendra du nombre de GTC présentes à Donington. La couverture médiatique se résumant au seul duel Audi/Toyota, on peut se demander combien de teams répondront à l’appel du WEC en 2013 dans une catégorie où il n’existe pas de vrai titre mondial à l’heure actuelle. De plus l’arrivé du moteur diesel va semer un peu plus le trouble et l’on va encore parler d’équivalence. Au fil des ans, les deux mots « coût maîtrisé » semblent être passés aux oubliettes. On rappellera que le règlement indique que le prix de la voiture neuve sans le moteur ne doit pas dépasser 355 000 euros. Le constructeur doit fournir à la FIA la liste de prix des pièces de rechanges. Le total de cette liste ne doit pas dépasser 150% du prix de vente de la voiture neuve complète. Une majoration des prix des pièces détachées de 10% est autorisée si un constructeur assure la vente de ces pièces sur les épreuves. Alors qui respecte réellement le coût maîtrisé ? Même constat pour cette stupidité de classement de pilotes selon le niveau de chacun avec du Bronze, de l’Argent, de l’Or ou du Platinium. Cette donne est valable dans toutes les séries où cette règle est en place. Chaque hiver, des pilotes cherchent à se faire volontairement dégrader pour pouvoir rouler avec untel ou untel. Bref un vrai casse-tête général va s’engager dans les équipes en vue de 2013.

 

En tout cas les pilotes présents en LMP2 n’ont rien de seconds couteaux. Il suffit de voir la rapidité d’un Olivier Pla dont on ne comprend toujours pas pourquoi il n’est pas chez Audi ou Toyota, un Yelmer Buurman qui fait preuve d’une très belle pointe de vitesse, un Tom Kimber-Smith très véloce, un Mathias Beche très prometteur, un Franck Mailleux toujours là, un Nelson Panciatici bon rookie, ou un John Martin époustouflant.

 

Laurent Mercier

 

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