Le Mans

Aérodynamique, les spécificités mancelles…

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Le Mans, c’est un circuit spécifique, très spécifique. Avec des contraintes qui ne le sont donc pas moins… Afin d’adapter les voitures à ces exigences, les équipes ont de tout temps inventé des adaptations de carrosserie que l’on ne voit qu’ici. Et 2012 ne fait pas exception à la règle. Petit tour de paddock de ces solutions spéciales Hautes Vitesses !

Commençons par ordre alphabétique avec le seigneur des lieux, Audi. Dans le cas précis de la firme aux anneaux. Lors de la Journée Test, l’équipe a essayé deux versions de carrosserie différente sur la R18 n°1. La journée a commencé avec une version ressemblant à celle apparue à Imola l’an passé et destinée aux circuits à forts appuis. Puis, la n°1 avait été équipée du même capot avant que les trois autres R18, une version de celle vue ici l’an passé. Il s’agit de celle qui présente une cassure dans la ligne de profil à hauteur du globe de phare. Intuitivement, pour un néophyte, la ligne plus fluide du premier capot pourrait sembler plus efficace ici au Mans. Pourtant, il semble bien qu’il n’en soit rien… Une autre petite différence est située dans la plaque de garde de l’aileron arrière. On y retrouve un décrochement au-dessus en amont, qui permet de réduire la trainée de l’ensemble.

Passons chez HPD qui a sorti un kit aéro très travaillé pour ses LMP1 et dont les différences, à la différence d’Audi, sautent aux yeux. Tout d’abord, c’est à Spa, circuit déjà rapide, que sont apparus, à l’avant, des flaps verticaux, très travaillés car l’intrados et l’extrados ne sont pas parallèles et de plus, la section de ce flap n’est pas constante sur toute sa hauteur. Des flaps semblables sont d’ailleurs également montés sur les LMP2. L’aile elle-même est d’ailleurs également modifiée par rapport à la version vue à Sebring puisque la fente verticale dans la carrosserie au niveau du globe de phare, descend désormais jusqu’en bas tandis qu’à Sebring, elle s’arrêtait au niveau du flap horizontal supérieur. Ces deux flaps horizontaux ont d’ailleurs disparu.

Mais c’est à l’arrière que les modifications sont encore plus spectaculaires. Et celle-ci ne sont apparues que pour Le Mans. En amont de la roue arrière, le mouvement de la carrosserie est devenu très abrupt, beaucoup moins enroulé. Cela est probablement fait dans le but de dévier rapidement l’air au-dessus du passage de roue afin d’éviter que le flux ne vienne rentrer dans les ouvertures réglementaires au-dessus des roues. Comme dans le cas d’Audi, c’est la solution la moins lisse, la moins « enroulée » mais également la moins élégante, qui semble être la plus efficace au Mans…

Dans le cas des Lola, le kit aéro LMP2 se compose de 17 petits éléments à ajouter à la carrosserie existante. Ils étaient particulièrement visibles lors de la Journée test sur les Lola du Gulf Racing Middle East car ils étaient restés de couleur carbone ce qui contrastait particulièrement avec le bleu pale propre à Gulf. Un petit élément sous l’unique flap avant restant en place (deux à Spa), un à l’arrière de l’aile avant sous le rétroviseur et un dernier destiné à surgalber l’avant de l’aile arrière (avec des ajustements d’ailleurs assez approximatifs), voilà pour ce qui est des pièces visibles mais d’autres viennent s’ajouter sous l’avant de la voiture notamment. Pour ce qui est de la LMP1, les modifications sont du même ordre. Signalons simplement l’ajout d’un élément destiné à obtruer en partie l’écope de frein avant.

 

 


On voit ici nettement l’élément ajouté pour “arrondir” l’aile arrière des Lola.

Un élément est ajouté sous l’unique flap.

L’écope de freins est en partie obstruée.

 

Du côté du OAK Racing, la seule différence réellement notable vient du petit “bout de nez” qui a été ajouté aussi bien à la P1 qu’aux P2. D’ailleurs, lors du vendredi de la Journée Test, cette petite excroissance, qui rend le nez encore plus pointu, n’était pas revêtue de son vinyl bleu pale, les mécaniciens oeuvrant pour les habiller avant les vérifications. Ce que l’on peut toutefois noter de majeur chez OAK Racing par rapport  à 2011, c’est la disparition du fameux aileron à bulle qui avait tant surpris. Disparu corps et biens…

 


Un nez différent entre Spa et Le Mans…

..ajouté et habillé lors de la Journée test.

Chez Oreca, les 03 reçoivent un élément riveté au pied des phares, qui assouplit la transition entre la lame avant et l’aile. Allez donc tenter de comprendre toutes les finesses de l’aéro avec tout ça. Chez les uns, on durcit, chez les autres, on assouplit ! Les persiennes au-dessus des roues avant sont également spécifiques au Mans.

Et bien évidemment, cet article ne s’attache à différencier que tout ce que l’on peut aisément voir même s’il faut parfois un œil averti. Pas question de s’attarder sur les différences entre les réglettes en bout de capot arrière, cela deviendrait un peu fastidieux. Enfin, d’autres modifications invisibles celles-ci, sur les lames avant par exemple, sont également apportées par certaines équipes. La vitesse sur un tour au Mans est à ce prix. Et comme le disent les ingénieurs, ce sont les petits détails inimaginables qui font la différence…

Laurent Chauveau

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