« Salut ! Nous y voilà : le véritable coup d’envoi de la saison va être donné à l’occasion des 24 Heures de Daytona, que je vais disputer avec Timo Bernhard et Ryan Briscoe sur la Riley-Porsche du Penske Racing. Des premiers essais en octobre, jusqu’aux January Test Days, nous nous sommes appliqués à bien préparer l’épreuve, sans se prendre au jeu des chronos serais-je tenté de dire. Désormais, place à la compétition.
« Pour tout vous dire, j’aborde cette course un peu comme les 12 Heures de Sebring les années précédentes. Je sais que je me répète, mais il faut d’abord finir pour engranger des points au championnat. Auparavant, Daytona était un one-shot pour moi. Cette fois, la course marque le lancement d’un nouveau défi et je veux réussir mes débuts, sans compromettre la suite de la saison. En revanche, contrairement à Sebring où nous avions un mince espoir de victoire au général, il sera question de viser un succès au général. Nous voulons gagner. Nous avons des chances de bien figurer, mais un double tour d’horloge, c’est long. Il faudra être patient, c’est une certitude. C’est vraiment une épreuve où il ne faut pas se précipiter : rouler, encore rouler, et ne pas se faire prendre dans les mailles du filet. Eviter les embûches et rester dans le peloton de tête : tel sera notre but.
« Comme toutes les couses aux Etats-Unis, les neutralisations joueront un rôle important. Nous devrons rester dans le tour du leader. Et s’il y a toujours une part de réussite qu’il faut avoir avec soit, j’ai une totale confiance dans le Penske Racing. Contrairement à la catégorie GT, je ne suis pas certain qu’il faille partir la tête dans le guidon, à fond. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, il ne faut pas non plus s’endormir : je pense que nous devrons rester dans le quinté de tête et suivre le rythme des meilleurs. Chip Ganassi, qui reste sur trois victoires, suit d’ailleurs cette ligne : ne pas se prendre la tête et monter en puissance au fil de l’épreuve.
« Une des particularités de Daytona, c’est son banking et le fait de rester à 70% du temps pied au plancher. Cela ne sera pas à notre avantage : nous devrions être plutôt compétitif en vitesse de pointe, mais nous allons souffrir au moment de grimper sur le banking, avec un couple moins important que la concurrence. Il faudra tenter de profiter de l’aspiration pour compenser le manque de puissance. Quant au reste du circuit, il y a quatre ou cinq virages pour faire la différence. C’est peu, et après plusieurs séances d’essais, tout le monde est assez proche. La moindre erreur est donc très difficile à rattraper. Autant aux 24 Heures du Nürburgring ou aux 24 Heures de Spa, le pilote peut faire la différence, autant je pense que les 24 Heures de Daytona se rapprochent du Mans. Je m’explique : dans la Sarthe, le pilote peut faire la différence, mais il faut être au volant de la meilleure voiture et dans le meilleur team. A Daytona, je pense que c’est pareil. Les arrêts au stand ont donc une certaine importance. Comme je vous l’ai confié dans ma précédente chronique, nous avons passé du temps à nous entraîner car il y du temps à gagner. Mais les autres top-teams ont dû en faire tout autant…
« Je poursuis mon tour d’horizons avec le trafic. Il n’est pas spécialement compliqué à gérer car il y a le banking. Vous pouvez également doubler dans l’infield, mais attention : il n’est pas rare de voir plusieurs GT côté à côte. Il faut donc être prudent et patient. Ne pas se précipiter. Dernier point : la météo. Si les températures sont généralement agréables en Floride, la pluie s’invite souvent à la fête. Cela peut plaider en notre faveur : lors des essais, nous avons eu l’occasion de rouler sous la pluie, et Timo, Ryan et moi étions satisfaits du comportement de la Riley-Porsche dans ces conditions. Ça peut changer la course !
« Vous l’aurez compris : qui dit 24 heures, dit de nombreuses questions. C’est la course qui rendra son verdict ! Rendez-vous après l’épreuve pour voir s’il a été positif. J’espère, car les 24 Heures de Daytona sont très importantes pour moi ! »
Romain Dumas
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