L’an passé, on avait l’habitude de voir le Marc VDS Racing Team sur plusieurs fronts avec le Championnat du Monde GT1 et l’engagement de quatre Ford GT (dont deux pour Belgian Racing) et la Blancpain Endurance Series. On avait aussi vu les troupes de Marc van der Straten aux 24 Heures du Mans avec la Lola Aston Martin. Cette saison, l’équipe belge a réduit la voilure avec la série Blancpain et les 24 Heures du Nürbrugring. Si deux BMW Z4 GT3 sont au départ en Blancpain, une seule est présente en VLN pour le trio Leinders/Martin/Palttala. L’équipage n’a plus rien à prouver en GT mais a tout à découvrir en VLN sur la Nordschleife. En complément, on verra Maxime Martin et Bas Leinders au départ des 24 Heures du Mans sur une Morgan 2012 LMP2 du OAK Racing. Avant d’aborder des semaines bien chargées, Bas Leinders fait le point avec nous sur son début de saison Blancpain, sa découverte de la Nordschleife, et sa belle prestation aux 6 Heures de Spa.
Laurent Mercier : Bas, comment se passe l’apprentissage en VLN ?
Bas Leinders : « Ce sont nos grands débuts cette saison dans ce championnat. Avant d’arriver ici, nous avons pris part à deux manches VLN histoire de repérer les lieux, mais aussi par obligation. Nous sommes encore dans un mode d’apprentissage. Nous avons décidé de n’engager qu’une auto car c’est une toute autre organisation par rapport à ce que l’on peut connaître. On ne savait pas comment gérer. Ici tout est différent mais l’intégration se fait petit à petit. Il nous reste encore des choses à apprendre mais nous sommes confiants. L’ambiance est bonne et le niveau est très relevé. C’est un peu la chasse gardée des Allemands et nous restons une équipe belge (rire). Depuis notre arrivée, nous suscitons plus d’intérêt car les essais se sont bien passés. »
Quel est l’objectif ?
« Nous ne sommes pas ici pour gagner, mais plutôt pour emmagasiner de l’expérience en vue du futur. Il nous faudra terminer la course et éviter les embûches. Si tel est le cas, nous devrions être bien placés à l’arrivée. Une place dans le quinté de tête serait vraiment bien. Il est possible que nous soyons à nouveau présent en 2013, et pourquoi pas avec deux autos et avec des ambitions revues à la hausse. »
Le soutien de BMW est identique à ce que peuvent avoir Schubert et Vita4one ?
« Schubert est le team phare de BMW et ils ont beaucoup d’expérience avec des BMW. Le constructeur compte plus sur eux pour la gagne car ils sont bien plus affûtés que nous, de par l’expérience. De plus, ils ont deux autos et nous une seule. Nous ne sommes pas là pour détrôner qui que ce soit. Ce qui est certain, c’est que nous avons notre place pour avoir un soutien officiel. »
Vous êtes le seul équipage de pointe à rouler à trois, sachant que deux des trois pilotes découvrent l’épreuve. N’est ce pas un handicap ?
« Des pilotes ont bien déjà disputé les 24 Heures du Mans à deux (rire). Il est vrai que seul Markus avait déjà disputé l’épreuve, et dans une voiture de tourisme. Nous avons réfléchi à savoir si nous allions le faire à trois ou quatre. Nous avions pensé à Marc Hennerici mais il avait déjà signé chez Timbulli. J’ai ensuite discuté avec Thomas Mutsch et c’est lui qui nous a convaincu de le faire à trois. Il est vrai que nous aurons plus de temps de roulage mais la fatigue arrivera plus vite. On se connaît tous bien, ce qui est un gros avantage. Avant de venir en VLN, nous avions bouclé une quinzaine de tours de la Nordschleife avec une Suzuki Swift. Je pense que la nuit sera un handicap. Hier soir, j’ai été quelque peu perturbé par les lumières et les flashs tout autour du circuit. »
Le choix de ne faire que Blancpain et VLN était le bon avec un peu plus de recul ?
« Oui sans aucun doute. Nous avons pensé à un moment que cela ne ferait pas assez de travail pour l’équipe car nous avons des membres à faire travailler chaque jour. Au fil du temps, le Marc VDS Racing Team se structure et l’objectif est d’en faire le team le plus professionnel possible. On peut penser que nous faisons machine arrière mais c’est pour mieux aller de l’avant. Tout le monde dans le team va dans la même direction. »
Tu as découvert la Morgan 2012 LMP2 à Spa. Quelles sont tes premières impressions ?
« Déjà ça me change de l’année passée où j’étais arrivé au Mans sans avoir roulé dans la Lola Aston Martin. Ce coup-ci, j’ai pu me préparer et rouler à Spa, sachant que j’avais roulé auparavant sur le Circuit Bugatti au Mans. Je me suis de suite senti à l’aise dans l’auto et j’ai retrouvé les sensations de la monoplace avec une voiture ouverte. Le courant est très bien passé avec l’équipe OAK Racing et les ingénieurs. Je pense que notre équipage sera homogène et je suis ravi d’avoir cette opportunité. »
Est-il prévu de voir Marc VDS Racing Team à l’avenir en prototype ?
« On y pense mais il y a beaucoup de paramètres à régler avant qu’une quelconque décision soit prise. On aime bien se battre pour la victoire et il est que s’imposer aux 24 Heures du Mans, ça représenterait quelque chose pour l’équipe. On fait tout pour construire en vue du futur et nous verrons selon ce que le team décidera. »
Avec Markus et Maxime, vous avez remporté la première manche Blancpain. C’était un peu une surprise ?
« Nous sommes partis 18ème, ce qui fait que rien n’était gagné. Le niveau est très relevé et il n’est pas facile de s’imposer. Par chance, la pluie est venue à notre rescousse. La BMW Z4 GT3 est une très bonne auto mais elle est un peu juste en moteur. On savait que Monza serait le plus mauvais circuit pour nous et nous sommes repartis avec la victoire. »
A Silvertone, il va falloir jongler avec la Journée Test des 24 Heures du Mans…
« Sitôt la qualification terminée, nous sauterons dans un avion pour rejoindre Le Mans. Maxime et moi roulerons environ 40 minutes le dimanche matin et nous retournerons à Silverstone. Markus prendra le départ de la course et nous arriverons pour prendre les autres relais. »
Les catégories GT arrivent à un tournant. Quel est l’avenir selon toi ?
« Il est impératif que les GT3 ne coûtent pas plus d’argent qu’actuellement. Nous arrivons aux limites de ce qui peut être accepté. Si tu ôtes les brides et que tu enlèves un peu de poids, les GT3 sont bien plus rapides que les GTE. Selon moi, il faut uniformiser la catégorie GT avec un seul règlement pour les GT3 actuelles. Une option possible serait de mettre en place un Championnat du Monde Protos et un GT, en réunissant le tout sur quelques courses majeures. »
Propos recueillis par Laurent Mercier