Fort d’un passé prestigieux avec la F1 GTR, McLaren a séduit un paquet d’équipes dès la présentation de sa MP4-12C. On ne va pas dire que les équipes se sont ruées sur la dernière arme de Woking mais presque. On en retrouve en Blancpain Endurance Series, VLN, ADAC GT Masters, Championnat du Monde GT1, International GT Open ou encore en GT Tour. Bizarrement, il n’y a guère qu’en Avon Tyres British GT Championship que la MP4-12C est absente. Lorsque l’on a vu débarquer McLarenGT aux 24 Heures de Spa en juillet dernier, les observateurs n’ont pas hésité à affirmer qu’il faudrait compter sur l’auto pour venir jouer les trouble-fêtes en tête. Il aurait été quelque peu présomptueux de penser cela, le constructeur britannique étant là pour emmagasiner de l’expérience. Sur les trois autos au départ une seule a rallié l’arrivée, et en dehors du Top Ten de la classe Pro-Am Cup. Les deux autres ont été contraintes à l’abandon, l’une suite à un accrochage et l’autre sur début d’incendie.
Depuis l’été dernier le constructeur britannique n’a pas ménagé ses efforts pour poursuivre le développement des MP4-12C. On devait en voir un exemplaire aux 24 Heures de Dubai mais McLarenGT a semble-t-il préféré s’abstenir pour approfondir le développement. Si les essais hivernaux se sont plutôt bien passés, une MP4-12C du Gulf Racing UK a tout de même brûlé lors des Essais Officiels European Le Mans Series. L’entame 2012 n’a pas été de tout repos pour McLaren avec un meeting du Championnat du Monde GT1 de Nogaro en demi-teinte avec de récurrents problèmes de démarreur chez Hexis Racing. Pourtant, Alvaro Parente et Grégoire Demoustier ont terminé 4ème de la Course Qualificative disputée sur une piste humide. De quoi donner du baume au cœur à McLaren…
Pour le coup d’envoi de la Blancpain Endurance Series à Monza, les GT3 britanniques n’ont guère été à la fête, notamment en début de course. Entre celle du ASM Team qui repassait par les stands à plusieurs reprises, celle de ART Grand Prix qui peinait à s’élancer sur la grille et les quelques figures en piste durant les premiers tours chez Von Ryan Racing ou Boutsen Ginion Racing, on a dû croire à un 1er avril à retardement à Woking. Chez Gulf Racing UK, Rob Bell a connu un problème d’essuie-glace puis de boîte de vitesses, avant que Mike Wainwright ne stoppe sa monture à quelques encablures de l’arrivée, l’auto refusant de redémarrer. Quant à la voiture sœur, elle a abdiqué sur sortie de piste. Rob Bell dresse le bilan du week-end : « Tout ce n’est passé comme nous le souhaitions à Monza. Cependant, l’équipe a bien travaillé et nous avons recueilli pas mal d’informations. Nous comptons maintenant aller de l’avant pour décrocher un meilleur résultat à Silverstone. »
Si le Gulf Racing UK n’a guère brillé, l’équipe United Autosports a elle aussi été accablée par les problèmes. Depuis le début de carrière de la MP4-12C il semble que l’électronique donne beaucoup de mal à McLaren et c’est d’ailleurs ce qui a causé l’abandon de Matt Bell : « J’ai connu un problème électronique ou d’alternateur. En rentrant dans Lesmo 1, mon ABS est devenu défaillant et les quatre roues se sont bloquées, ce qui fait que je n’ai pu éviter la sortie dans les graviers. » United Autosports va maintenant poursuivre ses essais à Snetterton et Richard Dean (propriétaire de l’équipe) compte sur une Balance de Performance plus favorable pour que les McLaren puissent venir se mêler à la course en tête.
Sur les neuf McLaren MP4-12C au départ, seules trois ont terminé l’épreuve, l’équipage Demoustier/Tappy (ART Grand Prix) sauvant la mise avec une belle performance à la clé pour les troupes de Frédéric Vasseur et Georges Kaczka. La donne est guère meilleure en ADAC GT Masters avec des autos pour le moment en retrait face à une concurrence des plus relevées.
Si certains n’hésitent pas à qualifier de très mauvais les débuts en compétition des McLaren, nous ne serons pas aussi affirmatifs. Certes les MP4-12C sont encore en retrait par rapport à la concurrence mais le constructeur britannique fait partie de ceux qui débutent réellement en GT3. Porsche et Ferrari ont l’expérience, Audi compte plusieurs saisons à son actif, tout comme BMW, et Nissan a fait rouler une GT-R GT1. Il faut laisser du temps au temps même si cette première année s’annonce quelque peu compliquée. Les équipes et les pilotes ont bien senti que le potentiel était bien là, alors il ne reste plus qu’à mettre le doigt sur le problème sachant qu’il n’est pas dans les habitudes de McLaren de rester inactif et surtout pas en queue de peloton…
Laurent Mercier