FIA GT Series

Stéphane Ratel : "Réunir 10 teams de 10 nationalités!"

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« Le monde du sport automobile n’est plus seulement en Europe ». Tels étaient les propos de Stéphane Ratel lors de notre entretien lundi dernier à Nogaro. Nous avons revu le Président de SRO pour développer un peu plus sa vision de l’avenir. Avec une équipe roulant sous bannière chinoise et une sous bannière russe, le Championnat du Monde GT1 fait la part belle aux pays émergents. Stéphane Ratel revient tout d’abord sur sa passion de la Russie : « J’adore ce pays depuis longtemps. Nous avons sept pilotes russes sur le meeting de Nogaro. C’est le marché le plus vierge avec l’Inde. On y construit des circuits et nous avons fait tout mis en place pour être là-bas les premiers. C’est d’ailleurs ce que nous avons appliqué à Zhuhai et Dubai dans le passé. Il était prévu initialement d’aller rouler à Domodedovo mais le projet a capoté. Il y a ensuite eu Smolensk mais ils ont renoncé. Nous savons que le processus est lent. Nous sommes allés rouler à plusieurs reprises en Chine et il n’y a pas eu de retombées. Avoir une équipe qui porte le nom de Exim Bank Team China a tout changé. Le meeting a fait la première page du China Daily, ce qui n’est pas rien. On souhaite faire la même chose avec la Russie. Le sport automobile n’est pas encore très développé dans le pays même s’il y a de bons pilotes. Tout a débuté avec Alexey Vasiliev puis Roman Rusinov. Il y a eu ensuite Vitaly Petrov, Mikhail Aleshin et Sergei Afanasiev. Aleshin devait d’ailleurs rouler en World GT1 mais le changement tardif du calendrier ne lui permettait plus d’être présent du fait de quatre clashs avec la World Series by Renault. Tout est fait pour que la promotion du meeting russe soit parfaite. L’idée est d’avoir un vrai team russe. N’oublions pas non plus Natalia Freidina qui roule en FIA-GT3. Elle a une vraie passion pour le sport automobile et va progresser petit à petit. »

 

Les deux Aston Martin DBRS9 (avant l’arrivée de V12 Vantage) présentes en World GT1 sont soutenues par Prodrive et la structure LMP Motorsport vue l’an dernier en FIA-GT3 et en GT Tour : « A l’origine, Young Driver AMR devait faire rouler les autos. C’était le deal de départ. Nous avons beaucoup travaillé avec Leo Machitsky qui connaît parfaitement la Russie pour monter le projet. Avec Young Driver, l’accord était verbal et au dernier moment cela n’a pu se faire. Ce fut alors la panique à bord ! Le seul autre team à ma connaissance qui pouvait aligner deux DBRS9 était LMP Motorsport. Ils ont dit oui puis Prodrive est venu se greffer à cet engagement. Tout est parfait sur le papier et il reste maintenant à concrétiser sur la piste. Les autos sont encore un peu loin mais j’espère que cela va changer. Ce n’est pas un problème de pneumatiques car ce ne sont plus les mêmes gommes Pirelli que celles utilisées il y a trois ans. » Le team a l’appellation Valmon Racing Team Russia : « Nous espérons trouver un sponsor titre pour l’équipe, comme nous l’avons fait pour Exim Bank Team China. Il y a déjà des partenaires comme Lukoil et l’équivalent de la SNCF en Russie. C’est un peu la même chose que l’on souhaite mettre en place avec les Ford GT. On espère d’ailleurs avoir un pilote Indien dans le baquet en cours de saison. »

 

Chacun sait que Stéphane Ratel n’est jamais en manque de projets et on connaît déjà le prochain : « L’idée est de réunir dix teams représentant dix nationalités. Tout le monde a rigolé devant l’A1 GP et ses nationalités. C’est pour moi la prochaine étape avec dix drapeaux différents. Si l’on y regarde de plus près nous n’en sommes pas loin et rien n’empêche à un team allemand de trouver un partenaire quelconque et rouler sous une autre nationalité. »

 

Au fil des ans, la catégorie GT3 s’est imposée comme celle où il faut être : « Je me souviens encore de certains promoteurs qui disaient que le GT3 était une ineptie, que ce n’était pas des voitures de courses, pas du sport, blah, blah, blah… Pourtant la clarté est là. Il faut quelque chose de simple. Les nouveaux prototypes en Grand-Am sont dans cette philosophie. Je le redis, il faut un Championnat du Monde prototypes et un Championnat du Monde GT, plutôt que d’avoir des plateaux moribonds. Regardons ce qui se faisait du temps des Group C. Il n’y avait pas de GT derrière et c’était très beau. Il ne faut pas diviser les œufs. Comme on le dit à Nogaro « chacun son métier et les vaches seront bien gardées. » »

 

Avec l’annulation du meeting argentin, le Championnat du Monde GT1 ne foulera donc que deux continents, à savoir l’Europe et l’Asie : « Cela n’a pas été un problème avec la FIA que d’avoir deux continents et non trois. La Fédération a bien compris que cette annulation était tardive et pas de notre fait. Ne pas aller à San Luis est une énorme déception. Lors de ma première visite il y avait un chemin à ânes. Tout a été refait et c’est un endroit magnifique. Malheureusement, ils ont préféré le cyclisme au sport automobile et je le regrette. Nous retournerons de toute façon en Amérique du Sud en 2013. Il faudra une saison plus longue pour éviter les problèmes de logistique. En attendant nous faisons débuter un Chinois dans le championnat. C’est pour nous une vraie satisfaction. La Chine compte beaucoup de circuits mais pas de pilotes locaux et Ren Wei est le premier. C’est historique. Je vais me répéter mais il y a trop de sport automobile en Europe. Il faut en garder mais aller aussi ailleurs. La Formule 1 a une vraie base historique en Europe, ce qui n’est pas le cas du GT. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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