Double champion FIA-GT (2007/2008), Toni Vilander est passé cette saison en Le Mans Series, tout en effectuant des piges en American Le Mans Series. Si en Europe il pilote une Ferrari F430 pour le compte de AF Corse, outre-atlantique il roule pour Risi Competizione. Dès les premiers essais, la F430 s’est de suite montrée en tête, ce qui conforte le Finlandais pour la course : « Les essais libres se sont bien passés et nous avons réglé l’auto sur de longs runs. Malheureusement, de nombreux drapeaux rouges sont venus émailler les sessions. C’est souvent le cas dans les courses américaines. Une chose est sûre, je suis ravi de piloter ici pour Risi Competizione car d’une part le niveau de la catégorie est relevée et l’équipe est professionnelle. Nous partirons demain en première ligne. » Avec un tracé tortueux, le trafic sera une clé importante en course : « Il est clair que le trafic pose problème et il faut regarder vers l’avant aussi souvent que dans les rétroviseurs. Il faut être très vigilant sur les trajectoires car quand tu vois arriver derrière une Peugeot ou une Audi, il vaut mieux savoir où elle va te passer. La concentration doit être optimale à chaque seconde. Pour les GTC, c’est un peu l’inverse car c’est nous qui devons les dépasser. En ligne droite, le différentiel de vitesse n’est pas flagrant. Il y a quelques bons pilotes comme par exemple Jeoren Bleekemolen mais les autres sont des gentlemen drivers. Le niveau des pilotes est différent et on ne sait pas qui est au volant. Ce n’est pas toujours évident pour les pilotes de GT2 qui sont toujours en quelques dixièmes. »
Les courses à l’américaine n’ont pas grand chose à voir avec l’Europe : « Ici, il faut se jouer des safety-car et ton avance peut être réduite à néant en peu de temps. En Europe, lorsque tu es en tête après trois heures de course, c’est un peu plus facile à gérer. Les stratégies de course sont totalement différentes. C’est la même chose pour l’atmosphère où tout est ouvert aux Etats-Unis. La communion avec les pilotes et les équipes est totale et c’est plus relax. »
« Les circuits sont aussi bien particuliers avec des murs à quelques centimètres de la trajectoire. C’est sensiblement la même chose sur tous les circuits de l’année. Personnellement, j’aime bien car cela rajoute un peu plus de piment. C’est certain que c’est moins aseptisé qu’en Europe où tout est taillé pour la Formule 1. Ici, c’est « old school » (rires) ».
La saison Le Mans Series étant terminée, Toni nous dresse le bilan de son année passée en compagnie de Giancarlo Fisichella et Jean Alesi : « On ne savait pas trop où nous allions car AF Corse avait plutôt l’habitude des courses de deux heures avec le FIA-GT. Lorsque j’ai su que j’avais roulé avec deux anciens pilotes de F1, j’ai pensé qu’ils allaient plutôt jouer la carte personnelle, vu leur passé en monoplace. Dès le début, le courant est bien passé entre nous et mes doutes se sont vite envolés pour laisser place à une belle complicité. Ils sont tous les deux très professionnels et nous n’avons connu aucun problème de cohabitation. Nous avons partagé toutes les informations durant la saison et il n’y a jamais eu le moindre secret entre nous. »
En juin dernier, le trio prenait part aux 24 Heures du Mans, sanctionnée par une 4ème place : « L’objectif était de monter sur le podium mais nous avons été handicapé par un problème mécanique qui nous a coûté ce fameux podium. C’est dommage car notre auto était rapide et nous pouvions envisager un bon résultat. Cette course est totalement différente de tout ce que l’on peut connaître ailleurs. Il n’y a rien de mieux et je compte bien y participer de nouveau l’an prochain. »
Avec l’arrivée de la Ferrari F458 Italia GT2, Toni compte bien rester dans le giron Ferrari la saison prochaine : « Je suis maintenant chez Ferrari depuis quatre ou cinq ans et je m’y sens bien. Je connais tout le monde et j’espère bien poursuivre avec le constructeur italien. Dans quelle série, je ne sais pas encore… Tout ce que je sais, c’est que je dois piloter l’auto sous peu. Je souhaite faire un championnat complet pour me battre pour le titre. En Le Mans Series, nous sommes montés en puissance au fil des courses, mais il faut être fin prêt dès le début et bien affûté pour viser pleinement le titre. Si nous devions débuter la saison maintenant, l’équipage serait encore plus fort. Ce que je peux dire, c’est que AF Corse aura une auto à Zhuhai pour la dernière manche de l’Intercontinental Le Mans Cup et j’espère bien faire partie de l’aventure chinoise. L’annonce de l’équipage sera faite sous peu. »
Propos recueillis par Laurent Mercier