Avant de partir pour Zhuhai disputer la dernière manche de l’Intercontinental Le Mans Cup sur une Audi R8 United Autosports, Henri Richard est à pied d’œuvre ce week-end dans la série américaine Le Mans, au volant de la Porsche 911 GT3 Cup The Racer’s Group (Silicon Tech Racing) en compagnie de Andy Lally et Duncan Ende. Le Franco-américain pouvait jouer le titre cette année mais un mauvais meeting à Sebring a quelque peu anéanti tout espoir de titre, et ce dès le premier meeting. En 2011, l’objectif est de participer à nouveau au championnat ALMS, avant de nourrir des ambitions plus relevées comme les 24 Heures du Mans et une saison complète en ILMC.
Laurent Mercier : Henri, quel est le bilan de cette saison américaine ?
« C’est pour moi une saison intéressante car c’est ma première année en ALMS. Nous avons malheureusement connu pas mal de malchance dès les 12 Heures de Sebring avec un problème d’amortisseur arrière, qui nous a coûté pas mal de temps, alors que la victoire était à notre portée. Avec ce coup du sort, nous avons débuté le championnat avec un certain passif au niveau des points. Au gré des courses, nous avons retrouvé les premières places et nous avons même pointé en tête au championnat à un moment. Pour ma part, je savais que je ne pouvais pas jouer le titre, à titre personnel car mes obligations professionnelles m’ont fait manquer Road America. »
Quelles sont les ambitions de l’équipe ce week-end ?
« Nous avons deux objectifs : le premier est de terminer la saison dans le tiercé de tête et le seconde de remporter la course. Pour l’équipe, cela a plutôt pas mal débuté avec le meilleur temps dans les deux premières séances. C’est prometteur pour le week-end. J’aime beaucoup ce tracé de Road Atlanta. Je le connais pour y avoir roulé en Ferrari Challenge il y a quelques années. J’ai découvert quasiment tous les circuits cette année, excepté Laguna Seca. En course, il faudra faire attention au trafic car il y a beaucoup de voitures. Le législateur a modifié les restricteurs des GTC, ce qui fait que les LMPC et GT2 ont un peu de mal à nous passer. En ligne droite, les différences de vitesses ne sont pas flagrantes. La catégorie est relevée et les pilotes sont compétitifs. Personne ne s’est plaint du comportement des pilotes de GTC. »
L’idée de mettre les GTC avec les autres catégories est donc bonne ?
« Oui et je pousse pour que l’IMSA donne plus d’opportunités aux GTC. Je pense que cette catégorie permet de lancer de jeunes pilotes dans le bain de l’endurance. C’est un tremplin et j’espère que ce sera de plus en plus le cas à l’avenir. Il faudrait maintenant que la catégorie s’ouvre à d’autres GT3. Porsche souhaite avoir de la concurrence et je pense que ce sera le cas à court terme. Des discussions sont en cours. »
Place ensuite à l’ILMC pour une dernière course en 2010…
« Oui et je vais découvrir l’Audi R8 et le circuit de Zhuhai en même temps. Personnellement, j’aimerais bien que la série s’ouvre plus aux GT3 et que le meeting de Zhuhai ne soit pas un simple one shot. L’ACO est assez imprédictible au niveau des règlements. Pour faire un programme sur le long terme, il faut de la stabilité et de la visibilité. L’idéal pour moi est de poursuivre l’an prochain en ALMS pour jouer le titre et de rouler en 2012 aussi bien en ILMC qu’aux 24 Heures du Mans. Avec quelle auto, je ne sais pas encore. Le tout est de trouver les budgets. Il est vrai que le GT2 pourrait être une possibilité. Nous regardons aussi ce qui se fait en LMPC car nous savons que les FLM ORECA sont de bonnes autos et que rouler en ALMS avec ce type d’autos est aussi enviseagables pour l’équipe. »
Donc de nouveau priorité à l’ALMS en 2011 ?
« En 2011, je compte bien prendre part à de belles épreuves, telles les 12 Heures de Sebring, Petit Le Mans, 24 Heures de Spa, 24 Heures de Daytona et 24 Heures du Nürburgring. J’aime Le Mans mais je pense que ce ne sera pas avant 2012. Le but est d’engager l’an prochain deux autos en ALMS sous la bannière Silicon Tech Racing, via TRG. L’objectif sera clair : le titre !”
“Tout le monde tient compte de la situation financière qui n’est pas très florissante et il faut essayer d’avoir des autos qui peuvent rouler dans plusieurs catégories. L’ALMS et le Grand-Am se sont déjà mis d’accord pour que les autos puissent rouler dans les deux séries sans grandes modifications. Il faudrait un standard ILMC, GT3, GTC, GT. Ici, les Cup sont très compétitives et cela ne sert à rien de forcer les dépenses. En ALMS, les retombées sont bonnes, ce qui n’est pas forcément le cas en Europe. Les quatre catégories sont bien mises en valeur et le marketing de la série est bien développé. Pour en revenir à la saison 2011, il est possible que je dispute les 24 Heures de Daytona sur une Daytona Prototype, ce qui serait pour moi une première. »
Propos recueillis par Laurent Mercier