A l’occasion de la quatrième manche des Le Mans Series, une délégation de l’Automobile Club de l’Ouest était présente dans le paddock du Hungaroring. Déjà à Portimao le mois dernier, Vincent Beaumesnil et Rémy Brouard étaient accompagnés de Jean-Claude Plassart. Les trois hommes ont multiplié les rencontres et, entre deux rendez-vous, le Président de l’ACO a accepté de nous rencontrer pour faire le point sur l’Intercontinental Le Mans Cup.
Président, comment se présente l’Intercontinental Le Mans Cup dont le lancement sera donné prochainement à Silverstone ?
« Ce premier round se présente bien. Il ne faut pas oublier que c’est le démarrage de l’ILMC avec trois manches. C’est en quelque sorte un « rodage » avant 2010. Nous ne sommes pas dans la formule finale, mais tout le monde semble content. Nous allons sur trois continents, en Amérique et en Europe, où les séries sont déjà bien installées, ainsi qu’en Asie, où on démarre. A titre d’exemple, c’est important de se rendre en Chine, le premier marché automobile mondial, pour la première fois.
« Cette Intercontinental Le Mans Cup, c’est une idée que l’on a partagée avec les grands constructeurs et avec les teams. C’était dommage de courir sur plusieurs continents et de ne jamais avoir de liens entre eux. Désormais, nous aurons un fil rouge tout au long de l’année. C’est très important d’un point de vue marketing. Nous irons sur des marchés importants avec une idée forte. »
Combien de voitures sont espérées à Silverstone, Petit Le Mans et Zhuhai ?
« Le nombre est assez différent selon les épreuves. Il y aura logiquement plus de monde à Silverstone et Petit Le Mans, où nous attendons entre 47 et 50 voitures. A Zhuhai, nous aurons environ 25 à 28 concurrents. Encore une fois, c’est un lancement avant 2011. D’une manière générale, nous irons plus loin l’an prochain. »
A propos de la saison prochaine, les 24 Heures du Mans seront intégrées à l’ILMC. Le team qui dépose un engagement en ILMC aura-t-il forcément une invitation aux 24 Heures du Mans ?
« A l’avenir, nous devrons effectivement revoir notre mode de sélection et d’invitation aux 24 Heures du Mans en fonction de l’ILMC, mais également nous reposer la question sur l’ensemble des compétitions labélisées Le Mans. Quoiqu’il arrive, le comité de sélection de l’ACO conservera son « droit d’invitation » , concernant notamment les voitures expérimentant de nouvelles technologies sur le circuit de la Sarthe , mais aussi des concurrents sérieux venant de nouveaux pays , de nouveaux continents et, bien évidemment, nous restons ouverts à de nouvelles marques représentées officiellement. »
N’y a-t-il pas un risque de voir un team s’engager à l’année en Intercontinental Le Mans Cup pour obtenir un engagement aux 24 Heures du Mans et ensuite, le voir snober les courses post-Le Mans ? Comment pouvez-vous éviter cela ?
« Pour nous, l’ILMC se fait du début à la fin ou ne se fait pas ! Le fait de voir des teams prendre l’habitude d’arrêter de courir après les 24 Heures du Mans ne nous plaît pas beaucoup. »
Vous voulez dire que vous saurez vous en souvenir ?
« On peut dire ça en effet. Nous prendrons des dispositions pour éviter cela en 2011. »
Le budget nécessaire pour faire l’ILMC est important. L’ACO va-t-il prendre en charge une partie des frais de déplacement, à l’instar de ce que fait le Championnat du Monde GT1 ?
« Nous sommes à l’écoute des équipes. Nous étudions sérieusement cet aspect importantpour les teams candidats aux sept courses de ILMC en 2011, sachant que la participation à l’ensemble des courses ILMC sera incontournable, particulièrement après les 24 Heures du Mans. »
L’aspect médiatique est l’un des points les plus importants. Quel est le dispositif prévu ?
« Quand je suis arrivé à l’ACO, j’ai dit qu’il y avait un déficit à ce niveau, notamment sur les grandes chaînes TV. Nous avons progressé, mais nous ne sommes pas encore au bout. Tout le monde travaille sur le sujet dans les équipes aux 24H, en ILMC, en ALMS, en LMS. Nous avons changé de prestataire fin 2009.
« Les constructeurs et nos partenaires nous aident aussi sur ce point, nous avons des objectifs communs « pour une meilleure visibilité » C’est l’une des clés du succès, On discute ensemble. (Rémy Brouard, Directeur Général de l’ACO, nous a confirmé que des discussions étaient menées à ce sujet, certains contrats TV arrivant à échéance, ndlr.)
« Notre investissement sur la production est important par exemple ici en Le Mans Séries et nous allons maintenir l’effort pour la retransmission en direct, mais il ne faut pas oublier les formats magazines, de 26 minutes et 52 minutes. Comme les teams, On veut en tout cas plus de diffusion. »
A propos des Le Mans Series, Autosport expliquait que Patrick Peter pourrait ne plus vouloir des Usines. Qu’en pensez-vous ?
« Je n’ai pas bien compris l’interprétation qui a été faite de ces propos. Je ne vois pas comment on pourrait se passer des grands constructeurs en Le Mans Séries. On ne peut pas fermer ces portes là… Et ce sont les constructeurs qui choisissent leurs programmes. Les Le Mans Séries doivent permettre aux teams privés comme aux constructeurs de rouler dans les principaux pays du « marché Européen » et ainsi de recevoir des invités sur des grands circuits . Il ne faut pas l’oublier : c’est l’une des idées fondatrices. »
Dans le paddock, on entend beaucoup parler d’un retour aux sources en 2011…
« Nous allons effectivement revenir aux fondamentaux des Le Mans Séries, à savoir courir sur des circuits de l’endurance. L’animation et la promotion des événements restent incontournables. Nous allons essayer de revenir à du plus « classique », à des course plus populaires. »
Propos recueillis par Anthony Megevand


