Après deux ans sous la bannière du Saulnier Racing, OAK Racing a pris racine en Endurance. Enchaînant les podiums aux 24 Heures du Mans et en Le Mans Series, le team nivernais s’affirme comme une force solide du LMP2. Les 1000km du Hungaroring en sont la meilleure preuve, avec une troisième place au classement général pour la Pescarolo-Judd du tandem Lahaye/Nicolet. Et les « Roses » sont bien décidés à poursuivre leur montée en puissance, en 2010 comme en 2011. Entretien riche en informations avec Jacques Nicolet…
Jacques, tout d’abord bravo pour ce beau podium à Budapest !
« La course avait mal commencé avec la poussette de Ebbesvik sur Matthieu. Après le passage au stand, il a fait une remontée de toute beauté, sans faire de faute. C’était vraiment superbe ! Après, je devais simplement essayer d’être à la hauteur, toute proportion gardée. Physiquement, c’était vraiment dur. On a pu obtenir ce podium, en plus d’une victoire au Michelin Green X Challenge. Cela récompense aussi la bonne stratégie de l’équipe au niveau de la consommation. C’est un bon coup de boost avant Silverstone. »
Finalement, vous garderez donc un bon souvenir du Hungaroring ?
« J’avoue que je m’y suis rendu un peu à reculons. Finalement, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Ça ne s’est pas trop mal passé dans le trafic : globalement, tout le monde a joué le jeu. Et cette troisième position au général… Je ne sais pas si nous aurons prochainement l’opportunité de décrocher un tel résultat. Peut être l’an prochain ? Je suis simplement déçu que l’autre voiture du team ait connu des difficultés. »
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Place désormais à l’Intercontinental Le Mans Cup qui débute à Silverstone…
« Effectivement. Après la finale des Le Mans Series, nous irons à Petit Le Mans avec deux voitures. L’engagement se fera avec la Pescarolo, en LMP2. Nous irons ensuite à Zhuhai, mais vraisemblablement avec une seule auto. Envoyer deux protos en Chine, ce serait très compliqué au niveau logistique. Et nous avons, de plus, des essais de développement déjà programmés. »
Les équipages sont-ils déjà finalisés ?
« Non, c’est en cours de discussion. Je sais simplement que je serai de la partie (sourire) ! »
Evoquons un peu 2011. Lola a présenté ses LMP2, ORECA est intéressé et on prête les mêmes intentions à OAK Racing. Qu’en est-il exactement ?
« Nous allons construire une LMP2 pour la nouvelle réglementation. La voiture sera basée sur la Pescarolo actuelle : le bureau d’études planche sur les évolutions à apporter. Quant à la motorisation, comme ce proto sera disponible à la clientèle, nous l’adapterons au moteur choisi par le client. Cela nécessite une organisation en conséquence, sur laquelle nous sommes en train de travailler.
« L’esprit du LMP2-2011 est clair et nous croyons à cet esprit « low cost ». Nous voulons jouer le jeu à fond. Le niveau de performance des protos sera nivelé, le concept se doit d’être réellement économique. »
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Toujours concernant la saison prochaine, des rumeurs avaient circulées plus tôt dans la saison autour d’un rapprochement entre Pescarolo Sport et Renault. Récemment, les bruits du paddock font état d’un partenariat entre OAK et Renault…
« C’est une excellente nouvelle (rire) ! J’en accepte l’augure et je dois dire que j’apprécie leur travail. Avec la signature de Jan Charouz pour Le Mans, j’ai découvert Eric Boullier. Si il y a une possibilité, cela m’intéresse, mais en toute franchise, je ne suis au courant de rien. Pour l’instant, nous sommes avec Judd. Nous avons d’ailleurs une réunion programmée bientôt pour voir ce que nous pouvons faire ensemble l’an prochain. »
Comment avance l’étude de la Pescarolo LMP1-2011 ?
« L’étude a officiellement débuté le 9 août avec l’intégration de quatre recrues au sein du bureau d’études. Ces ingénieurs ont tous une grande expérience des Protos et certains sont en provenance du bureau d’études de Pescarolo Sport. Le bureau est installé à Magny-Cours, avec tous les outils nécessaires. Parallèlement au projet LMP2-2011, la priorité est d’adapter la Pescarolo actuelle à la réglementation LMP1-2011. L’auto a fait ses preuves, à la fois en fiabilité et en performance. Nous allons travailler sur différents points, tels que les trains roulants et l’aéro. Nous en alignerons au moins une en Intercontinental Le Mans Cup la saison prochaine. »
Précédemment, vous évoquiez l’organisation du OAK Racing. Vous êtes actuellement installés à Magny-Cours, mais vous pourriez avoir une seconde base…
« En effet. Nous allons nous installer au Technoparc du Mans. Nous conservons une base à Magny-Cours. L’avantage d’être au Mans est clair : les 24 Heures sont un élément majeur de notre programme et être sur les lieux serait un atout très important. Même personnellement, en étant à moins d’une heure en train, je pourrais être beaucoup plus proche du team. »
Avec une participation à l’Intercontinental Le Mans Cup et la construction d’une LMP2 parallèlement au passage en LMP1 pour 2011, il est peu dire que OAK Racing va vivre une fin de saison chargée. Mais il est aussi très clair que l’équipe se donne les moyens de ses ambitions. Histoire de franchir encore un palier au cours des prochains mois…
Anthony Megevand



