Dans le cadre de son cycle périodique de Conférences, « La Voix aux Calandres », le Musée des 24 Heures – Circuit de la Sarthe, le thème de la soirée du jeudi 24 septembre était : « Courir sans pétrole, les énergies (nouvelles).
Autour de Bruno Vandestick, le speaker des 24 Heures du Mans, animateur de la soirée avec Francis Piquera, le Responsable des Collections du Musée, trois invités apportaient leur éclairage sur le sujet et faisaient part de leur expérience :
Marc-Antoine Colin, historien automobile et enseignant.
Sylvain Heté, de Toyota France (il a été major de la promotion de l’ESCRA –Ecole Supérieure du Commerce et de la Réparation Automobile, qui récompense chaque année aux 24 Heures la meilleure assistance technique- en 1994)
Nicolas Houllard, de Renault Constructeur.
Cette conférence, qui faisait une part belle à l’électrique et aux énergies nouvelles, était articulée autour de quatre grands thèmes :
I) Electricité, production, transport et stockage
II) Les voitures électriques et hybrides, évolution
III) Le rôle de la compétition, pour quels résultats ?
IV) Quel développement technique choisir aujourd’hui ?
Marc-Antoine Colin a évoqué de manière détaillée les débuts de l’électricité en matière de propulsion automobile et chacun a pu constater que l’intérêt pour le mode électrique ne date pas des années récentes -alors que sa remise au goût du jour doit beaucoup au risque de pénurie pétrole et aux considérations environnementales liées à la pollution- mais que des voitures ‘’ électriques’’ roulaient déjà à la fin du XIXème siècle(!) et qu’elles participaient même à des compétitions, avec des performances plus que respectables.
Marc-Antoine Colin s’est appuyé sur les travaux (50 ans d’automobile – la voiture électrique-) d’un expert en la matière, Jean-Albert Grégoire, constructeur , inventeur et pilote (4 participations aux 24 Heures du Mans entre 1927 et 1930 dont une 7ème place en 1927), sur ses propres voitures, des Tracta à traction avant.
Il a donc présenté les différents moyens de production et de stockage de l’électricité. Plutôt que vous en exposer les différents modes, il est préférable sous peine d’être fastidieux et de commettre des erreurs de vous référer aux tableaux que vous trouverez ici , tableaux présentés et commentés lors de a conférence par Francis Piquera et Marc-Antoine Colin, avec les interventions de Sylvain Heté et Nicolas Houllard.
Les intervenants ont commenté les débuts des voitures électriques en compétition comme celles de Charles Jeantaud, ces mêmes voitures électriques battant des records de vitesse, telle la célèbre « Jamais Contente » de Camille Jenatzy qui dépassait les 100 Kmh, d’autonomie –la C.G.E. de J.A. Grégoire, conservée au Musée des 24 Heures (photo de une). On a même appris qu’une certain Ferdinand Porsche, au début du XXème siècle construisait des voitures électriques, puis une voiture…hybride !
L’intérêt pour les voitures électriques s’était amenuisé, en grande partie en raison du coût des voitures, avec également une grande pression du lobby pétrolier qui, notamment aux USA, qui s’opposait au développement de ce mode de propulsion.
La crise pétrolière –comme toutes les autres crises- a relancé l’intérêt pour l’électrique et les grands constructeurs ont commencé à produire des voitures électriques ou hybrides, ces dernières faisant appel à plusieurs solutions technologiques.
Dans ce domaine, la compétition automobile est le champ d’expérimentation idéal et les 24 Heures du Mans en sont un exemple frappant, le règlement actuel du LMP1 imposant une allocation d’énergie par tour, ce qui a amené les constructeurs à trouver le système leur semblant le plus efficace, règlement ayant par ailleurs fait très sensiblement diminuer la consommation en carburant.
Cette année, Porsche, Audi et Toyota utilisaient des solutions différentes, Porsche obtenant le meilleur niveau de rendement, ce qui correspond au résultat des 24 Heures 2015.
On peut également bien sûr le Championnat FIA de Formule E, avec des monoplaces propulsées par un moteur électrique.
Pour l’heure, le marché de l’électrique et de l’hybride reste très minoritaire, mais qu’en sera-t-il demain ? Et si… ?
Les illustrations de ce propos sont là






