L’arrivée de Matthias Müller à la tête de Volkswagen AG doit permettre d’éteindre le Volkswagate suite au cataclysme de la semaine passée. Le Board n’a pas tardé à débarquer Martin Winterkorn et d’autres membres influents du constructeur allemand sans que l’identité de toutes les personnes mises à pied ne soient divulguées. Le « Das Auto » si cher à Volkswagen s’est transformé en « Das Katastrophe ».
A 62 ans, Matthias Müller se disait trop vieux pour prendre en charge l’un des fleurons de l’automobile mondiale mais le temps presse pour redresser la barre. « Ma tâche la plus urgente est que Volkswagen Group regagne la confiance de tout le monde » a déclaré le nouvel homme fort du constructeur allemand. « Il ne faudra rien laisser de côté avec un maximum de transparence en tirant des conclusions de la situation actuelle. Sous ma direction, Volkswagen va faire tout son possible pour développer et mettre en œuvre les normes de conformité les plus strictes dans notre industrie. Si nous parvenons à cela avec la force d’innovation qu’est Volkswagen, nous avons la possibilité de sortir de cette crise encore plus fort qu’avant. » Matthias Müller est présent régulièrement dans le stand Porsche Team sur les manches FIA WEC, ce passionné de GT étant réputé pour être quelqu’un d’ouvert et de cool. Avant de se faire lui-même éjecté par Winterkorn, Ferdinand Piëch voyait déjà en Matthias Müller son possible successeur. On aimerait d’ailleurs bien connaître le sentiment de Ferdinand Piëch sur toute cette affaire. Müller restera à la tête de Porsche jusqu’à ce qu’un successeur lui soit trouvé. Son contrat chez Volkswagen court jusqu’à fin février 2020.
Pourtant, Martin Winterkorn a été l’homme du x2 depuis son arrivée chez Volkswagen Group en termes de ventes et de salariés. Malgré une baisse des ventes de 4,81% de janvier à août 2015, Volkswagen a vendu 3,84 millions de véhicules dans cette même période. Mais l’action a perdu 35% en deux jours. Selon le constructeur allemand, onze millions de véhicules dans le monde seraient affectés par le logiciel indélicat, dont cinq millions de Volkswagen Golf 6, Passat 7 et Tiguan 1. Le message « Volkswagen ne tolère aucune forme de violation des lois » a pris du plomb dans l’aile.
Porsche SE (holding distincte du constructeur) vient tout juste de conclure un accord avec Suzuki Motor Corporation pour acquérir 1,5% des actions ordinaires de Volkswagen AG, soit plus de 4 millions d’actions. Les parties concernées ont convenu de ne pas divulguer le prix d’achat. La participation de Porsche SE dans le capital-actions de Volkswagen passe ainsi à 52,2%. Porsche SE a tenu à souligner son engagement fort dans son investissement au sein de la marque de Wolfsburg.
Des soucis pour les programmes sportifs ?
Selon nos informations, les programmes sportifs du groupe coûteraient plus de 500 millions d’euros, ce qui reste une goutte d’eau dans la mare. Quand on sait que Volkswagen a déjà approvisionné 6,5 milliards d’euros pour faire face au scandale, on ne s’attend pas à un blocus total des activités sportives des différentes marques. A l’heure actuelle, les soucis de Volkswagen sont multiples, mais l’objectif principal est bien de regagner la confiance des clients. En revanche, on pourrait bien patienter avant d’entendre à nouveau parler de l’arrivée d’Audi en F1. Le montant de l’amende à payer est théoriquement de 16 milliards d’euros, à raison de 33 000 euros par véhicule vendu sur le sol américain. Rappelons que l’ONG International Council for Clean Transportation est à l’origine du scandale.
Wolfgang Hatz (Porsche) et Ulrich Hackenberg (Audi) seraient débarqués selon la presse allemande. Les débuts en compétition de Wolfgang Hatz remontent à 1983 où il prend en charge le projet moteur BMW M3 chez BMW Motorsport avant de rejoindre Porsche AG en 1989 avec le programme Formule 1. Il dirige ensuite Opel Motorsport avant de passer chez Audi AG au début des années 2000 pour prendre la direction de la partie groupe motopropulseur. Ces dernières années, il cumule deux fonctions avec la gestion du secteur groupe motopropulseur chez Volkswagen Group et membre du Board R&D chez Porsche AG. Ulrich Hackenberg a un cursus nettement moins axé sport automobile que son homologue, même si on le retrouve à différentes occasions dans le box Audi Sport. Depuis 2013, Hackenberg est responsable du développement technique dans tout le groupe Volkswagen.
Porsche a annoncé dans la foulée de son 17ème succès aux 24 Heures du Mans que la marque poursuivrait en LM P1 jusqu’à fin 2018 en mettant en avant la synergie mise en place entre la piste et la route. Pour Audi, la question à se poser est de savoir quelle décision sera prise sur le long terme.
Une nouvelle structure…
Le Conseil de Surveillance de Volkswagen AG a approuvé hier la mise en place d’une nouvelle structure de gestion des différentes marques du groupe. Les outils modulaires seront mis en avant au sein des différentes marques avec Porsche qui est accolé à Bentley et Bugatti. Ces outils comporteront des composants techniques normalisés pour chaque segment (volume, premium, sport, véhicules commerciaux). Un département spécifique sera mis en place sous la gouvernance appuyée du PDG du groupe.
Alors que Volkswagen traverse une grave crise “polluante” révélée aux Etats-Unis, le Pape François roule en Fiat 500 sur le sol américain encadré par une escouade de gros 4×4 qui polluent, mais en toute légalité…

