Alors que cette semaine, le mardi 13 juillet exactement, le Tribunal de Commerce du Mans, a placé Pescarolo Sport en liquidation judiciaire, Henri Pescarolo nous accordé aujourd’hui un entretien pour faire le point.
Henri, que signifie cette liquidation judiciaire, notamment pour le personnel de Pescarolo Sport?
“C’est très clair. Pesacrolo Sport n’existe plus. A partit du 31 juillet prochain, tout le personnel de Pescarolo Sport est au chômage…C’est la fermeture de la société.”
Cela concerne également Claude Gallopin et Christophe Tinseau?
“Claude, oui. Christophe, c’est différent, il y a d’autres soucis pour lui, mais il n’était pas salarié de Pescarolo Sport.”
Combien de personnes travaillaient encore chez Pescarolo Sport?”
“Je crois qu’il restait encore 16 personnes. Mais je voudrais revenir en arrière, à l’origine de la situation actuelle qui, je le crois, est une affaire au départ préméditée par Jean Py. Pescarolo Sport, dans un premier temps, a eu besoin d’un soutien financier et s’est associé avec Jacques Nicolet. L’année suivante, Jean Py a racheté la société pour un un Euro symbolique. Il s’était engagé à rétablir les fonds propres, à savoir 800 000 Euros. En fait, il s’avère que ce qui l’intéressait, c’était de pouvoir répondre à l’appel d’offres de l’ACO pour pouvoir construire un prototype, les Pescarolo-école, comme il ne possédait pas de Bureau d’Etudes.
Depuis, tout s’est peu à peu dégradé. Depuis un an, les factures n’étaient plus payées, le passif a été multiplié par deux ou par trois, je crois. Visiblement, le but recherché était le dépôt de bilan…. De plus, je me suis fait licencier de Pescarolo Sport pour des motifs et des accusations invraisemblables…
Le Tribunal de Commerce a un peu pris Jean Py de vitesse en faisant une demande de Redressement Judicaire. Un Administrateur Judiciaire a été désigné afin de trouver un repreneur, repreneur qui devait faire la preuve de sa crédibilité, du sérieux de sa candidature, qui devait reprendre le personnel et être porteur d’un projet. En fait, comme vous le savez, aucun repreneur n’a été trouvé, et sonc nous en sommes arrivés à cette Liquidation Judiciaire.”
Concrètement, que va-t-il se passer maintenant?
“Les actifs de Pescarolo Sport vont être mis en vente, selon une procédure à déterminer.”
Est-ce que ces actifs sont encore importants?
“Non, et c’est bien ce qui est regrettable. Jean Py a vendu ce qui était le plus important : la propriété intellectuelle des Pescarolo, les moules 2009 et l’autorisation de fabrication ont été vendus à Jacques Nicolet.”
“Dans ces actifs, il reste des voitures?”
“Jean Py a réussi à en mettre une au nom de Sora Composites, donc il reste une seule voiture, des caisses à outils, des choses comme ça….”
Vous aviez plusieurs procès avec Jean Py?
“Oui, et ce qui me fait plaisir, ce qui prouve qu’il n’est pas dans le vrai, c’est que je les ai tous gagnés jusqu’à présent : un reféré sur le compte-courant, que j’ai également gagné en appel, un référé sur huit mois d’honoraires qui ne m’avaient pas été versés… Même si je n’ai pas encore tout récupéré, cela me servira toujours à rembourser les dettes.”
Cette semaine; les rumeurs les plus folles ont couru, notamment le vol d’une C52!
“La C52, c’est une histoire vraiment incroyable!! La C52 et les moteurs Peugeot appartiennent à une société que j’avais créée avec Madie. J’en ai toutes les preuves comptables, et un audit de société avait été fait. Comme je n’ai plus de rapport avec Pescarolo Sport et que donc je n’avais plus le droit de laisser cette voiture dans le garage, pour ne pas avoir de problèmes, j’ai demandé au Chef d’Atelier de l’enlever.
Cette semaine, j’ouvre “Le Maine Libre” et je vois en titre : “une C52 volée”. Comme ça ne pouvait être que la mienne, je fonce au commissariat où j’apprends qu’une plainte a été effectivement déposée avec un libellé savoureux “plainte contre X, ce X pouvant être Henri Pescarolo”!!! C’est vous dire jusqu’où ça va. Comme j’étais muni de tous les documents nécessaires, ça a été réglé, mais c’est vraiment de la diffamation…”
Toujours à propos de rumeurs, on a pu lire que vous aviez fait échouer des projets de reprise, notamment de la part de Sébastien Loeb…
“Alors là, je ne sais vraiment pas d’où ça peut sortir…De toutes façons, au stade de la liquidation judiciaire, on ne parle plus de repreneur…Au stade du redressement judiciaire, le seul repreneur dont j’ai été au courant, c’était Gravity. Et Gravity, c’était vraiment un moyen de sortir des difficultés par le haut, ça aurait été une très belle opération. Mais, comme vous le savez, ça ne s’est pas fait.”
Qu’est-ce qui a fait reculer des repreneurs éventuels? Le montant du passif?
“Cela a dû jouer, mais ça aurait pu se faire malgré ça. Jean Py a compliqué les choses et donc ça ne s’est pas concrétisé.”
Est-ce qu’on peut parler d’avenir et espérer vous revoir sur les circuits?
“Ce qui est sûr, c’est que je ne vais pas rester les bras croisés. Jean Py a détruit une société, mais pas une équipe. Pescarolo et son équipe sont indemnes et vont revenir plus forts que jamais.”
J’imagine que le personnel est prêt à repartir avec vous?”
“Bien sûr. De toutes manières, les locaux du Technoparc sont à moi et je compte bien en reprendre possession le plus tôt possible et m’atteler à un nouveau projet.”
Nous remercions vivement Henri Pescarolo et il va dire sans dire que nous vous tiendrons au courant de ses projets dès que nous en aurons la possibilité.
Propos recueillis par Claude Foubert