Après huit semaines de trêve estivale, le Championnat de France FFSA GT reprend ce week-end à Magny-Cours. Pour Benjamin Lariche, cette manche, la 5e de la saison, renfermera incontestablement une saveur particulière, emplie d’émotion.
Le circuit nivernais représente beaucoup pour le pilote de la Porsche/StrategiC n°17. Toute sa famille étant originaire de Nevers, c’est ici qu’est née sa passion pour le sport auto. Les souvenirs restent gravés : « J’avais 4 ans quand mon père m’a emmené pour la première fois à Magny-Cours. Il y avait Ayrton Senna qui roulait. Depuis, j’ai un lien particulier avec ce circuit, que j’ai eu la chance de fréquenter de nombreuses fois par la suite et que j’apprécie particulièrement, avec tous ces virages très différents, rapides pour les uns, plus techniques pour les autres ».
Ce week-end, plusieurs membres de sa famille seront présents dans les tribunes, « ma grand-mère, mes oncles… ». De quoi ajouter un surplus de motivation à Benjamin, qui n’allait de toute façon pas en manquer. Car si cette manche sera si singulière pour l’ancien pilote de Formule Renault et Formule 2, c’est aussi parce qu’il s’agira de la première depuis le décès de Jules Bianchi, le 17 juillet dernier.
« J’ai vécu un été difficile. Cela m’a beaucoup marqué. J’y pense sans cesse. Jules était un ami. On s’était rencontré en 2007 quand on courrait tous les deux en Formule Renault. Cette année-là, il avait d’ailleurs été sacré Champion de France. Cela s’était passé à Magny-Cours ». C’est en partie en souvenir de ce moment – qui avait contribué à lancer la carrière du futur pilote de F1 – que la direction du circuit inaugurera, samedi, pendant le GT Tour, un espace « Jules Bianchi », dans le nouveau bâtiment des stands.
« J’ai demandé à avoir le numéro 17 par rapport à Jules »
L’image de Jules restera constamment présente dans l’esprit de Benjamin ce week-end. Comme elle l’a finalement toujours été depuis le début de saison, avec son numéro s’affichant sur la Porsche StrategiC. « C’est moi qui ait demandé à avoir le n°17, par rapport à Jules. Mes coéquipiers ont tout de suite accepté ». Forcément, les sentiments seront mêlés dans l’esprit du pilote au moment de remonter dans le baquet, ce qu’il n’a plus fait depuis l’étape du Val de Vienne, début juillet, douze jours avant la disparition de Jules Bianchi.
Son envie de se battre, de tout donner, n’en sera elle que décuplée. « Il y a tellement de raisons de tout faire pour que ça marche… ». Alors, Benjamin fera comme d’habitude, ce week-end, il attaquera. « J’ai été formé en monoplace, où la consigne est d’attaquer tout le temps, de se mettre à 110%. Mes coéquipiers sont pareils. On aime bien attaquer, c’est vrai. Sacha (Bottemanne), lui, a un talent naturel pour cela. Nicolas (Misslin), lui, c’est un vrai compétiteur dans l’âme. Il veut gagner à tout », sourit l’intéressé.
Et tant pis si cette verve entraine quelques désagréments. « On a fait quelques erreurs effectivement, qui nous ont coûté des points au championnat. C’est toujours un peu frustrant. Mais, je n’ai pas de regrets car cela nous a permis de tirer beaucoup d’enseignements, d’avancer. Vu d’où l’on venait, avec un programme qui s’est lancé très tard, une première course à Lédenon pour laquelle on a dû louer une voiture, et des pilotes qui avaient très peu d’expérience en GT, dont moi qui n’y avais jamais roulé, il était important d’acquérir de l’expérience. Aujourd’hui, on a énormément progressé, y compris dans l’approche du règlement et du contexte ».
Cela s’est vu de manière spectaculaire lors de la dernière étape au Val de Vienne, avec une victoire pleine de panache dans la course 1. Fort de ce succès, Benjamin aborde en confiance une deuxième partie de saison qu’il espère terminer en boulet de canon. Une manière aussi pour le jeune homme de 28 ans – deux de plus que Jules Bianchi – de rendre un dernier hommage à son ami. « Jules était un phare pour moi. Il m’inspirera toujours ». Sûr que son numéro 17 ne passera pas inaperçu ce week-end.
