« Bonjour tout le monde. Après avoir pris le temps de bien digérer ces 24 Heures du Mans, je reviens vers vous pour ma traditionnelle chronique. Histoire de faire un petit debrief de cette édition 2010 qui restera comme une déception. Avec la Corvette n°64, Olivier Beretta, Oliver Gavin et moi avions en effet la possibilité de faire un grand coup. La course en a malheureusement décidé autrement.
« A vrai dire, jusqu’à la matinée du dimanche, tout allait bien. Nous étions même un peu mieux que ce que l’on imaginait. Nous étions en tête du GT2 après les trois quarts de l’épreuve et nous commencions à « gérer » dans l’optique de la fin de course. C’est à ce moment là qu’il y a eu l’accrochage avec Anthony Davidson, dans le deuxième gauche de l’enchaînement Porsche-Karting. Les protos ont tellement d’appuis que certains pilotes n’imaginent pas qu’il n’y a qu’une trajectoire possible pour une GT dans cette partie. J’ai été surpris que Davidson tente un tel dépassement à un tel endroit. J’ai dû aller à l’extérieur pour qu’il n’y ait pas de contact, sur la partie sale de la piste, et j’ai perdu l’auto. Sur le coup, j’étais bien évidemment très déçu et très en colère puisque, en plus de causer cet accident, il a dit dans tous les médias que ce n’était pas de sa faute. Depuis, il m’a envoyé un mail pour s’excuser. C’est un peu tard, mais bon… J’en ai gros sur la patate comme on dit.
« De manière plus générale, la semaine s’était vraiment bien passée. Il y avait une excellente ambiance dans le team, et tout était parfaitement calé. La Corvette GT2 n’avait jamais roulé au Mans, mais dès les premiers tours, nous avons été dans le coup. Le comportement de l’auto était vraiment très bon. Nous avons travaillé sereinement et ça marchait fort ! Après ces essais positifs, la course a confirmé cette impression. Nous avons notamment eu une bonne bataille avec la Ferrari/Risi. C’était sympa à vivre, mais pour tout vous dire, nous n’étions pas à bloc. Nous en avions un peu sous la pédale et, au volant, je tentais simplement de mettre la pression sur la Ferrari. Quand je voyais le pilote mordre sur les vibreurs comme il le faisait, je me suis dit que ça n’allait pas tenir. Et effectivement, la F430 a dû rentrer pour un problème.
« Nous avons vécu une bonne course jusqu’au fameux incident. Malgré l’ampleur des dégâts, l’équipe a réparé, et ce dans un temps record. Toute la partie arrière, plus l’embrayage, en moins de 25 minutes. Repartir 5e, c’était fort de la part du team. Les gars ont montré qu’ils sont vraiment au top ! Malheureusement, nous n’avons pas pu rejoindre l’arrivée suite à un problème moteur.
« Je fais seulement trois courses avec Corvette cette année et Le Mans avait forcément une importance particulière. La déception est donc à la hauteur des attentes, c’est à dire grande. Je peux vous dire que je suis déjà très motivé pour le Petit Le Mans. Nous avons prouvé que Corvette est bel et bien au plus haut niveau du GT2 et j’espère que nous irons chercher la victoire. D’ici là, j’aimerai disputer les 24 Heures de Spa. J’y travaille. J’ai quelques possibilités et j’espère qu’une d’entre elles aboutira.
« Je termine par un mot pour Romain Dumas, qui a remporté Le Mans. Je suis vraiment très heureux pour lui. Ça fait une paire d’années qu’on était ensemble chez Porsche et ça me fait super plaisir de le voir gagner. Le « petit Romain », il a assuré ! Il a fait ce qu’il sait faire. Comme il a toujours eu l’habitude de le faire. Bravo à lui ! »
Manu Collard