Depuis le dimanche 13 juin à 13h45, heure de l’abandon de la quatrième Peugeot 908 HDi aux 24 Heures du Mans, les explications de la firme au Lion étaient attendues. Elles sont arrivées aujourd’hui dans un communiqué de presse publié par le constructeur français. Peugeot Sport est en effet revenu sur les raisons qui ont poussé ses quatre voitures à rendre les armes lors du dernier double tour d’horloge sarthois. (In English)
Le premier d’entre eux était intervenu de manière précoce, dès la troisième heure de course. Après être rentrée au stand avec une inquiétante fumée à l’avant gauche, la 908 HDi n°3 n’était jamais repartie. « Nous avons identifié un problème de qualité de fabrication de la coque au niveau de la fixation du triangle de suspension inférieur avant droit » explique Bruno Famin. « Cette coque, qui a notamment remporté les 24 Heures du Mans 2009 et les 1000 km de Spa 2010, était – comme tous les châssis 908 – régulièrement contrôlée dans nos ateliers à l’aide de moyens sophistiqués qui nous permettent de détecter des vieillissements ou des endommagements du carbone. C’est ici une malfaçon totalement indétectable qui a provoqué la rupture prématurée et brutale de la fixation. »
Les trois autres Peugeot avaient également abandonné, mais plus tard. Au petit matin, sur les coups de 7h, la n°2 s’était immobilisée en bord de piste, pour le plus grand désarroi de Franck Montagny. Si cela avait pu paraître, dans un premier temps, une perte isolé, les retraits de la n°3, puis de la n°4, avaient logiquement attiré l’attention et il ne faisait guère de doute que la cause était similaire. Les propos de Bruno Famin vont dans ce sens : « Nous avons très rapidement eu la confirmation que les trois avaient souffert du même problème : une bielle cassée, mais sur des cylindres différents. Des investigations approfondies viennent de mettre en lumière que les conditions particulièrement sévères rencontrées au Mans cette année ont généré une surcharge fatale de notre V12. Effectivement, la piste avait globalement beaucoup de grip. Le taux de pleine charge a donc été plus élevé qu’escompté. Par ailleurs, la température ambiante est restée fraîche et, contrairement aux années précédentes, les échangeurs air/air ne se sont pas encrassés. Le remplissage, et donc les performances du moteur sont restés élevées toute la course. Certes ces conditions étaient les mêmes pour tous les concurrents mais cette année nous utilisions de nouvelles bielles que nous avions pourtant longuement éprouvées au banc moteur et à l’occasion des nombreuses simulations sur piste. »
Il convient alors de se demander comment, après pas moins de onze simulations d’endurance effectuées lors des douze derniers mois, un tel mal a pu frapper les Lionnes. « Tout au long de ces séances nous n’avons pas connu une seule avarie, ce qui ne nous a pas permis de réaliser que nous étions en fait bien plus près de la limite que nous ne l’imaginions » précise le Directeur Technique de Peugeot Sport. « Les conditions rencontrées nous ont fait basculer du mauvais côté. Après trois participations au Mans, nous pensions avoir un cahier des charges pertinent. La preuve est faite que ce n’était pas le cas et que même avec une expérience croissante, il est difficile de tout maîtriser. Les conditions rencontrées lors des 24 Heures du Mans changent tous les ans et les contraintes mécaniques avec. Il est clair que nous devons renforcer notre processus de validation. »
Les explications données, Peugeot va désormais pouvoir se concentrer sur la suite de sa saison, avec l’Intercontinental Le Mans Cup, dont voici le programme. Ils seront neuf pilotes à défendre la marque, avec certainement une grande soif de revanche.
Anthony Megevand