Depuis de nombreuses années, le FIA-GT peut s’appuyer sur un noyau dur de teams fidèles. Parmi eux, le Vitaphone Racing, véritable pilier du nouveau Championnat du Monde GT1. Rencontre avec Michael Bartels, pour un véritable tour d’horizon…
Michael, après ce début de saison, êtes-vous satisfait des performances des Maserati du Vitaphone Racing ?
« Pas complètement. Nous avons eu beaucoup de « samedi heureux », mais nous n’avons pas encore connu les honneurs le dimanche. Je ne peux pas être complètement content. J’espère que nous allons y parvenir, que nous allons avoir une suite de saison régulière qui nous permettra de nous battre pour le titre. »
2010 marque la naissance du Championnat du Monde GT1. Après les trois premiers meetings, est-ce que cela correspond à vos attentes ?
« Je suis vraiment satisfait. Aller faire un statut officiel, mondial, c’est un bon palier qui a été franchi. Qui plus est, la grille est pleine. En ces temps difficiles pour l’économie, c’est comme un miracle d’avoir 24 voitures en piste. Hormis la F1, je ne vois pas d’autre championnat qui affiche un tel plateau. Cela montre que c’était le bon moment pour faire ça. »
Qu’espérez-vous désormais ? Des évolutions au niveau du calendrier, de la promotion ?
« Pour le calendrier, rien de spécial. Nous avons déjà visité la majorité de ces circuits, comme San Luis etc. Le fait de ne plus avoir une grille mixée avec les GT2 est une bonne chose. Nous avons de bonnes courses, des courses spectaculaires. On doit désormais transporter le message à travers la planète pour tirer partie de cette grille de 24 autos. Cela doit devenir un business : ce n’est pas encore le cas. Aujourd’hui, il s’agit principalement de soutiens familiers ou amicales. »
La balance de performance vous convient ?
« Pas complètement parce que nous avons quelques difficultés en ligne droite. Mais je comprends que ce soit difficile pour la FIA de trouver le bon compromis entre les anciennes et les nouvelles voitures. On s’en rapprocher. Les courses sont de plus en plus serrés. C’est de mieux en mieux. »
Au niveau des coûts, êtes-vous satisfait ?
« Oui. Pour ce type de compétition, ce style de discipline, les coûts se trouvent dans une bonne fenêtre. Après, il ne faut pas oublier que chez Vitaphone, nous engageons la Maserati MC12 depuis plusieurs années. Quand il y a un investissement à faire, ce qui sera le cas en 2012, la donne est différente. »
Pour le team, le futur s’inscrit toujours en GT1 ?
« Nous allons essayé de continuer en 2011, oui. C’est logique dans la mesure où la Maserati sera encore homologuée pour la saison prochaine. Ensuite, il faudra réfléchir. Mais il est encore trop tôt pour en parler. »
Une petite parenthèse à propos du GT1 en général. Pourquoi ne vous a-t-on pas vu aux 24 Heures du Mans cette année ? C’était la dernière édition avec les GT1…
« (… après un soupir) Je dois dire que je suis vraiment triste de cela. La Maserati est la meilleure GT à mes yeux, l’une des meilleures voitures de l’Histoire du Grand Tourisme. Savoir qu’elle n’a jamais touché le sol du Mans, cela me rend triste. Mais pour cette année, cela représentait un supplément en terme de coût et le contexte ne s’y prête pas. »
Que pensez-vous du fait que l’ACO décide de ne plus autoriser les GT1 à l’avenir ? Avez-vous été consulté ?
« Je ne sais pas si Maserati l’a été, mais le team ne l’a pas été. J’ai été surpris. A l’origine, j’avais compris que le message de l’ACO et de la FIA était de faire les choses ensemble. Aujourd’hui, il semble que cela ne soit pas le cas. Si j’ai bien compris, l’ACO suit son chemin, et la FIA le sien… »
Aux prochaines 24 Heures de Spa, il n’y aura pas non plus de GT1. On a beaucoup entendu parler d’un engagement du Vitaphone Racing avec des Ferrari et AF Corse…
« Nous essayons effectivement de participer à cette épreuve avec Ferrari, en coopération avec un team. Il y a AF Corse, mais il y en a d’autres. Rien est fait. C’est du 50/50. On a déjà beaucoup à faire avec le GT1. Si ça se fait, je ne sais même pas si je serai au volant : je n’ai jamais roulé dans une GT2 ! »
Le GT2 justement, il sera présent dans l’Intercontinental Le Mans Cup de l’ACO. Est-ce que cela peut vous intéresser ?
« Je ne sais pas. A vrai dire, je ne connais pas grand chose du GT2. J’ai simplement vu les résultats du Mans. Notre maison, c’est le GT1 ! »
Votre avenir passe donc par le GT1…
« Pour nous, oui. Le grand changement, ce sera pour 2012 puisque la MC12 ne sera plus homologuée. Qu’est ce que Maserati fera ? Qu’est ce que nous ferons ? Nous verrons… »
Depuis de nombreuses années, Vitaphone Racing a démontré toutes ses qualités. Un passage en prototype peut-il vous intéresser ? Si Maserati venait à faire un proto par exemple…
« (après un sourire…) Nous irons en proto seulement si nous avons la possibilité de gagner. Cela veut donc dire avec le soutien d’un constructeur. Et à l’heure actuelle, je ne pense pas que Maserati ait un moteur Diesel pour un proto (rire) ! »
Anthony Megevand