Le Mans

24H 2010 : Analyse de la course en GT1…

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Huit au départ, trois à l’arrivée ! Tel est le bilan de la catégorie GT1 aux 24 Heures du Mans en 2010… On entend déjà les détracteurs dire que cette catégorie n’avait rien à faire là cette année. Bref, elles étaient bien là et il l’heure de dresser le bilan. Revenons déjà sur l’annonce faite lors de la Conférence de Presse de l’Automobile Club de l’Ouest comme quoi les GT1 ne seront plus acceptées dans la Sarthe en 2011, avec trois raisons invoquées : calendrier du Championnat du Monde GT1 et Le Mans souvent incompatibles, peu de GT1 inscrites dans les séries Le Mans et GT1 actuelles plus tournées sur les courses sprint qu’endurance. On ne s’étendra pas sur la première raison puisqu’il n’y a jamais eu de clash de date depuis la création du Championnat du Monde GT1. Il est clair que le peu de GT1 inscrites en Le Mans Series est flagrant et sur ce point on peut comprendre la décision du législateur. Quant au fait que les GT1 actuelles soient plus tournées vers le sprint, on ne voit pas ce qui empêche les équipes de préparer leurs autos pour de l’endurance. Une Nissan GT-R a prouvé l’an passé aux 24 Heures de Spa qu’elle pouvait largement tenir la cadence. La vraie question que l’on peut se poser est pourquoi avoir fait cette annonce maintenant et surtout pourquoi les avoir acceptées cette année. Nissan a préféré faire l’impasse cette année pour fiabiliser sa GT-R mais il y a fort à parier que l’auto aurait fait ses débuts au Mans en 2011. Malgré trois Ford GT au départ, aucune n’a reçu le drapeau à damiers mais c’était une première expérience. Il est certain que cette annonce n’a pas réjoui à la plupart des équipes GT1, à commencer par Martin Bartek (Matech Competition), initiateur du retour de la Ford GT au Mans. L’équipe suisse compte bien vendre plusieurs de ses GT1, aussi bien en Europe, en Asie ou aux Etats-Unis. Pour conclure sur ce sujet, on ne peut que regretter une telle décision. Il est vrai que l’ACO n’a pas fermé la porte aux nouvelles GT1 que sont pour le moment Ford GT, Nisan GT-R et Lamborghini Murcielago R-SV. Mias on ne voit pas comment ces autos pourraient être acceptées à l’avenir. Si la conséquence est  de voir rouler ces magnifiques autos avec trois sacs de ciment dans le coffre et un pilotage digne d’un camion du Dakar, il vaut mieux les laisser dans un championnat labellisé FIA. Revenons en maintenant à l’édition 2010…

 

Absent l’an passé, Larbre Compétition a rappelé à tout le monde qu’il fallait toujours compter avec lui et que la science de la course de Jack Leconte a certainement aidé à construire la victoire de la Saleen S7-R n°50. Pourtant la tâche était loin d’être gagnée pour le trio Canal/Gardel/Bervillé avec une 23ème ligne à l’issue des qualifications, synonyme d’avant dernier chrono de la catégorie. Pourtant à l’issue de la première heure de course, la Saleen était déjà remontée à la seconde place de la catégorie. Excepté une légère sortie de Roland Bervillé dans un bac à 9h du matin qui aura coûté 13 minutes, l’équipage n’aura pas commis la moindre faute avec une équipe technique réduite à mettre du carburant et changer les pneumatiques. Si le leader 2009 GT1 (Corvette C6.R) avait bouclé 342 tours, 331 ont été couverts par la Saleen. Finalement, la S7-R termine sa carrière mancelle comme elle l’avait débuté, c’est à dire par un podium (3ème 2001). Reste maintenant à savoir ce que va faire Jack Leconte la saison prochaine. On l’a vu très attentif, de même que Roland Bervillé, à la présentation de la Panoz Abruzzi. En attendant, la Saleen devrait rafler la couronne Le Mans Series.

 

Avec deux autos au départ, le Team Luc Alphand Aventures pouvait légitimement jouer la victoire mais le sort en a décidé autrement avec l’abandon de la Corvette C6.R de pointe partagée par Patrice Goueslard, Julien Jousse et Xavier Maassen. Dès les essais, les problèmes rencontrés par l’équipe sarthoise ont été multiples avec toujours une gestion électronique qui ne semble décidément pas aimer les C6.R. Après six heures de course, la n°73 de Jousse/goueslard/Maassen pointait en tête mais un changement de triangle de suspension peu avant la nuit devait stopper la marche en avant du trio avec 22 minutes d’arrêt. Remontée au second rang de la catégorie, la n°73 devait s’arrêter cinq minutes suite à un problème d’injection. Finalement, une casse de transmission peu avant 9 heures du matin aura anéanti tout espoir de victoire avec la confirmation de l’abandon. Notons que c’est le premier abandon sur problème mécanique depuis 2001 d’une auto du team managé par Philippe Poincloux. La Corvette sœur de l’équipe sarthoise a fait un début de course sage avec Jérôme Policand, Stephan Grégoire et David Hart. Pourtant, un problème moteur a stoppé à son box la n°72 à minuit durant près d’une heure avant un changement d’alternateur une heure plus tard. Si David Hart est allé faire quelques figures hors piste, ses deux coéquipiers ont enchaîné les relais sans encombre avec un Jérôme Policand toujours à son aise et un Stephan Grégoire faisant preuve d’une belle rapidité. Il aura manqué quatre tours pour rafler la victoire. Le Team Luc Alphand Aventures va maintenant devoir faire un choix pour l’avenir et la piste GT2 devrait être privilégiée. Quant aux deux Corvette engagées au Mans, elles vont poursuivre leur saison en Championnat du Monde GT1 chez Mad Croc Racing.

 

Débutant cette année au Mans, Young Driver AMR place son Aston Martin DBR9 sur la dernière marche du podium, comme l’avait fait Jetalliance Racing l’année passée. Pour ses premières 24 Heures du Mans, Christoffer Nygaard ne pouvait rêver meilleurs coéquipiers avec Tomas Enge et Peter Kox. Le Tchèque faisait une nouvelle fois parler la poudre en qualification avec une nouvelle pole. La tâche s’annonçait plus difficile en course avec un long arrêt pour un problème de transmission. Ce n’est que dans la dernière heure que la DBR9 a repris la piste pour franchir le drapeau à damiers à la troisième place de la catégorie. Retour maintenant au Championnat du Monde GT1 pour le team de Hardy Fischer.

 

 

Pas une, pas deux mais trois Ford GT étaient engagées aux 24 Heures du Mans. Depuis le début de l’aventure Matech Competition avec le programme GT1, Martin Bartek n’attendait que cela et son premier pari de mettre ses Ford GT sur la grille de départ a été réussi. L’équipe suisse a créé le buzz en alignant Romain Grosjean sur la n°60 aux côtés de Thomas Mutsch et Jonathan Hirschi. Même buzz sur la n°61 avec un équipage 100% girls composé de Natacha Gachnang, Cyndie Allemann et Rahel Frey. « Catastrophique » ! Voilà ce que nous avait dit Martin Bartek après la première séance d’essais. C’est d’abord Romain Grosjean qui partait à la faute dans les Virages Porsche, endommageant l’arrière de la Ford, avant que Rahel Frey ne commette une erreur au fameux Virage du Karting. Les déboires du Franco-suisse n’étaient pas terminés avec une double crevaison simultanée à près de 300 km/h. L’équipe technique Matech Competition aura connu un début de course plus tranquille, malgré une alerte pour la n°61 des filles après trois heures de course suite à des problèmes électriques. Arrivée au Mans avec une béquille pour soulager sa jambe, Natacha Gachnang n’en a pas eu besoin dans le baquet, la pilote suisse alignant des chronos réguliers, gagnant même dix places d’un coup en qualification. Malheureusement, un début d’incendie devait stopper la Ford GT au bord du circuit. le samedi soir La n°60 a pour sa part jouer le haut de l’affiche, pointant en tête dès la première heure. Le moteur aura causé l’abandon de l’auto dans la nuit. Dommage car le trio tournait comme un métronome avec ses trois débutants dans la Sarthe. Une fois de plus, Romain Grosjean a montré sa belle faculté d’adaptation et il y a fort à parier que  si il revient l’an prochain, ce sera au volant d’un prototype. Thomas Mutsch a pour sa part connu le malheur de la sortie de piste avec un accrochage avec une LMP2. Quant à Jonathan Hirschi, il poursuit son apprentissage du GT1, partagé entre Ford GT et Aston Martin DBR9. Pour ses débuts dans la catégorie, le Suisse a tenu son rang sans le moindre souci et il y a fort à parier qu’on le retrouve avant la fin de saison sur la plus haute marche du podium en Championnat du Monde GT1.

 

La troisième Ford GT était engagée par Marc VDS Racing Team pour le trio Leinders/De Doncker/Palttala. La course de la n°70 s’est arrêtée deux heures après le départ après une sortie de Bas Leinders avant l’entame des Hunaudières, semble-t-il suite à une crevaison. Le pilote belge a toutefois pu ramener sa GT salement amochée à son box. L’équipe technique s’est attelée à réparer la Ford GT mais deux plus tard, l’abandon était confirmé, les dégâts étant trop importants. Dommage car les essais qualificatifs s’étaient plutôt bien déroulés avec le second temps à seulement trois dixièmes de la pole de Enge pour Bas Leinders. Si Marc van der Straten souhaite revenir dans la Sarthe, il devra changer de catégorie. En attendant, retour en Championnat du Monde GT1 pour le team belge avec ses deux Ford GT. Notons que l’équipe sera présente aux 24 Heures de Spa avec une Ford Mustang GT3.

 

 

Après le fiasco de 2009, les observateurs se demandaient bien ce qu’allait nous faire la Lamborghini Murcielago JLOC. Avec un châssis neuf en provenance de Reiter Engineering, Yamanishi/liri/Yogo ont bouclé 138 tours, soit 137 de plus que l’année passée. Pourtant, la séance qualificative s’était déroulée au petit galop, la GT italienne étant dernière de sa catégorie. Peu avant 18 heures, la Murcielago s’est arrêtée près de deux heures pour un problème de radiateur. Peu de temps après, la n°69 s’est refaite une beauté au niveau carrosserie avec un arrêt d’une quinzaine de minutes. C’est finalement un embrayage récalcitrant cumulé à un problème de boîte de vitesses qui aura eu raison de la course de la Lamborghini peu après minuit.

 

Laurent Mercier

 

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