Le Mans

Hugh Hayden : « J’espère voir Aston dans nos rétros »

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Sous la bannière du Rebellion Racing, Sebah Automotive attaque sa troisième participation aux 24 Heures du Mans en prototype. Après une première année avec une Lola en LMP2, une seconde saison avec une LMP1 et une LMP2, ce sont désormais deux Lola-Rebellion qui sont alignées dans la catégorie reine. Hugh Hayden, Team Principal de Sebah, fait le point à quelques minutes du début des essais…

 

Hugh, comment se présente Le Mans 2010 ?
« Comme toujours, on essaye d’être préparé. En même temps, il faut garder les gars sous tension. Tout est sous contrôle. Il n’y a pas d’urgence et les pilotes sont assez relaxes. Désormais, nous allons entamer le travail que nous avons à faire, essentiel des vérifications de ce que nous avons simulé. Nous nous sommes bien préparés. Les voitures sont complètement neuves, et nous remettrons un bloc arrière (moteur, boîte, suspension) également neuf entre la dernière qualif’ et la course. Nous avons vérifié tout cela lors d’un shakedown à Silverstone. »

 

Quel regard vous portez sur le début de saison ?
« Un peu déçu de ne pas avoir eu plus de fiabilité, surtout pour la n°12 de Neel Jani et Nicolas Prost. Elle a été touchée au Castellet, puis elle a eu un problème interne à la boîte de vitesses. Pour la n°13, nous avons pu faire une bonne répétition du Mans au HTTT, avec Guy Smith qui est venu accompagné Jean-Christophe Boullion et Andrea Belicchi. Nous avons obtenu un bon résultat lors de la première manche. A Spa, c’était intéressant. Nous avons pu voir le niveau de Audi et Peugeot pour la première fois depuis un an. Même si ils disaient être dans des configurations différentes, nous avons un peu vu leur niveau de performance. Comme tous les teams avec un prototype à moteur Essence, nous devons courir avec ces règles. Mais nous attaquons toujours… »

 

Quel est l’objectif ici ? Premier de la catégorie Essence ?
« Les règles sont claires : il y a une seule catégorie en LMP1. C’est dans cette classe que nous courons. On tâchera de faire au mieux et d’obtenir le meilleur résultat. C’est difficile de battre les Diesels, mais on va essayer de leur mettre un peu de pression. Notre objectif, c’est finir premier et deuxième parmi les privés. Et j’intègre Aston Martin, que j’espère voir uniquement dans les rétros de nos Lola-Rebellion. Il faudrait être dingue pour dire que l’on peut décrocher un podium. Si on peut terminer cinq ou sixième, ce sera un bon résultat. »

 

Avez-vous plus de chances que l’an dernier avec la Lola-Aston Martin ?
« Oui je pense. Les raisons sont un peu confidentielles, mais je pense que nous avons une meilleure ingénierie. Nous avons amélioré notre niveau de performance, avec notamment une nouvelle aéro. »

 

Pourtant, vous étiez moins rapides à Spa que Oreca et Pescarolo en 2009. Malgré des brides plus favorables…
« Concernant les qualifications, ça n’a jamais été un objectif pour nous. Il n’y a pas de stratégie mise en place pour cela. Quant aux brides, nous avons effectivement plus de puissance, mais cela veut dire une consommation en essence plus importante. On peut perdre un tour sur un relais. Avec Judd, nous avons donc travaillé sur la consommation. »

 

Mais vous n’utilisez pas l’injection directe ?
« Non puisque les moteurs actuels ne feront plus que cette saison. Il y a la question du coût, mais pas seulement. Il faut prouver que ce système fonctionne, et nous n’avions pas le temps de vérifier la fiabilité. Nous ne l’avons pas pris car nous n’avions pas le recul nécessaire. »

 

On l’oublie trop souvent, mais derrière Rebellion Racing se cache Sebah. Comment jugez-vous votre progression depuis vos débuts en prototype en 2008 ?
« Nous cherchons toujours à progresser. On ne dit pas que c’est parfait : on regarde Peugeot et Audi pour s’améliorer, pour être de plus en plus professionnels. D’un autre côté, nous sommes des privés, avec un budget limité. Peugeot et Audi doivent dépenser au moins autant cette semaine que nous sur un an. »

 

Est-ce plus simple aujourd’hui d’aligner deux LMP1, plutôt qu’une LMP1 et une LMP2 ?
« Je pense que oui, même si ce n‘est pas tout blanc ou tout noir. Les deux voitures sont traitées de la même façon, mais de manière indépendante. Il y a exactement le même nombre de personnes sur chaque auto. Cela nous permet de ravitailler au même moment par exemple. Mais nous ne le ferons pas forcément, pour éviter toute confusion : les mécanos sont habillés de la même manière et cela pourrait perturber les commissaires, et l’espace est réduit. Qui plus est, chaque voiture peut travailler sur des directions différentes : c’est d’ailleurs ce que nous allons faire lors des essais. Mais chaque auto bénéficie du travail de l’autre. »

 

Vifs remerciements à Hugh Hayden,

 

Anthony Megevand

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