Le Mans

Hugues de Chaunac : « ORECA est toujours un commando ! »

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Cinquième des dernières 24 Heures du Mans, le Team ORECA-Matmut a revu ses ambitions à la hausse pour cette édition 2010. Le fait d’aligner une Peugeot 908 HDi FAP permet en effet aux hommes d’Hugues de Chaunac de viser un podium, voir plus, aux côtés de trois autres Lionnes et face aux Audi R15 « plus ». Le Président d’ORECA se confie avant le début des essais… Il nous parle aussi, un peu, de l’après Le Mans.

 

Hugues, comment vous abordez ces 24 Heures du Mans 2010 ?
« Nous abordons cette épreuve avec sérénité. Nous ne sommes pas en retard. Nous avons tout ce qu’il faut pour être prêt. Après le début de saison, l’équipe est désormais bien rodée en terme d’exploitation. Les correctifs ont été apportés au fil des roulages effectués. Nous avons eu des résultats négatifs, pour les raisons que l’on sait, mais nous avons pu améliorer certains points au fur et à mesure. »

 

Depuis le retour de ORECA en prototype, il semble que le team soit plutôt malchanceux à chaque début de saison. Est-ce simplement une impression ?
« Depuis que nous sommes arrivés en LMP1, nous avons effectivement vécu trois débuts de saison difficiles. J’essaye de regarder devant et de bien analyser ce qui s’est passé pour comprendre comment on en arrive là. Les raisons sont à chaque fois différentes. L’équipe est très appliquée et il n’y a pas de problème de préparation. Est-ce de la malchance ? Je n’ai jamais pu répondre à cette question. Quoi qu’il en soit, on aborde la course la plus importante de l’année. C’est une finale de Coupe du Monde, dont on va profiter du résultat, ou le regretter, durant un an. Un an, c’est terriblement long et la pression est forte. »

 

La pression est-elle plus ou moins forte que l’an dernier à la même époque ?
« Nous avons beaucoup plus de pression ! En 2009, nous visions le meilleur résultat possible, mais le podium était inaccessible. Cette année, si il n’y a pas de podium, nous ne serions pas complètement satisfaits. Donc la pression est logiquement plus forte. »

 

Cette pression, vous la provoquez en quelque sorte en vous donnant les meilleures chances avec la meilleure voiture et un équipage digne des Usines…
« Mais je ne fais ça que par passion et par envie de gagner ! Si il n’y a pas cette possibilité de se battre pour la victoire, il n’y a plus la passion. On essaye donc de trouver le meilleur chemin. C’est une construction que l’on effectue mois après mois, année après année, avec la volonté d’avoir la meilleure équipe. C’est un édifice qui, dixit Olivier Panis, mérite de gagner Le Mans. »

 

Avez-vous déjà été dans une meilleure position pour disputer les 24 Heures du Mans ?
« (après réflexion) Pour le classement général, non je ne pense pas ! »

 

Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre décision d’engager une Peugeot 908 ?
« Je pense que c’est un excellent choix. On le voit, entre autres, par le retour que nous avons des partenaires. Le team court avec l’objectif de gagner : il faut donc trouver la meilleure solution pour y parvenir. Il fallait un Diesel, et avoir la Peugeot est un gros plus. »

 

Avec la ORECA 01, vous ne pouviez pas faire mieux que la cinquième place de 2009 ?
« Non, c’est le meilleur résultat possible. Finir cinquième, c’était presque improbable. Il a fallu faire une course parfaite pour cela. Notre première raison d’exister, c’est de se battre pour la victoire. »

 

Mais n’y-a-t-il pas un goût d’inachevé avec la ORECA 01 ?
« Le goût d’inachevé ne nous permet pas, avec cette voiture, de se battre devant. Il faut regarder devant. Aujourd’hui, nous sommes considérés comme un outsider très sérieux pour la victoire général. En 2009, nous étions un outsider sérieux pour gagner la deuxième division. »

 

La saison passée, vous parliez de « commando face à de gros constructeurs ». Qu’en est-il aujourd’hui ?
« Nous sommes toujours un commando. Au niveau de l’état d’esprit, au niveau de notre approche économique. Nous n’avons pas les moyens des gros constructeurs. Nous sommes une petite unité, pas suréquipée… mais bien équipée tout de même ! »

 

Plus généralement, et là aussi avec du recul, comment jugez-vous votre choix de passer en LMP1 fin 2007 via le rachat de Courage Compétition ?
« Au Mans, dans des catégories inférieures, nous n’avons plus rien à prouver. En GT1, nous avons tout gagné, plusieurs fois qui plus est. Il faut aller en Champions League. L’inconvénient, c’est qu’on se frotte à une grosse cavalerie. L’avantage, c’est justement d’être au milieu de cette cavalerie. »

 

Après avoir gagné la Coupe d’Europe, il faut en quelque sorte être en Coupe du Monde en acceptant de ne pas forcément s’imposer ?
« Oui, c’est ça. Je dirai même qu’il faut être en Coupe du Monde et s’améliorer pour à terme se battre pour la victoire ! »

 

Concernant le futur, disputerez-vous la fin des Le Mans Series ? Avec quel objectif ?
« C’est prévu, avec la 908 HDi FAP. Notre ambition est de gagner course après course. On ne vise pas le titre. On recherche plus une visibilité par épreuve. Ce n’est pas un championnat en temps que tel, mais une série. La victoire éventuelle dans cette série tient plus d’une conséquence. »

 

Et l’Intercontinental Le Mans Cup ?
« C’est trop tôt pour le titre. On étudie la question. Si ça se fait, j’aimerai que ce le soit avec la Peugeot 908 HDi FAP. Les espoirs de voir la ORECA 01 sont minces pour des raisons budgétaires. »

 

Et enfin, concernant 2011 ?
« Le résultat du Mans sera très important. On travaille et on veut être en LMP1 l’année prochaine. A l’heure actuelle, compte tenu de l’environnement économique, les partenaires se décident moins vite, et ils font preuve d’une certaine prudence. Une décision sera prise après Le Mans. »

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

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