Matech Competition aura la particularité de faire débuter ses six pilotes aux 24 Heures du Mans et de perpétuer le mythe de la Ford GT. Parmi eux, Jonathan Hirschi, qui alterne cette saison le Championnat du Monde GT1 (Aston Martin DBR9 HEXIS Racing AMR) et la Porsche Matmut Carrera Cup. C’est donc au volant d’une Ford GT que l’on retrouve le Suisse dans la Sarthe, en compagnie de Romain Grosjean et Thomas Mutsch. Avant d’arriver au Mans, Jonathan avait pris ses marques avec la GT américaine lors des 1000 km de Spa avec à la clé une seconde place de catégorie.
Laurent Mercier : Débuter en Le Mans Series par un podium est plutôt encourageant en vue des 24 Heures du Mans ?
Jonathan Hirschi : « C’était ma première course de 1000 km et je découvrais par la même occasion les courses avec quatre catégories en piste. Il fallait ne prendre aucun risque car ce « one shot » conditionnait ma présence au Mans. Je me suis vite senti à l’aise avec l’auto. J’avais découvert la Ford GT l’an passé en FIA-GT lors de la manche de Budapest. Elle a bien évolué en moins d’un an. Le modèle 2010 n’a plus grand chose à voir avec de bien meilleures suspensions et moins de roulis. Elle se pilote un peu comme un prototype et tout le travail aéro effectué à l’intersaison par Matech a porté ses fruits. Il faut maintenant confirmer sur une durée quatre fois plus longue ».
« Déjà terminer car l’auto n’a jamais roulé sur un double tour d’horloge. Je suis persuadé que si nous sommes réguliers, nous serons dans les premières places de la catégorie. A Spa, les trois Ford GT n’ont pas rencontré le moindre problème mécanique et Matech a conscience du challenge. Nous n’avons pas la moindre pression et il n’y aura pas de compétition entre les trois Ford GT. Perpétuer le mythe de la Ford GT au Mans est quelque chose d’incroyable. Aussi bien Thomas (Mutsch) que Romain (Grosjean), nous sommes tous des pilotes de sprint et il ne faudra pas s’enflammer en course. Si la pluie est de la partie, l’auto devrait être encore mieux. Nous n’avons pas fait de roulage depuis les 1000 km de Spa mais nous sommes confiants”.
Ton programme est des plus chargé cette saison avec en parallèle une présence en Championnat du Monde GT1 ainsi qu’en Porsche Matmut Carrera Cup. Tu es satisfait de ton début de saison avec l’Aston Martin DBR9 HEXIS Racing AMR ?
« La première course a été un peu spéciale à Abu Dhabi car nous sommes arrivés dans l’inconnu. Clivio (Piccione) et moi débutions en GT1. et il a falllu prendre ses marques. La balance de performance n’était pas à notre avantage et nous étions un peu spectateur de l’épreuve. Malgré tout, nos débuts ont été encourageants. A Silverstone, tout s’est bien mieux passé avec une DBR9 nettement plus compétitive. La performance était bien là avec une belle seconde place en Course Qualificative. A Brno, nous avions des brides plus petites et il a fallu composer en plus avec du lest embarqué. Après trois meetings, la balance de performance est nettement mieux avec toutefois la Maserati MC12 qui est un peu au-dessus du lot. Nous progressons beaucoup en essais et nous nous appliquons à faire une auto bonne pour les deux courses. A Silverstone, mes temps n’étaient qu’à huit dixièmes de ceux de Tomas Enge ».
« Le team est toujours en mode découverte et nous poursuivons notre apprentissage du GT1. J’espère être avec HEXIS Racing AMR sur le long terme. J’ai toujours aimé les GT et je rêvais du GT1. Maintenant je roule en Championnat du Monde et je vais disputer les 24 Heures du Mans sur une GT1. C’est un rêve qui se réalise ! Le World Championship GT1 est vraiment bien pour une première année. Il faut maintenant communiquer au maximum pour plus de visibilité. Je pense que l’arrivée de Romain (Grosjean) aide à cela. A moyen terme, je pense que le GT1 sera derrière la Formule 1 et loin devant le WTCC. C’est juste une question de temps ».
L’Aston Martin DBR9 et la Ford GT sont différentes à piloter ?
« La Ford fait plus penser à un proto avec son châssis tubulaire. C’est une auto prévue pour la course avec son moteur à l’avant. C’est une très bonne base. La DBR9 est une auto de série qui a été adaptée à la course. Les masses sont moins centrées que sur la Ford. La DBR9 est plus difficile à piloter ».
Tu souhaites donc poursuivre en GT1 ?
« Mon but serait à court terme de rouler en Championnat du Monde GT1 et de faire les 24 Heures du Mans et les Le Mans Series sur une LMP1. J’aimerai bien faire des tests cet hiver en vue de l’année prochaine. Mon test avec la Lola/Speedy en fin de saison dernière était fabuleux. Être pilote professionnel est l’objectif ! »
Propos recueillis par Laurent Mercier
