Pour la seconde année consécutive, Harold Primat sera au départ des 24 Heures du Mans sur une Lola Aston Martin officielle aux couleurs du célèbre pétrolier Gulf. Point de saison complète en Le Mans Series pour le pilote helvète mais une pige au Castellet pour le coup d’envoi de la série et deux manches American Le Mans Series (Sebring et Long Beach). Aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, la Lola/AMR est à chaque fois passée près de la victoire, matée toutefois par la technologie diesel en Floride et en France.
C’est chaque année un plaisir de revenir dans la Sarthe pour le pilote Aston Martin : « Comment ne pas être content que d’être ici ? Il ne peut pas en être autrement. L’événement est si grandiose qu’on ne peut pas le rater. Si tu as une auto bien réglée et que tu fais une course sage, tu peux espérer un bon résultat, sans aller chercher la performance absolue. L’objectif est de toujours bien y figurer mais les places de tête sont chères, surtout cette année ». La saison a plutôt bien débuté, la Lola Aston Martin étant toujours dans le coup : « Pour le moment, le bilan est positif. Beaucoup d’équipes ont bien évolué et pour notre part, nous n’avons que peu d’évolutions. Nous avons disputé deux courses outre atlantique et une manche Le Mans Series. Un des grands moments reste Long Beach où nous avons décroché la pole pour nos débuts sur un circuit urbain. Malheureusement, la victoire nous a échappé mais terminer second était un super résultat. Les 12 Heures de Sebring se sont aussi bien passées mais la concurrence était rude, avec une Lola/Drayson très en forme. Le tracé floridien demande beaucoup d’aéro et notre auto n’en a pas tellement, ce qui fait qu’elle pas facile à piloter. Quant à notre course au Castellet, tout s’est bien passé malgré quelques soucis qui nous ont fait perdre un ou deux tours. Nous avions fait le choix de privilégier la vitesse de pointe en ligne droite. Les écarts avec les diesels sont toujours là mais nous sommes bien au niveau des voitures « essence ».
L’objectif au Mans est clair : « Terminer premier des « essence » serait l’idéal. Je pense qu’en qualification, l’écart avec les diesels sera de l’ordre de cinq secondes. Pour notre part, nous n’avons pas apporté beaucoup d’évolutions sur l’auto. Nous sommes allés rouler en Espagne pour que les pilotes fassent connaissance avec la Lola/AMR ». Mixer les courses européennes et américaines cette saison permet de faire la différence entre deux philosophies différentes : « J’aime les courses américaines où l’ambiance est plus cool qu’en Europe. C’est une fête populaire avec de nombreux fans qui connaissent tout de toi. Tout le monde peut approcher les autos et les pilotes. Les tracés sont aussi différents. Si je prends l’exemple de Sebring, il te faut une auto bien réglée pour ce type de tracé sous peine d’être comme dans un shaker. Ce circuit ne permet aucune faute car il n’y a pas de dégagement. Les standards des normes FIA sont bien loin. »
Propos recueillis par Laurent Mercier