L’abécédaire des 24 Heures 2015 touche aujourd’hui à sa fin. Cet abécédaire est purement subjectif. Que les pilotes ou les équipes que nous aurions omis de mentionner veuillent bien nous excuser.
V comme Viper
Repêchée pour cette édition –seule dans ce cas, ce qui est rarissime-, la SRT Viper GTS-R du Riley Motorsports est la seule voiture des teams purement américains à ne pas avoir rallié l’arrivée, et c’est assez injuste au vu de son comportement dans ces 24 Heures.
Bill Riley n’avait pas caché son enthousiasme à l’idée de pouvoir participer à ces 83èmes 24 Heures du Mans et dès l’officialisation de la liste des engagés –alors même que la Viper n’était encore que première suppléante-, il avait commencé à préparer l’expédition mancelle.
Deux des pilotes étaient des habitués de l’équipe : Jeroen Bleekemolen (vainqueur en LMP2 au Mans en 2008 avec une Porsche RS Spyder, vainqueur de la Porsche Supercup en 2008, double champion ALMS en GTC, vainqueur des 24 Heures du Nürburgring 2013, entre autres) était la tête d’affiche de l’équipage, tandis que Ben Keating, gentleman driver certes, mais rapide, autre habitué de l’équipe, pouvait se targuer de la victoire cette année en GTD avec la Viper GTS-R du Riley Motorsports dans les 24 Heures de Daytona. En revanche, Marc Miller était tout récemment arrivé dans le team et découvrait Le Mans, fort surtout d’une participation régulière au Continental Tire Challenge.
Tout avait bien commencé lors des qualifications, avec le troisième chrono pour la Viper, Bleekemolen ayant tourné en 3’57’’836 le mercredi et pointant au troisième rang de la catégorie.
En course, ce fut tout à fait probant. Partie sur un très bon rythme, la Viper n°53 –un triple relais initial de Bleekemolen- était en tête du GTE Am après trois heures de course, mordant également les flancs des meilleures GTE Pro, et se maintenait ensuite dans le peloton de tête, avec aussi un triple relais de Keating, mais à la fin du run de celui-ci la Viper allait dans le bac à gravier, ce qui allait nécessiter le changement de la courroie d’alternateur. Deux tours étaient perdus dans l’affaire mais la Viper tournait rond, témoin ce chrono de Bleekemolen en 3’55’’896, chrono qui allait être le meilleur en course de toutes les GTE Am, et pas très loin des meilleurs chronos des GTE Pro.
Malheureusement, la boîte de vitesses fit des siennes et l’abandon était inévitable au cours de la 23ème heure de course, mais la démonstration avait été belle…
W comme World Endurance Championship
Dotées du coefficient 2, les 24 Heures du Mans ont évidemment eu une incidence importante sur les classements du WEC dont voici les positions à l’issue de cette troisième manche du Championnat du Monde d’Endurance. Tréluyer, Lotterer et Fässler, vainqueurs des deux premières courses, conservent néanmoins la première place en LMP1 avec à leurs trousses tous les pilotes Porsche.
LMP1
1 Treluyer/Lotterer/Fässler (Audi R18 e-tron quattro) 80
2 Nick Tandy (Oreca 05-Nissan et Porsche 919 Hybrid) 60
3 Bamber/Hülkenberg (Porsche 919 Hybrid) 58
4 Dumas/Jani/Lieb (Porsche 919 Hybrid) 57
5 Bernhard/Webber/Hartley ‘Porsche 919 Hybrid) 53
LMP2
1 Bradley/Howson (Oreca 05-Nissan KCMG) 78
2 Yacaman/Derani/Gonzalez (Ligier JS P2 G-Drive) 74
3 Lapierre (Oreca 05 KCMG) 66
GT
1 Bruni/Vialnder (Ferrari 458 AF Corse) 61
2 Calado/Rigon (Ferrari 458 AF Corse) 57
3 Bertolini/Shaytar/Basov (Ferrari 458 SMP Racing) 52
GTE Am
1 Bertolini/Shaytar/Basov (Ferrari 458 SMP Racing) 80
2 Collard/Aguas/Perrodo (Ferrari 458 AF Corse) 66
3 Dempsey/Long/Seefried (Porsche 911 RSR Dempsey-Proton) 54
Constructeurs
LMP1 : 1 Porsche 140 – 2 Audi 124 – 3 Toyota 71
GT : 1 Ferrari 144 – 2 Porsche 99 – 3 Aston Martin 84
W comme WR
L’une des annonces principales de la Conférence de Presse d’avant-course a été celle du retour du Welter Racing au Mans dans le cadre du Stand 56, en vue de l’édition 2017 des 24 Heures.
L’ACO a en effet retenu le projet de WR « WR Bio-Gaz, la Performance Eco-Responsable », avec un prototype fonctionnant au Bio-Méthane liquide.
Ce projet est à l’étude à Thorigny sur Marne. Le proto courra dans une catégorie expérimentale. Le châssis sera français, comme celui de toutes les WR ayant couru au Mans, et sera réalisé par la société CARL. Le moteur sera un 3 cylindres de 1600 fonctionnant au bio-méthane liquéfié, développant une puissance d’environ 450 chevaux.
Le bio-méthane est un bio-gaz (CH4), issu de la revalorisation des déchets.
Welter Racing a une longue histoire au Mans, sous l’impulsion de Gérard Welter, son fondateur.
Celui-ci, créateur de WM avec Michel Meunier (la WM P88 de Roger Dorchy détient toujours la plus grande Vmax enregistrée au Mans : 405kmh sur les Hunaudières dépourvues de chicanes, en 1988) avait fondé ensuite le Welter Racing en 1990, WR remportant le LMP2 en 1993, faisant la pole position en 1995, motorisée par Peugeot et venue au Mans pour la dernière fois en 2010.
X comme…Inconnues !!!
Soit x le nombre d’inconnues aux questions sur les prochaines éditions (voir lettre Q comme Question). Le Président de l’ACO, Pierre Fillon a déjà répondu à une de ces questions, essentielle, en précisant la date des 24 Heures 2016 qui auront lieu les 18 et 19 juin.
Y comme Yacaman Gustavo
Le pilote colombien faisait partie de l’équipage très « latino » de la Ligier JS P2-Nissan n°28 du G-Drive Racing, avec le brésilien Pepo Derani et le mexicain Ricardo Gonzalez, tous trois débutants au Mans.
Le trio a fait une très belle course, prenant la quatrième place dans la catégorie LMP2. Yacaman a été un des plus rapides de la catégorie, suivi de près par Pipo Derani alors que Ricardo Gonzalez a été très régulier, dans un rythme plus que convenable. L’équipage formé de Yacaman, Derani et Gonzalez, 12ème au général, est le mieux classé des équipages formés exclusivement de rookies de la classique mancelle.
Avec cette quatrième place en LMP2, les trois hommes restent au contact de Bradley et Howson au classement des pilotes LMP2 du WEC, à quatre points seulement, et peuvent donc tout à fait viser le titre.
Z comme Zander Jörg
Directeur Technique de Audi Sport depuis le début de l’année, Jörg Zander connaît déjà l’objectif qui sera fixé au team l’année prochaine : la reconquête de la couronne au Mans décrochée cette année par le cousin Porsche. Nul doute que avec un staff comprenant des hommes tels que Chris Reinke, Jörg Zander, le Dr Ullrich, Ralf Jüttner, Reinhald Joest ou encore Ulrich Baretzky, plus des pilotes de talent, le défi n’ait rien d’impossible pour Ingolstadt…
Il était impossible de terminer cet abécédaire sans mentionner –et tout à fait hors de l’ordre alphabétique- ceux sans qui la course ne serait pas possible et qui ont une nouvelle fois fait la preuve de leur compétence : C comme Commissaires…Un grand merci et un gros bravo à tous ces anonymes qui participent à la légende des 24 Heures !