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Henri Pescarolo : « Je n’arrête pas de me battre ! »

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Le 6 juin est surnommé le « D-Day » en référence au Débarquement de Normandie. Ce dimanche, nous aurions pu parler de « Henri Pescarolo-Day ». Si Pescarolo Sport n’est pas de la partie, Henri était bien présent. Les supporters des Verts aussi. Ils s’étaient en effet rassemblés sur la Place des Jacobins. Henri a bien voulu répondre à nos questions…

 

Henri, comment vivez-vous ce Pesage ?
« Plutôt mal. Ce matin (dimanche), je suis passé dans le paddock et j’étais à deux doigts d’en pleurer. Voir tous les camions, sans ceux de Pescarolo Sport… j’avais dit que je ne viendrais pas, mais Eurosport m’a proposé de venir commenter. J’ai hésité, et puis finalement, j’essaye de faire le mieux possible mon métier d’apprenti-journaliste. Quoi qu’il en soit, c’est une situation insoutenable. Vos lecteurs ont élu Pescarolo Sport meilleure équipe d’Endurance par le passé, et aujourd’hui elle est en vacance si l’on peut dire, avec deux voitures sous bâche. »

 

Un site Pescarolo2011.com a été lancé. Pourquoi ?
« Le rassemblement des fans, c’est quelque chose qui nous a dépassé. Nous avons appris que des supporters allaient se rassembler. Ça nous a bouleversé de voir que les gens étaient désolés et qu’ils avaient envie de le dire. Nous avons reçu plus de 600 signatures le premier jour et ça n’arrête pas. Ça fait chaud au cœur.

« Il commence à y avoir un engouement international. Est-ce que ça va débouler sur quelque chose ? Je ne sais pas. Mais nous donnons aux gens la possibilité de s’exprimer. »

 

Sur ce site, vous parlez de votre envie de revenir en 2011. Où en êtes-vous ?
« Nulle part à l’heure où on en parle. Tout d’abord, je n’ai aucune idée de ce que Jean Py va faire de l’équipe. Je sais une chose : tout passera par ma capacité à trouver des budgets. Je dois trouver des partenaires et je m’y active. Quelle voiture ? C’est trop tôt. Si j’ai pu paraître abattu, je ne baisse pas les bras et je n’arrête pas de me battre ! »

 

On peut imaginer vous voir représenter une Usine comme Joest avec Audi ?
« Tout est ouvert. J’ai deux motivations : sauver l’équipe et continuer à me faire plaisir. Peut-être que ce sera avec une Pescarolo. Peut-être que ce sera avec autre chose. La priorité, c’est de remettre le team en route. Si ça doit passer par l’abandon d’une Pescarolo… Je ne suis opposé à rien. Ce que je veux, c’est être sur le muret, travailler avec Claude (Galopin) et tous les hommes qui composent l’écurie. »

 

Ensemble, nous avons souvent parlé d’équivalence. Où en est-on ?
« J’en parlerai mieux après les essais. Avec l’équipe, nous avons mis au point un système fonctionnel qui nous permet de calculer les puissances selon les partiels fournis par l’ACO. J’entends dire beaucoup de choses sur le moteur Acura par rapport au Judd… Je ne pense pas que l’écart soit si invraisemblables que ça.

« Mon but est d’être objectif et je n’ai aucune volonté de faire un procès d’intention. Entre 2009, l’ACO a fait des calculs et a pris des mesures en étant convaincu qu’elles allaient rapprocher l’Essence du Diesel. Je pense qu’ils sont aujourd’hui surpris par l’évolution du Diesel qui, selon mois, est revenu à un niveau proche de 2009. Nous avons une technologie qui surprend le législateur par sa capacité d’évolution. Ce n’est pas une critique envers Peugeot ou Audi, dont les départements moteur sont parmi les meilleurs au monde.

« Si reproche il y a, c’est le manque de présence de véritablse spécialistes du Diesel au sein de la commission technique. Ces spécialistes avaient prévu cette possibilité d’évolution du Diesel sur quatre ans… »

 

Le problème ne va-t-il pas se poser de nouveau avec l’Hybride ?
« Je fais confiance à la nouvelle équipe de l’ACO. Je pense qu’elle a compris que l’équivalence avait tué certaines équipes, comme la nôtre, qui s’est retrouvée, après trois podiums, à faire de la figuration. La question est la suivante : si on est pas arrivé en quatre ans à un équilibre, comme va-t-on faire avec les hybrides ?

« C’est la responsabilité de la commission technique de l’ACO. L’ACO qui a le courage de parier sur de nouvelles technologies. Il joue son rôle de précurseur, mais il faut que les chances soient égales pour tout le monde. Ou alors, on dit ouvertement que l’on veut un type de motorisation et on s‘adapte. Si on nous avait dit que nous allions être cantonnées à un rôle de figurant, Judd avait un projet de moteur Diesel prêt à être lancé. Mais on s’est dit que l’ACO allait équilibrer la chose…

« Quand je vois une Audi ou une Peugeot déposer les autres dans les lignes droites, c’est la négation du Sport. Si on me dit que demain il faut un KERS, j’en ai un potentiel… Ainsi, on ne trompe personne. »

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

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