C’est l’un des absents des 24 Heures du Mans : HEXIS AMR n’a pas été sélectionné par l’ACO pour disputer la classique sarthoise. Il faudra donc se passer d’une équipe française compétente et d’une voiture qui aurait pu s’illustrer en GT1, l’Aston Martin DBR9. Dommage. Alors que Le Mans approche à grand pas, nous avons rencontré Philippe Dumas, le Team Manager de Hexis AMR. Il fait le point sur la première partie de saison 2010.
Philippe, quel bilan dresses-tu à ce moment de l’année ? On débute par le GT3…
« On commence à bien connaître le dossier. Nous avons une bonne expérience de l’Aston Martin DBRS9 et du championnat. Il faut toujours se remettre en question, mais nous avons des équipages solides, avec une certaine continuité avec notamment Fred (Makowiecki) et Manu (Rodrigues). Sur la seconde voiture, Luc Paillard débute aux côtés de Thomas Accary. Ça va bien se passer par la suite.
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« Après le premier tiers du championnat, le bilan est plutôt moyen en terme de résultats bruts. Je ne vais pas m’étendre sur l’équilibre des performances et la composition des équipages, mais j’espère que tout sera remis de niveau pour la prochaine course et que nous pourrons nous battre pour les titres Equipes et Pilotes. Nous ne sommes pas décrochés. Je suis satisfait du travail fourni par le team. Même si il y a le programme GT1, il y a toujours la même envie et le même sérieux. On ne mets pas le GT3 de côté. J’espère simplement que des solutions seront trouvées entre SRO et la FIA. A Brno, on fini 5e en faisait une course parfaite à tous les niveaux. On ne peut pas faire mieux dans ces conditions. »
Et en GT1, quel regard portes-tu sur ce début de championnat ?
« Là aussi, nous sommes au premier tiers, et nous sommes arrivés à construire quelque chose en peu de temps pour participer à un Championnat du Monde ! Ce n’est pas une course régionale que l’on dispute… Je suis très fier de voir l’équipe être autant dans le match. Je suis plutôt optimiste pour la suite. J’avais dit que ces trois premières épreuves seraient complètement de l’apprentissage. Les résultats ne sont pas si mal ! Entre chaque manche, nous avons franchi un palier important, que ce soit en terme d’apprentissage, de sérénité. L’ensemble est une satisfaction. Nous avons encore beaucoup à apprendre, mais l’objectif est clair : gagner. Nous sommes capables de le faire. »
N’est-ce pas compliqué de gérer à la fois le GT1 et le GT3 ?
« Si, ça l’est. Et ça va l’être pour les courses du HTTT ou de l’Algarve. Mais globalement cela s’est bien passé, grâce au travail d’une petite équipe. Nous sommes quinze sur les meetings, soit environ huit personnes sur le GT1. C’est trop peu par rapport à la majorité de nos adversaires. Mais chacun est à sa place. En fait, je ne me plains pas, mais le plus dur, c’est pour moi (rire) ! Il nous reste deux courses à souffrir. C’était particulièrement difficile à Abu Dhabi, où nous avions une auto qui était la plus lente du plateau (compte tenu de la balance de performance) et qui ne convenait pas à la piste. Pour une entrée en matière, c’était assez étrange, d’autant que j’ai dû prendre le volant à la dernière minute. Ce n’était pas simple. »
Hexis Racing a également beaucoup changé de pilotes…
« C’est un sujet calé pour le GT3 et avec le duo Hirschi/Piccione en GT1. C’est déjà une fierté d’avoir une telle base. Pour la seconde voiture, cela devait être stable avec Fred et Jean-Denis Deletraz, via le soutien de ACM. Malheureusement, Jean-Denis a dû se retirer. Nous avons eu la chance de garder ACM pour les premières manches. La suite, c’est un point d’interrogation. Nous avons besoin de cette partie du budget. »
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A Brno, l’équipe pouvait compter sur Stéphane Sarrazin. Comment juges-tu ses débuts sur une auto qu’il connaît bien ?
« En fait, il connaît bien l’ancienne version de l’Aston Martin DBR9. La voiture a beaucoup changé. J’ai, à un moment, eu la faiblesse de penser que le changement de brides et l’arrivée du lest se passeraient sans problème. Ce n’est pas le cas : ce n’est pas si simple d’adapter l’auto à ses pénalités. Ce n’est pas une partie de plaisir, et Stéphane n’avait pas roulé dans cette auto depuis 2006 il me semble. Il a eu besoin de s’y habitué, ainsi qu’à l’équipe. Il s’est bien entendu avec Fred. Il m’a appelé récemment et malgré un week-end compliqué, il semblait content et très motivé pour le HTTT. Il nous a également apporté un nouveau rapport avec Aston Martin, qu’il connaît très bien. Il nous apporte une approche différente. »
Quel est le programme désormais ?
« Certains membres de l’équipe vont prendre quelques jours, d’autres vont aller au Mans où Manu (Rodrigues) court. Ensuite, ça va aller vite. Nous devons faire une grosse révision des quatre voitures, avant le rendez-vous du HTTT qui est très important. Nous allons également en profiter pour améliorer la logistique, la déco, l’organisation du box. Beaucoup de petits détails en fait. Ça va prendre du temps, tout comme quelques modifications sur la voiture : gagner du poids, améliorer la répartition des masses. Nous ferons au moins une journée d’essais. Et une semaine va être consacrée à l’entrainement aux pit-stop, sur lesquels nous n’avons toutefois pas à rougir. »
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Sur le plus long terme, la décision d’Aston Martin de faire une nouvelle GT ou un nouveau proto peut-elle avoir des incidences sur vos programmes futurs ?
« Oui, ça peut être le cas. Il y a quatre ans que nous avons entamé notre relation avec AMR, à l’époque avec le FFSA GT. C’est parfois compliqué de travailler avec les anglais, mais il y a tellement de bons côtés. Cette approche élitiste, et cette proximité que nous avons désormais avec l’Usine. Il y a un vrai rapport qui s’est installé, un rapport honnête. Nous avons la volonté de continuer en GT3, qui est une belle catégorie. Notre contrat est valable jusqu’à fin 2011 avec la DBSR9.
« D’un autre côté, comme toute structure, on cherche la meilleure opportunité. Cela veut dire que si un grand constructeur est prêt à nous aider, on ne fermera pas la porte. Mais notre premier souhait est de rester avec Prodrive. Après, il reste à connaître quelle solution sera adoptée. Je pense que pour un constructeur, il faut une base commune pour le GT1, GT2, GT3 et GT4. Cela n’aurait pas de sens de faire une nouvelle voiture pour seulement quatre châssis en GT1. »
Le proto peut-il vous intéresser ?
« Ça peut oui. Mais j’aimerai déjà bien continuer dans les deux catégories actuelles, GT1 et GT3, avec deux équipes distinctes. Deux structures quasiment autonomes en quelque sorte. C’est déjà bien d’avoir cette visibilité là. Le proto, pourquoi pas. Mais à moins d’une grosse opportunité, cela me paraît difficile pour 2011. Après, Christophe Bouchut a géré le dossier Kolles et nous a introduit auprès de Kolles. Pourquoi pas ? Il y a des choses possibles. »
Et Le Mans ?
« Nous voulons trouver une solution pour enfin participer à cette épreuve. Pour moi, il y a le Championnat du Monde pour le GT1, le Championnat d’Europe pour les GT3, et les séries Le Mans pour le GT2. Le Mans, c’est différent. C’est l’une des plus belles courses de la planète et si les GT1 continuent d’y être acceptées en 2011, nous voulons y être. Nous pensons aussi aux 24 Heures de Spa, qui pourraient être une belle aventure. Mais il faut le budget… »
Anthony Megevand




