Après le GT1, suite de notre présentation des 24 Heures du Mans 2010 avec la deuxième catégorie GT, le GT2. Avec 18 voitures, cette classe sera la plus représentée avec le LM P1. Tout un symbole…
Peut-on, trouver mieux que le GT2 à l’heure actuelle ? La question pourrait en faire bondir certains, mais il faut se rendre à l’évidence. Aucune autre catégorie ne propose aujourd’hui un plateau composé de sept marques différentes ! Qui plus est lorsque ces marques sont représentés officiellement. Le niveau était déjà élevé lors des dernières éditions. Il l’est encore plus en 2010, avec l’arrivée de Corvette et le retour de BMW. Pour Jaguar, il s’agira d’avantage d’un apport anecdotique.
Face à Ferrari, tenant du titre et bien décidé à conserver sa couronne, on retrouvera Porsche, qui ne s’est plus imposé dans la Sarthe depuis 2007. Mais la firme allemande surfe sur la vague du succès en Le Mans Series, et même en ALMS avec deux succès consécutifs. Corvette, pour le cinquantième anniversaire de sa présence au Mans, affiche également de grandes ambitions. Quant à BMW, le constructeur bavarois sort d’une probante victoire aux 24 Heures du Nürburgring. Et l’on peut ajouter Spyker, auteur d’une belle saison 2009, ainsi que Aston Martin, dont la Vantage est en progrès.
Voilà pour les voitures. Mais Le Mans, c’est aussi une histoire de pilotes. Et là, le GT2 frappe également un grand coup. On y trouve des références. Difficile de citer tous ceux dont le palmarès pourrait faire pâlir plus d’un pilote F1. Corvette, BMW, Ferrari ou Porsche s’appuient tous sur du costaud. Il y a également les stars médiatiques, comme Fisichella ou Alesi, qui sont bien décidés à ne pas faire de la figuration. Sans compter les spécialistes du Tourisme chez BLM. Ou encore les jeunes qui veulent damner le pion à leurs ainés.
Oui, ce GT2 ne manque pas de piquant. Et comme il n’y a pas de problème d’équivalence, on s’attend à une bagarre de folie. Longtemps considérée comme la quatrième roue du carrosse, cette catégorie semble enfin avoir l’exposition qu’elle mérite. On ne s’en plaindra pas. Messieurs, que le meilleur gagne !
Claude Foubert, Laurent Mercier,
Cécile Bonardel et Anthony Megevand
Corvette Racing : Tout d’une grande…
Sur le papier, prendre la direction d’une une catégorie dite inférieure ne peut être synonyme de passage à un niveau supérieur. Et pourtant, c’est bien le cas pour Corvette Racing, qui a dit adieu au GT1 pour s’aligner en GT2 depuis la deuxième partie de saison 2009. Une catégorie qui a tout d’une grande.
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En s’inscrivant en GT2, Corvette a clairement gagné en adversité. Les protégés de Doug Fehan ne sont plus seuls. Ils affrontent désormais BMW, Ferrari et Porsche, tous officiellement représentés. La victoire n’en sera que plus belle, si victoire il y a. Pour cela, les Chevy boys doivent venir à bout d’une concurrence féroce. Pour la première fois depuis de nombreuses années, ils partent dans l’inconnue. Si, ces dernières saisons, la firme américain s’appuyait sur l’expérience acquise lors des éditions précédentes, ce ne sera pas le cas en 2010. La nouvelle C6.R GT2 a une petite année d’existence et elle n’a pour l’instant jamais foulé le sol européen ! Lors des deux journées d’essais libres et qualificatifs, la dernière arme de Corvette découvrira Le Mans. Tout comme BMW certes, mais contrairement à Ferrari et Porsche, qui peaufineront les détails.
Cette ZR1, elle a débuté en juillet dernier et ses premiers pas ont été tonitruants. Cinq podiums lors de ses cinq apparitions, et une victoire dès sa troisième course. Impressionnant quand on connaît le niveau du GT2 étasunien. Les fruits d’un travail de longue haleine mené majoritairement en CFD, le budget étant réduit. Le châssis acier a fait place à l’alu, alors que l’extracteur et le splitter ont été totalement revus. Plus petite que la GT1, la ZR1 GT2 a pourtant tout d’une grande, à commencer par son look. Difficile pour les non-spécialistes de la différencier de ses ainées, tant elle s’inscrit dans la tradition de la marque. Au niveau du moteur, après le 6,0l basé sur le V8 de la GT1, un V8 5,5l basé sur le modèle de série a fait son apparition depuis le début de la saison en cours.
Un début de saison finalement mitigé. Les 12 Heures de Sebring ont été un fiasco ou presque. La n°3 a tout d’abord connu un problème mécanique, chose rare sur les bolides développés par Pratt&Miller. Et puis cette même n°3 a percuté la voiture sœur, la n°4, lors d’un pit-stop ! les espoirs de bon résultat s’envolaient alors définitivement. A Long Beach, Magnussen/O’Connell sont montés sur le podium, tout comme Beretta/Gavin à Laguna Seca. Pas si mal en soit, mais les Corvette manquent encore de pointe de vitesse pour rivaliser sur un tour avec leurs rivales. On a l’impression – ce n’est qu’une impression – qu’il manque aussi le dernier détail, le brin de réussite que Doug Fehan et ses hommes savaient provoquer en GT1. Peut être est-ce l’apprentissage de la catégorie…
Corvette Racing n’en sera pas moins un des favoris du GT2, avec des autos performantes en conditions de course, et qui restent généralement fiables. Même si le moteur est encore jeune… Les Américains tenteront donc de mettre à mal la domination de Ferrari et Porsche. Et pour cela, ils peuvent compter sur des trios qui ont fière allure. Comme l’an dernier, Jan Magnussen et Johnny O’Connell seront épaulés par Antonio Garcia sur la n°3. En revanche, il y a du changement sur la n°4, avec l’arrivée d’Emmanuel Collard aux côtés de Oliver Gavin et Olivier Beretta. Inutile de présenter tous ces hommes, des briscards de l’Endurance. Des équipages expérimentés, habitués aux joutes du GT, GT1 ou GT2, et qui connaissent tous la recette pour gagner.
C’est l’objectif, à n’en pas douter. Surtout que Corvette Racing fête les cinquante ans de sa première venue dans la Sarthe. Autant dire que les C6.R, ou ZR1, voudraient bien offrir le plus beau des cadeaux au constructeur…
| Corvette Racing | |||
| 63 | Jan Magnussen | Johnny O’Connell | Antonio Garcia |
| 64 | Oliver Gavin | Olivier Beretta | Emmanuel Collard |
| Corvette | C6 ZR1 | ||
| V8 6,0l | Pneus Michelin | ||
| Program Manager | Doug Fehan | ||
ProSpeed : Voir le drapeau à damiers…
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Champion FIA-GT2 2009 avec Richard Westbrook et second au classement Equipes, ProSpeed Competition était de ce fait qualifié d’office pour les 24 Heures du Mans 2010. L’équipe belge devait remettre son titre en jeu cette année, mais l’annulation du Championnat d’Europe GT2 a obligé Rudi Penders à revoir ses plans. C’est donc en Le Mans Series que ProSpeed a trouvé refuge avec une Porsche 997 GT3-RSR confiée à Richard Westbrook et Marco Holzer. Malheureusement, le duo n’a guère brillé lors des deux premières manches. Ce sera les débuts du team belge dans la Sarthe, même si Rudi Penders connaît l’épreuve pour y avoir participé en tant que pilote. La paire Westbrook/Holzer étant retenue chez BMS Scuderia Italia, ce sera un trio inédit qui débutera sur le double tour d’horloge sarthois avec Van Splunteren/Machiels/Hommerson. L’équipage aura fort à faire dans une catégorie ultra disputée avec des équipes et des pilotes aguerris au combat. Le trio fera ses débuts au Mans, même s’il a l’expérience des courses de 24 heures avec le double tour d’horloge spadois 2009 sur une Porsche 997 GT3-RSR. Lors des 1000 km de Spa, l’équipage s’est classé 13ème de la catégorie GT2. L’an passé, Louis Machiels a remporté les 24 Heures de Zolder, déjà sur une Porsche/ProSpeed. Paul van Splunteren roule pour sa part cette saison en FIA-GT3 en compagnie de Marco Holzer. Quant au Néerlandais Niek Hommerson, il était présent l’an passé en Lamborghini Blancpain Super Trofeo.
| ProSpeed | |||
| 75 | Paul van Splunteren | Louis Machiels | Niek Hommerson |
| Porsche | 997 GT3-RSR | ||
| Flat 6 4,0l | Pneus | ||
| Team Manager | Rudi Penders | ||
IMSA Performance Matmut : Le chat noir…
Depuis plusieurs saisons, les résultats de l’écurie IMSA Performance Matmut sont en dents de scie car ils sont directement proportionnels à la quantité de chats noirs que l’équipe trouve sur sa route. Entre les accrochages involontaires, notamment l’an dernier au Mans lorsque Patrick Pilet a été poussé par un LMP1, et les pannes mineures, mais rédhibitoires, les Normands n’ont pas été épargnés. Pourtant, la structure créée par Raymond Narac, concessionnaire Porsche à Rouen, dispose de moyens humains, techniques et financiers qui devraient lui permettre d’atteindre régulièrement le podium, ce qui n’a pas été le cas depuis le début de la saison 2010.
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En effet, une septième place lors de la manche d’ouverture des Le Mans Series au Castellet, puis une cinquième place un mois plus tard dans les Ardennes belges ne reflètent pas le potentiel réel de l’écurie française. Si la voiture n°76 – département de la Seine Maritime – a rarement été la plus rapide sur la piste malgré la présence de Patrick Pilet, pilote usine Porsche, c’est d’abord parce que l’écurie n’a pas cherché la performance pure, mais s’est concentrée sur les réglages de la course. Malheureusement, dans le Var, le bris d’une pièce de suspension a réduit les espoirs de podium à néant vers la mi-course. Pourtant, Raymond Narac était solide deuxième et nous avions assisté à un festival « Pilet » lors du premier relais, le pilote d’Auch pointant en tête lors du changement de pilote. Quant à Spa, l’écurie a été victime du chaos qui a régné suite à la panne de courant et au drapeau rouge : un tour perdu face au leader pour s’être trouvé au mauvais moment au mauvais endroit.
Pourtant, l’écurie reçoit le soutien de Porsche avec Patrick Pilet. Intégré par le constructeur allemand début 2008 suite à sa victoire en Carrera Cup France en 2007, le pilote gersois est passé par une phase d’apprentissage en American Le Mans Series en 2008 avant de retraverser l’Atlantique pour disputer les Le Mans Series en 2009, mais aussi ses premières 24 Heures du Mans.
Son coéquipier habituel Raymond Narac, bien que gentleman-driver, possède une solide expérience de la classique mancelle qu’il a remportée en 2007 avec Patrick Long et Richard Lietz. Sur certains circuits, comme Le Castellet, le Normand parvient à faire quasiment jeu égal avec Patrick avec moins d’une seconde d’écart au tour. Seul Spa se refuse à lui. Victime d’une violente sortie de route à pleine vitesse sur le circuit belge en 2008, Raymond semble tendu pour le traditionnel rendez-vous dans les Ardennes. réaliste quant à ses performances, le Normand laisse à Patrick Pilet le soin de qualifier la voiture.
Le trio du Mans 2009 se reforme puisque Patrick Long sera à nouveau dans le baquet de la Porsche 997 GT3 RSR. Détenteur du titre de l’American Le Mans Series et pilote usine Porsche, l’Américain passé par la Filière possède une solide expérience et un sacré palmarès avec déjà deux victoires dans la catégorie GT2 au Mans (2004 et 2007), mais aussi à Sebring ou à Daytona. Il repart donc pour de nouvelles aventures au Mans après les abandons en 2008 et 2009 avec le team IMSA Performance Matmut.
L’année dernière, l’écurie avait dû abandonner suite à des problèmes d’embrayage alors qu’elle occupait régulièrement le haut du classement. Une performance à l’image des résultats 2009 du team qui est tout de même parvenue à monter sur le podium à deux reprises à Spa et à Silverstone. Avec un solide équipage et le soutien officiel de Porsche, l’écurie possède de solides atouts pour remporter sa catégorie, encore faudra-t-il que la chance soit au rendez-vous…
| IMSA Performance-Matmut | |||
| 76 | Raymond Narac | Patrick Pilet | Patrick Long |
| Porsche | 997 GT3-RSR | ||
| Flat 6 4,0l | Pneus Michelin | ||
| Team Manager | Franck Rava | ||
Felbermayr-Proton : Sur la vague du succès…
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C’est avec surprise que Christian Ried, l’un des propriétaires de l’écurie Felbermayr-Proton, a accueilli la liste des engagés des prochaines 24 Heures du Mans. En effet, une seule voiture avait été retenue sur la liste principale avec pour pilote désigné Horst Felbermayr, l’autre propriétaire. Ainsi, les pilotes usines Porsche Marc Lieb et Richard Lietz étaient relégués au rang de premiers remplaçants ! Fort heureusement, suite aux désistements multiples, l’écurie allemande a rapidement vu sa seconde auto évoluer vers la liste principale.
Après deux places de vice-champions en Le Mans Series en 2007 et 2008, l’équipe germanique a enfin décroché le graal en 2009 avec les pilotes usines Porsche Richard Lietz et Marc Lieb… pour un petit point face au détenteur du titre. Rarement épargnée par la malchance jusqu’à la fin de la saison, la voiture à la livrée bleue est enfin parvenue à concrétiser sa supériorité en piste. Lors de la dernière manche 2009 à Silverstone, le duo infernal a dû se battre pour conserver sa position de huitième, synonyme du titre.
Fidèle à Porsche depuis de très nombreuses années, le team est parvenu à imposer la 997 GT3 RSR face à une armada de Ferrari F430 en 2009 et la série ne semble pas prête de s’arrêter avec deux victoires dans les deux premières courses de 2010. Le talent des deux pilotes a sans doute fait la différence. Herr Doktor Marc Lieb peut se targuer d’un palmarès impressionnant, que ce soit en FIA-GT ou en Le Mans Series. Marc a remporté plusieurs titres et la plupart des courses d’endurance les plus célèbres dans la catégorie GT2, anciennement N-GT : Le Mans, Spa, Nürburgring, Petit Le Mans et Sebring, mais aussi le titre Le Mans Series 2005 avec Sebah et 2006 avec le team Autoorlando. Doté d’un caractère bien trempé, le pilote allemand est aussi brillant sur les circuits qu’en-dehors puisqu’il a passé une thèse avec succès, devenant ainsi l’un des pilotes les plus diplômés en activité.
Richard Lietz, son coéquipier depuis plusieurs saisons, a aussi plusieurs cordes à son arc. Passionné de rallye, l’Autrichien pratique son art dès que son programme le lui permet. S’il ne possède pas le palmarès de son aîné, Richard a remporté la catégorie GT2 des 24 Heures du Mans et le titre GT Open en 2007, associé à Patrick Long et à Raymond Narac. Comme en 2009, il fera équipe avec Marc et l’Allemand Wolf Henzler pour l’épreuve sarthoise. « Wolfie » a remporté le titre pour Flying Lizard en catégorie GT2 de la saison 2008 de l’American Le Mans Series, associé à Jörg Bergmeister et poursuit son aventure américaine cette saison avec le Falken Tire Racing. Bien qu’expérimenté, ce dernier ne compte que deux participations à la course mancelle, la dernière s’étant soldée par un abandon.
En effet, partie de la deuxième position sur la grille de départ, la Porsche n°77 a connu des soucis dès le début de l’épreuve. Avec une roue arrière très endommagée dès la passerelle Dunlop, Marc Lieb a dû effectuer un tour complet au ralenti afin de ramener la voiture au stand. Richard Lietz a pris le relais, mais malheureusement, il s’immobilise au début de la voie de décélération et vide sa batterie en essayant de rentrer au démarreur. L’abandon était inéluctable et Porsche venait de perdre l’un de ses plus sérieux prétendants à la victoire.
L’édition 2010 aura un arrière-goût de revanche pour le trio germanophone et le team qui, cette année, pourra compter sur une deuxième voiture pour l’épauler. L’an dernier, un accord avait été passé avec le team IMSA Performance Matmut. La voiture n°70 a été engagée sous la bannière de l’écurie normande, mais avec les Felbermayr père et fils au volant, Christian Ried se contentant de son rôle de team-manager. Hélas, l’auto ne passera pas sous le drapeau à damier suite à une casse moteur vers 23h.
Les Felbermayr père et fils remettent aussi le couvert en 2010, mais cette fois avec un engagement sous les couleurs habituelles de la voiture. Ils seront assistés du Slovaque Miro Konopka, un gentleman driver très expérimenté pour avoir participé à de nombreuses courses de 24 Heures, que ce soit à Spa ou à Dubai, où il a terminé sur le podium en 2006. Bien qu’habitué du FIA-GT, le Slovaque a fait quelques apparitions en Le Mans Series avec l’écurie ARC Bratislava en GT1, mais aussi dans la Sarthe en 2006 sur la Porsche GT2 de l’écurie T2M, apparition qui s’est soldée par un abandon. Si, en théorie, cet équipage ne part pas pour la gagne, les 24 Heures du Mans réservent toujours leurs lots de surprise…
| Felbermayr-Proton | |||
| 77 | Marc Lieb | Richard Lietz | Wolf Henzler |
| 88 | Horst Felbermayr Jr | Horst Felbermayr Sr | Miro Konopka |
| Porsche | 997 GT3-RSR | ||
| Flat 6 4,0l | Pneus Michelin | ||
| Team Manager | Daniel Frank | ||
BMW : Quelles M3 verrons-nous ?
Notre titre peut surprendre, mais il y a bien deux BMW M3 sur la planète Endurance. Celle qui est homologuée en GT2S, qui court en ALMS et aux 24 Heures du Nürburgring, et celle homologuée en GT2 par l’ACO, qui a fait récemment ses débuts en Le Mans Series. C’est cette dernière que nous verrons dans la Sarthe. Avec quel niveau de performance ? Telle est la question…
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C’est au cours de la saison 2008 que BMW a fait son retour en GT2, avec les premiers tests de la M3 E92. Le come-back est devenu effectif à Sebring, en mars 2009, avec des premiers pas difficiles, que ce soit en fiabilité ou en performance pure. La suite a été plus positive avec six podiums et une victoire, à Road America. Difficile toutefois de juger ces résultats, la belle allemande profitant de quelques ajustements réglementaires outre-Atlantique, notamment au niveau des brides et du poids. En revanche, on ne peut pas enlever au constructeur bavarois les progrès effectués tout au long de la saison. Des progrès qui ont conduit la M3 à rivaliser avec les Porsche et Ferrari.
Les premières manches 2010 se sont inscrits sur cette bonne dynamique, avec une M3 qui est désormais relativement fiable. A Sebring, les deux BMW du Rahal-Letterman Racing se sont classées deuxième et troisième, se montrant les plus rapides en rythme de course. Ce bon résultat a été confirmé à Long Beach, avec une troisième place, puis à Laguna Seca, avec un deuxième rang, Hand/Muller menant l’épreuve jusqu’à huit minutes du terme. Ces performances sont d’autant plus méritoires que la M3 ne bénéficie plus d’autant d’avantages… Cette M3 en configuration GT2S, elle a aussi disputé les 24 Heures du Nürburgring, certes dans une version un peu différente pour convenir à la Nordschleife. Le résultat a été à la hauteur des espérances, voir au delà : la victoire, face à Porsche, Audi, Ferrari… Cela confirme, si besoin en était, le potentiel de la bête. Une bonne répétition pour Schnitzer, qui sera chargée d’aligner les M3 au Mans.
Schnitzer, c’est le team qui défend les couleurs de BMW en Le Mans Series, avec une M3 un peu différente. Preuve en est, elle avait fait seulement un shakedown avant les 8 Heures du Castellet. Cette M3 a subit un certain nombre de modifications afin d’être homologuée par l’ACO. Quelles modifications ? Le constructeur se fait discret sur le sujet. Certainement un peu d’aéro, de moteur et les points d’ancrage de suspension. Difficile à dire, mais les résultats n’ont pas été flamboyants sur le Paul Ricard HTTT. C’était un peu mieux à Spa, avec une quatrième place pour Muller/Priauls/Farfus et un excellent niveau de performance en course. C’est d’ailleurs à se demander si BMW ne maitrise pas l’art de cacher son jeu lors des qualifications.
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Si elles brillent aux USA, les M3 doivent encore faire leurs preuves en Europe. Sera-ce au Mans ? Un coup d’essai pour un coup de maître ? Pourquoi pas. BMW se donne les moyens de ses ambitions, on l’a vu en Belgique où la firme avait amené ses deux montures et ses six pilotes pour une véritable répétition générale. Les Dunlop sont aussi dans le coup et la puissance du V8 n’a pas grand chose à envier à ses adversaires. Quant aux pilotes, ils sont de tout premier plan. Jorg Muller, Augusto Farfus et Uwe Alzen se partageront la n°78, tandis que Andy Priauls, Dirk Muller et Dirk Werner se relayeront à bord de la n°79.
Des trios qui ont sont en fait un mixe d’Endurance et de tourisme. Jorg Muller, un fidèle de la marque, représente bien cette philosophie : après avoir brillé en monoplace, avec une victoire dans le Grand Prix de Macao (1993), un titre de Champion d’Allemagne de F3 (1994) et un sacre en F3000 (1996), il s’est illustré en Endurance, remportant les 12 Heures de Sebring 1999, puis en Tourisme, en étant Vice-champion en WTCC (2006). Augusto Farfus connaît bien ce championnat. Et pour cause, le Brésilien le dispute depuis 2005, avec plusieurs victoires à la clé et deux trois places au classement finale. Si on ajoute un titre en Euro F3000 en 2003, cela fait de lui un pilote typé Sprint. Il est d’ailleurs réputé pour être (un peu) chaud ! Si il a été Vice-champion DTM en 2011, Uwe Alzen est, à l’inverse de Farfus, un vrai spécialiste de l’Endurance. Vainqueur des 24 Heures de Spa en 1993, deuxième au Mans en 1998, il a remporté les 24 Heures du Nurburgring en 2000… et en 2010. Ce trio était d’ailleurs présent sur la plus haute marche du podium, en compagnie de Pedro Lamy.
La voiture sœur marquera le retour des Art Cars au Mans. La n°79 – en l’honneur de la M1 dessinée par Warhol – arborera en effet une livrée réalisée par l’artiste américain Jeff Koons. Au volant, on retrouvera Dirk Muller, impliqué dans le développement de la M3 depuis le début. Lui aussi connaît bien BMW, le Tourisme et l’ALMS. Vainqueur des 24 Heures de Daytona, catégorie GT, en 1998, il a ensuite remporté la Carrera Cup allemand, avant de devenir champion ALMS GT en 2000. Après l’ETCC durant trois ans, il a effectué deux saisons en WTCC. C’est en 2007 qu’il est revenu en Endurance, via le FIA-GT2. Il a ensuite retrouvé l’ALMS, avec Tafel en 2008, puis avec BMW lors des deux dernières saisons. Comme Farfus, Andy Priaulx va goûter aux joies du Mans après les portières contre portières du Tourisme. Champion d’Europe en 2004, il a réalisé le hat-trick en WTCC, après titres mondiaux consécutifs ! Le Britannique, qui avait débuté la compétition par du… bateau, s’est également imposé dans les 24 Heures du Nurburgring 2005. Preuve qu’il connaît bien les BMW… et l’Endurance. Le petit dernier, Dirk Werner, a longtemps couru sur Porsche. 3e de la Supercup en 2004, vainqueur de la Cup allemande en 2006, il a décroché deux couronnes GT en Grand-Am, en 2007 et 2009. Cela lui a permis de remporter la « Coupe Porsche », décerné à un pilote non-officiel de la marque. Il a depuis rejoint BMW, dont il défend les couleurs en LMS et aux 24 Heures du Nürburgring.
Vous l’aurez compris, pour son retour au Mans, BMW n’a pas fait les choses à moitié. Reste à savoir si, comme au Nürburgring, ce come-back se traduira par un succès de classe !
| BMW Motorsport | |||
| 78 | Jörg Müller | Augusto Farfus | Uwe Alzen |
| 79 | Dirk Müller | Dirk Werner | Andy Priaulx |
| BMW | M3 | ||
| V8 | Pneus Dunlop | ||
| Team Manager | |||
Flying Lizard Motorsports : L’année de la consécration ?
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Sixième participation consécutive pour l’éuipe californienne. Les débuts avaient été plutôt été réussis, avec une troisième place pour la première course, en 2005. Depuis, le sort semble s’acharner quelque peu sur les Lizards. Ceux-ci vont arriver cependant au Mans avec un capital confiance solide, s’appuyant sur deux titres consécutifs -team et pilotes- en ALMS en 2008 et 2009, et deux succès de rang en ALMS à Long Beach et à Laguna Seca.
Les points forts des Lizards sont toujours les mêmes : une équipe technique de haut vol autour de Eric Ingraham. Avec des ingénieurs comme Craig Watkins et Stefan Pfeifer et un Chef Mécanicien comme Thomas Sadler, le team peut voyager… Thomas connaît d’ailleurs la course automobile de l’intérieur, puisqu’il a participé -et gagné- en tant que pilote aux 25 Heures de Thunderhill fin 2009, les Lizards pour se roder étant venus en nombre donner un coup de main à la Porsche du Mercer Motorsports. En début d’année, le team s’était associé avec le team TRG de Kevin Buckler, décrochant la neuvième place au général et a deuxième en GT, avec le quatuor Bergmeister/Long/Van Overbeek/Neiman
Pour 2010, le team a choisi la continuité : le châssis 2010 est celui qui a fait Le Mans l’année dernière et les trois pilotes sont identiques : Jörg Bergmeister, Darren Law et Seth Neiman. Bergmeister est un des pilotes d’endurance les plus titrés : quadruple champion GT2 ALMS, champion Grand-Am en DP, vainqueur en GT au Mans en 2004, vainqueur en GT des 24 Heures de Daytona au général et en GT….C’est de plus un rude compétiteur qui ne craint en aucune façon les mano à mano. C’est également le cas pour Darren Law, un pilote qui ne baisse jamais les bras. Darren est régulièrement parmi les meilleurs pilotes Porsche non-officiels. Il a été vice-champion ALMS GT2 et a remporté au général les 24 Heures de Daytona en 2009. Peu lui importent les conditions de course : plus elles sont difficiles, plus il répond présent.
Seth Neiman est le créateur et propriétaire du Flying Lizard et son rêve absolu est de remporter la classique mancelle. Il a fait de nombreuses places d’honneur en ALMS et a donc pris la deuxième place en GT cette année à Daytona. Il a un solide bagage technique et connaît la Porsche de fond à comble. Son feedback est précieux à toute l’équipe.
Eric Ingraham, Team Manager, à Endurance-Info : “D’une certaine façon, les challenges qu’impose Le Mans à un team américain comme le Flying Lizard sont les mêmes année après année. Au Mans, le principal challenge est le fait que le team ne travaille pas selon notre schéma habituel. Au lieu des deux voitures que nous faisons courir en ALMS, nous en avons une seule -la n°80. C’est un pays différent, une langue différente, nous travaillons dans un type de stand différent : il ouvre sur la pitlane au lieu d’être avec un mur; les règlements sont différents, et ainsi de suite…Cela peut paraître de simples différences, mais pour pouvoir réussir dans cet environnement, nous devons complètement modifier notre structure pour nous adapter à ce nouveau format. Par exemple, aux USA, nous gérons chaque voiture indépendamment de l’autre, donc il y a effectivement deux équipes tehniques distinctes : deux équipes de mécaniciens, deux ingénieurs (un pour chaque voiture), deux responsable des données télémétriques, deux responsables voiture, deux responsables de la stratégie. Nous amènerons la plupart de ces gens-là au Mans. Donc cela veut dire que nous devons comprendre où les doublons sont superflus -nous devons nous assurer d’avoir le bon nombre de “têtes pensantes” pour chaque problème – et cela veut dire aussi qu’ils ne doivent ni trop, ni passez nombreux. En ALMS, chacun connaît exactement son rôle et comment il doit procéder -au Mans, nous devons accorder tout cela pour que ça fonctionne.
“Cette année, le plateau GT2 au Mans est aussi bon qu’à chaque fois que nous avons couru ici, et c’est peut-être même le plus complet que nous ayons connu -ici ou en Amérique du Nord, 15 voitures différentes pourraient gagner en GT2. En termes de préparation, bien sûr, nous devons nous assurer d’avoir une voiture fiable. Historiquement, nous n’avons eu que peu de problèmes et la voiture a été bien invariablement. La gestion des pilotes est également une des grandes priorités. La course de 24 heures avec trois pilotes va nécessiter pour chaque pilote le plus long temps de conduite de l’année. Donc, nous devons avoir la bonne stratégie pour gérer la rotation des pilotes. Le travail au stand est aussi très important mais, contrairement aux USA où nous utilisons ce travail dans les stands pour regagner des places, au Mans, le but est un peu différent : passer le moins de temps possible dans les stands. A cause de la longueur du circuit et de la durée de la course, de la manière dont se passent les neutralisations, le but recherché pour un bon travail au stand est davantage une réduction du temps passé plutôt que le gain de positions.”
| Flying Lizard Motorsports | |||
| 80 | Jörg Bergmeister | Darren Law | Seith Neiman |
| Porsche | 997 GT3-RSR (Châssis WPO ZZZ 99 Z9S 799 913) |
||
| Flat 6 4,0l | Pneus Michelin | ||
| Team Manager | Eric Ingraham | ||
JaguarRSR : Le retour d’un mythe !
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Paul Gentilozzi ramène Jaguar au Mans et bien que cet engagement soit sous une bannière américaine, on peut être certain qu’il ne laissera pas indifférent les spectateurs d’Outre-Manche, tant les britanniques sont des inconditionnels des “big cats”. Même si ce retour de Jaguar se fait dans la plus petite catégorie, le GT2, le retour d’une marque mythique dont le nom est gravé dans le marbre de la légende du Mans est un des évènements de cette édition 2010.
Paul Gentilozzi est le fondateur du team JaguarRSR, qu’il a crée conjointement avec ses fils Tony et John, lequel occupera les fonctions de Team Manager au Mans. La création de Jaguar RSR remonte seulement au printemps 2009 et la première course de la Jaguar GT2 au Petit Le Mans de cette même année, mais les relations de Gentilozzi et Jaguar sont plus anciennes, en 2000 ou l’équipe Rocketsports de Paul Gentilozzi a commencé à faire courir des Jaguar XKR en Trans-Am. La relation entre les deux entités a été plus que fructueuse, les deux entités pouvant se flatter de cinq titres constructeurs et pilotes entre 2000 et 2006, avec Paul Gentilozzi lui-même, Scott Pruett et Klaus Graf. Le team peut même se flatter d’une victoire avec la Jaguar en catégorie GTS dans les 24 Heures de Daytona 2002, assortie d’une cinquième place au classement général.
Cet engagement ne repose donc pas sur une petite équipe, mais sur un team bien structuré. C’est vrai que pour l’instant le ramage ne vaut pas le plumage et qu’on n’a pas beaucoup entendu le feulement du gros chat. En ALMS, depuis le début de saison, la XKR est à l’arrière du plateau. A Laguna Seca, la fiabilité était accrue. Il reste à améliorer les performances. Le Mans va peut-être cependant arriver un peu tôt pour que la Jaguar puisse se mêler à la bagarre qui va agiter la catégorie GT2.
En revanche, l’équipage est des plus solides. Paul Gentilozzi, à 60 ans passés, sera peut-être le plus ancien pilote du plateau. Il a un palmarès bien rempli : victoire en GTS à Sebring et à Daytona, victoire au général dans les 24 Heures de Daytona 1994 (avec Scott Pruett, Butch Leitzinger et Steve Millen sur Nissan 300ZXT) et cinq titres en Trans-Am (record absolu de victoires, de podiums, de meilleurs tours….) entre 1998 et 2006. Il a disputé une fois les 24 Heures du Mans, en 1994 sur Nissan avec Eric Van de Poele et Shunyi Kasuya.
Ryan Dalziel a lui aussi remporté les 24 Heures de Daytona, mais c’est beaucoup plus récent puisque l’écossais a remporté l’édition 2010 sur une Riley BMW Starworks associé à João Barbosa, Terry Borcheller et Mike Rockenfeller (2ème également en 2007). Il a lui aussi un record book plus que respectable : il a été deux fois vice-champion de Formule Atlantic, a ensuite animé les pelotons de l’ALMS avec la C5-R du Pacific Coast Motorsports avant de passer au Grand-Am puis au Champ Car avant de revenir au Grand-Am avec bonheur.
Marc Goossens, bien qu’il ait seulement 40 ans, a une longue carrière en sport automobile, et ce dans les disciplines les plus diverses. Il a remporté le convoité Festival Ford en 1991 -assorti du titre de champion de Grande-Bretagne – avant de monter sur le podium des classements pilotes en F3 et F3000. En 1997, alors qu’il court au Japon (une victoire en JGTC), il termine 4ème au Mans sur une Courage. Après avoir refait de la F3000, de la Formula Nippon, du JGTC et couru au Mans entre autre avec Cadillac, il part aux USA en 2002 (3ème des 12 Heures de Sebring). Ce sera ensuite le Grand-Am avec Bill Riley, avec podiums et victoire et il est de l’aventure Jaguar RSR depuis l’année dernière. Fort de ses huit participations aux 24 Heures, il sera en quelque sorte le chef de route de la campagne JaguarRSR au Mans.
Paul Gentilozzi a bien voulu confier ses espoirs à Endurance-Info : “Chaque séance d’essai, chaque course depuis que nous avons fait débuter la JaguarRSR XKR GT2 au Petit Le Mans en 2009 a été pour nous une occasion d’en apprendre un peu plus sur la voiture et d’améliorer ses performances. Nous avons fait beaucoup de chemin en peu de temps et nous avons des mécaniciens très impliqués, ils se dévouent corps et âme à ce programme pour assurer son succès. Nous avons la chance d’avoir un équipage international de talent dont Marc Goossens et Ryan Dalziel pour cette course. Les 24 Heures du Mans sont une course chère au coeur des amateurs de course automobile à travers le monde entier. Faire courir une Jaguar au Mans, c’est très spécial. Nous savons que le niveau de concurrence est élevé, cela ne va pas être une tâche, mais je peux garantir à cent pour cent l’engagement total de la part de JaguarRSR.”
| Jaguar | |||
| 81 | Paul Gentilozzi | Ryan Dalziel | Marc Gossens |
| Jaguar | XKR GT2 (Châssis RSGT-01/002) |
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| V8 5,0l | Pneus Yokohama | ||
| Team Manager | John Gentilozzi | ||
Risi Competizione : Pour le hat-trick…
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Victorieux en 2008 et 2009 au Mans, le team texan peut viser cette année un troisième succès en GT2, ce qui serait un rare exploit dans une catégorie où la concurrence fait rage. Comme les trois années précédentes, le team alignera deux voitures, la n°82 portant les couleurs traditionnelles de Risi, et la 83 arborant le vert et bleu du Krohn Racing, Giuseppe Risi et Tracy Krohn ayant renouvelé un accord pour Le Mans qui remonte à 2007 et qui donne des bons résultats, avec la deuxième place de 2007 et la troisième en 2009.
L’équipe a dû laisser la couronne GT2 au Flying Lizard Motorsports l’année dernière, mais a réalisé le grand chelem dans les courses d’endurance majeures, avec la première place dans les 12 Heures de Sebring, les 24 Heures du Mans et le Petit Le Mans. La Ferrari n°62 s’est encore imposée dans les 12 Heures de Sebring 2010 avec le trio Jaime Melo/Gianmaria Bruni/Pierre Kaffer. La route du hat-trick et d’un nouveau grand chelem est encore ouverte et l’équipe de Giuseppe Risi sera assurément une des équipes à battre, le team disposant de pilotes de talent, d’un staff technique de haut vol autour de David Sims et de Rick Mayer. Les mécaniciens connaissent la Ferrari 430 GT de fond en comble et maîtrisent parfaitement les arrêts au stand.
Avec le trio Melo//Bruni/Kaffer de la Ferrari n°82, Risi Competizione sait déjà qu’il n’a pas de soucis à se faire question homogénéité de l’équipage. Jaime Melo, champion F3000 2002, aurait pu faire une belle carrière en monoplace mais il s’est tourné vers l’endurance, ce qui ne peut que nous convenir. Champion FIA GT2 2006 avec AF Corse, Champion ALMS GT2 2007, vice-champion ALMS GT2 2009, il a remporté en 2009 Sebring, Le Mans et Le Petit Le Mans avant d’enchaîner en début de saison 2010 par Sebring une nouvelle fois (la troisième pour le brésilien). L’année dernière, Melo avait enrichi son palmarès par une victoire en GT2 aux 24 Heures de Spa avec Gianamaria Bruni, Toni Vilander et Luis Perez-Companc. Endurant donc, c’est une évidence, mais rapide et combatif également, car le brésilien ne se laisse pas facilement impressionner. Pierre Kaffer est arrivé chez Risi l’année dernière. Equipier attitré de Melo, il a donc lui aussi réalisé le grand chelem de l’endurance, ajoutant donc un deuxième succès en GT2 à Sebring cette année, sa troisième victoire en Floride puisqu’il a triomphé au classement général en 2004 avec une Audi R8 du Team Veloqx. Fassler a touché avec bonheur à toutes les disciplines, des Formule Ford et Opel, des Coupes Porsche au DTM. Il est, comme Melo, vice-champion ALMS GT2. Gianmaria Bruni a lui aussi de belles lettres de noblesse : après un début de carrière internationale en British F3, puis en Euro F3000 (vice-champion), il a fait une saison de F1 avec Minardi en 2004, il est revenu en GP2 Series avec plusieurs victoires avant d’aborder l’endurance et le GT2 en 2007 (vice-champion FIA GT2 avec AF Corse, l’ALMS avec Risi Competizione et Le Mans Series avec Virgo Motorsports). En 2008, il est champion FIA GT2 avec AF Corse, 3ème en Le Mans Series avec Virgo et il remporte les 24 Heures du Mans en GT2 avec le Risi Competizione. L’année dernière, il est vice-champion FIA GT2 sur une Ferrari AF Corse et termine 6ème au Mans, toujours avec AF Corse.
Giuseppe Risi a confié son sentiment à Endurance-Info : “Les 24 Heures du Mans restent la plus grande et la plus prestigieuse course d’endurance au monde, et nous sommes honorés de revenir ici avec nos deux voitures. J’ai toujours cru que, quelle que soit la course, le plus important c’était sa préparation, et ici plus que nulle part ailleurs. Nous avons l’équipe, la voiture et l’équipage capables de gagner -comme nous l’avons démontré auparavant- mais nous ne nous faisons pas d’illusions : le niveau de la concurrence sera très élevé et la course sera très serrée. Cela l’a déjà été, mais davantage encore cette année si on ajoute les Corvette et les BMW en catégorie GT2. Nous courons contre les meilleurs teams et les meilleurs pilotes mondiaux et je les respecte énormément. Ce sera une course fantastique, et nous espérons faire la même course paisible et sans problèmes que ces deux dernières années; c’est le vrai secret de la réussite au Mans.”
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Sur la Ferrari n°83, après la reconduction de l’accord entre Risi et le Krohn Racing, on retrouve le trio habituel : Tracy Krohn/Nic Jönsson/Eric Van de Poele. Les résultats au Mans plaident en la faveur de la Ferrari verte et bleue, deuxième en GT2 en 2007 et troisième en GT2. Après un break l’an passé, en raison de ses occupations au sein de la compagnie de recherches pétrolifères et gazières, Tracy Krohn a décroché un deuxième podium au Mans en 2009 pour sa quatrième participation consécutive. Il a réactivé cette année son programme Grand-Am avec sa Lola-Ford, après avoir dû l’interrompre en cours d’année à la suite d’un différend entre Lola et Proto-Auto, et a pris cette année la quatrième place au général des 24 Heures de Daytona avec Jönsson et Colin Braun, ainsi que la septième en GT2 aux 12 Heures de Sebring avec Jönsson et Van de Poele. Van de Poele, l’homme au chapeau, a un des plus beaux palmarès de l’endurance avec deux victoires aux 12 Heures de Sebring, des podiums aux 24 Heures de Daytona et aux 24 Heures du Mans. Le pilote belge compte en plus des places d’honneur en ALMS, en Tourisme, en Grand-Am. Il a été champion DTM en 1987, a été vice-champion de F3000, a disputé 5 Grand Prix de F1, a conduit la plupart des beaux protos, de la Peugeot 905 à la Bentley EXP Speed 8 en passant par la Ferrari 333SP, les Nissan R390 et R391 et la Cadillac LMP1…Nic Jönsson est un fidèle de Tracy Krohn qui a lui aussi un beau palmarès en endurance avec des podiums en GT2 et à Sebring et au Mans, à deux reprises pour ces classiques de l’endurance. Il a été à plusieurs reprises champion de Scandinavie en F3 et a été vice-champion d’Europe. Il a également remporté les 6 Heures de Watkins Glen et est monté à plusieurs reprises sur le podium, que ce soit en ALMS ou en Grand-Am. On l’a vu aussi en IRL. A titre plus anecdotique, il a été l’instructeur automobile de la famille royale suédoise.
Tracy Krohn a évoqué pour Endurance-Info les prochaines 24 Heures : “Nous avons préparé Le Mans en disputant la manche ALMS, une course de six heures, trois semaines avant la course au Mans. C’est probablement la meilleure manière de s’y préparer. C’est une course suffisamment longue pour qu’on puisse sentir comment la voiture va se comporter. Et en fait ce circuit peut être quelque peu similaire au Mans, mais bien sûr, il n’est pas aussi long et n’est pas aussi rapide mais le terrain est un peu semblable, par certains côtés : une faible adhérence par endroits, des conditions météo changeantes et ces sortes de choses. Donc, c’est une manière de faire. A Laguna, tout le monde est prêt à prendre le départ d’une course plus longue.
Je pense que cette année le nombre de voitures dans la catégorie est exceptionnel, tellement il y a de marques différentes. Je pense que la catégorie GT2 sera probablement la catégorie la plus disputée. Du moins, c’est comme ça cette année en American Le Mans Series. Nous espérons toujours être sur le podium. C’est l’objectif. Le bon côté de cette course, c’est que c’est une course très longue. Il ya cette année beaucoup d’équipes d’usine et clairement les meilleurs pilotes de GT au monde. Aussi, souvent, croyez-le ou non, cela joue vraiment en notre faveur car nous n’avons rien à vouloir prouver. Nous voulons juste rester en position d’être bien placés à l’arrivée et nous ne nous soucions pas d’une quelconque supériorité ppar rapport à nos coéquipiers. Nous n’avons pas à nous soucier de nombreuses et différentes pressions extérieures. Tout ce que nous avons à faire, c’est de rouler, de rester présents et de faire notre course.”
| Risi Competizione | |||
| 82 | Jaime Melo | Gianmaria Bruni | Pierre Kaffer |
| 83 | Nic Jönsson | Tracy Krohn | Eric van de Poele |
| Ferrari | F430 GTC (82 : Châssis F131 EVO GT 2656) (83 : Châssis F131 EVO GT 2646) |
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| V8 4,0l | Pneus Michelin | ||
| Team Manager | David Sims | ||
Spyker Squadron
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Le Spyker Squadron vient au Mans pour la huitième année depuis 2002. Alors que la malchance avait souvent frappé l’équipe néerlandaise, celle-ci a eu la joie de voir sa ppremmière voiture classée l’année dernière, avec lla cinquième place en catégorie GT2 pour le trio Coronel/Bleekemolen/Janis. Cette année, le team repart à l’assaut dans une catégorie où les places vont être très, très chères.
Le V8 Audi a vu sa cylindrée passer de 3,8 litres à 4 litres afin de mieux pouvoir tenir la dragée haute aux adversaires. Si à l’oeil nu, ce changement n’est pas perceptible, en revanche le look de la Spyker est totalement différent de celui de 2009, changement de sponsor oblige. Exit donc la banque lituanienne Snoras comme sponsor principal et bienvenue à une autre banque, russe celle-ci, Convers Bank. De jaune et bleue, la C8 Laviolette est devenue rouge et noire, des couleurs qui lui vont à ravir. Les performances semblent en nette amélioration, et si pour l’instant les résultats n’ont pas été au niveau escompté, la C8 Laviolette est plus compétitive qu’en 2009 si en juge par ses chronos en course qui se situent à moins d’une seconde des ténors de la catégorie que peuvent être Felbbermayr-Proton ou AF Corse, des références.
Tom Coronel et Jeroen Bleekemolen étaient déjà au Mans en 2009, tandis que Peter Dumbreck, qui connaît bien la maison, a pris la place de Jarek Janis. Tom Coronel revient au Mans pour la dixième fois, la cinquième avec Spyker. Piloote mmulti-cartes, on l’a déjà vu dans la Sarthe également avec des voitures plus rapides, telles l’Audi R8 ou la Dome-Judd. Tom, après avoir débuté dans sa Hollande natale, avait émigré assez vite pour le Japon où il avait remporté les championnats de F3 et de Formula Nippon et terminé deuxième en JGTC. Il est ensuite revenu en Europe, disputant assidûment les championnats de Tourisme et de FIA GT (trois victoires, avec une Viper Carsport Holland et deux avec une Lister Storm).
Jeroen Bleekemolen en sera lui à sa cinquième participation aux 24 Heures. Comme Coronel, il a couru sur une Dome-Judd mais surtout, il a déjà connu la victoire au Mans. C’était en 2008, en LMP2, à bord de la Porsche RS Spyder Van Merckjstein. Tout comme Coronel également, il a beaucoup bourlingué bien qu’il n’ait pas encore trente ans. On l’a vu en FIA GT, en A1 GP et même en DTM. C’est un pilote extrêmement rapide. Il a remporté en 2009 la Porsche Mobil Supercup et, parallèlement à son programme en endurance en Le Mans Series et au Mans, il court en ALMS sur une Porsche GTC du Black Swan Racing et vient de remporter sa catégorie à Laguna Seca.
Peter Dumbreck est un rescapé des 24 Heures du Mans. On se souvient certainement qu’en 1999, il avait été l’auteur contre son gré d’une fantastique cabriole, sa Mercedes CLR ayant décollé entre Mulsanne et Indianapolis, survolant au sens littéral du terme la concurrence pour terminer sa course dans la forêt, la CLR étant miraculeusement passée à travers les arbres!! Comme Coronel, il a été champion de F3 au Japon. Après sa mésaventure mancelle, il est passé au DTM (troisième du championnat en 2001) puis est retourné au Japon en SUPER GT. Ce sera sa troisième course avec Spyker au Mans (et donc ses quatrièmes 24 Heures du Mans), les deux premières s’étant soldées par des abandons.
Face aux Corvette, BMW, Porsche et Ferrari, la Spyker, si elle est épargnée par les soucis mécaniques, peut fort bien, à défaut de la gagne, viser une belle place d’honneur.
| Spyker Squadron | |||
| 85 | Peter Dumbreck | Tom Coronel | Jeroen Bleekemolen |
| Spyker | C8 Laviolette | ||
| Moteur Audi V8 4,0l | Pneus Michelin | ||
| Team Manager | Peter van Erp | ||
Hankook : Sur la lancée du Nurburgring ?
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Après avoir longtemps engagé des Porsche, en Carrera Cup et en Le Mans Series (ainsi qu’en ALMS et en Grand-Am avec Loles), Farnbacher Racing s’est depuis tourné vers Ferrari, en partie en 2008, complètement en 2009 avec le soutien du manufacturier pneumatique Hankook. Après une année dite d’apprentissage l’an dernier, 2010 aurait du être synonyme de montée en puissance. Mais la F430 ayant évolué – elle est désormais chaussée de pneus plus gros – Hankook a dû revoir complètement ses montes.
Cela peut expliquer un début de saison plutôt décevant, avec un abandon dans la dernière heure des 8 Heures du Castellet, puis une dixième place de catégorie aux 1000km de Spa. Bien loin des performances réalisées en 2009, où la Ferrari aux couleurs Hankook avait créé plusieurs fois la surprise, notamment lors des qualifications. Une campagne qui avait été clôturée en beauté, avec la première place de l’Asian Le Mans Series à l’issue des deux courses d’Okayama.
Après les deux premières manches des Le Mans Series 2010, la dynamique paraît peu favorable pour aborder les 24 Heures du Mans. Et pourtant, c’est certainement avec le sourire que le Farnbacher Racing va débarquer dans la Sarthe. Et pour cause, les hommes de Horst Farnbacher sortent d’une excellente prestation aux 24 Heures du Nürburgring, avec splendide deuxième place. Certes, le terrain de jeu est totalement différent, mais voilà qui représente une parfaite répétition générale avant le double tour d’horloge manceau. En accumulant les kilomètres, Hankook a certainement emmagasiné de précieuses informations. Elles serviront certainement pour la suite, le délai entre le Nürburgring et Le Mans étant trop court. En revanche, on peut parier que les pilotes seront rodés au trafic !
Au volant, on retrouvera les habituels Dominik Farnbacher et Allan Simonsen. Deux pilotes qui n’ont plus rien à prouver en GT2 et qui sont habitués aux joutes si âpres de cette catégorie. Le troisième homme n’est autre que Leh Keen, un américain de 26 ans qui a connu Farnbacher aux Etats-Unis, en Grand-Am. Il s’y est illustré dès 2008, avec une victoire, avant de décrocher le titre GT l’année suivante. Depuis, il a remporté les 12 Heures de Sebring, en catégorie GTC. Spécialiste de la Porsche GT3 Cup, il a donc découvert récemment la Ferrari F430, notamment aux 24 Heures du Nürburgring.
Une Ferrari, un trio relativement jeune et des pneus Hankook qui pèchent encore par un manque de constance. Sera-ce suffisant face à des concurrents officiels ou semi-officiels ? Ce n’est pas dit. Mais Farnbacher Racing, si il avait été le seul team Ferrari à abandonner l’an dernier, n’en conserver pas moins de bonnes statistiques dans la Sarthe. En trois participations, l’équipe est montée à deux reprises sur le podium, en 2006 (sous la bannière Seikel), et en 2008. Décidemment, les années paires semblent réussir à cette structure…
| Hankook Farnbacher | |||
| 89 | Dominik Farnbacher | Allan Simonsen | Leh Keen |
| Ferrari | F430 GTC | ||
| V8 4,0l | Pneus Hankook | ||
| Team Manager | Horst Farnbacher | ||
JMW : Un nouveau chapitre s’ouvre…
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En deux ans, Jim McWhirter a changé beaucoup de choses. Associé à Chris Warne chez Virgo, avec qui il avait remporté deux fois les Le Mans Series, il a créé son propre team l’an dernier, le JMW Motorsport. La monture, une Ferrari F430, les pneus, des Dunlop, une partie de l’équipe technique et des pilotes restaient toutefois identiques. La saison a été plutôt positive, avec une place de Vice-Champion en Le Mans et une quatrième position aux 24 Heures du Mans.
Mais après cette « première » saison, Jim McWhirter était désireux de se lancer un nouveau défi. Et en britannique qu’il est, il a logiquement opté pour Aston Martin, avec qui il a signé un partenariat de plusieurs saisons. Le challenge est de taille : faire de la V8 Vantage une auto capable de se battre pour la gagne en GT2. Avouons-le, il y a du pain sur la planche tant cette voiture, hormis quelques rares coups d’éclat, s’est montrée discrète depuis ses débuts. Pour cela, JMW peut s’appuyer sur un certain nombre d’éléments connus et le soutien sans faille de plusieurs partenaires. Aston Martin Racing donc, mais aussi Dunlop qui continue de suivre McWhirter dans son aventure, ou encore une équipe technique de qualité et expérimentée, ainsi que Rob Bell dans le baquet.
Comme on pouvait s’y attendre, les premiers pas n’ont pas été simples, notamment au niveau de la fiabilité. Cela reste le point faible de la Vantage, qui a connu divers problèmes depuis le coup d’envoi de l’exercice 2010 : freins, pompe à essence ou encore un accélérateur bloqué à Spa ! Avec deux abandons en autant de courses, l’Aston Martin n’abordera pas Le Mans en pleine sérénité. Une épreuve découverte l’an dernier, sous la bannière du Drayson Racing, et qui s’était terminée, là aussi, par un abandon. Dans ces conditions, voir le drapeau à damiers serait une bonne chose.
Pour le niveau de performance, c’est un peu l’inconnu. La Vantage a progressé, cela ne fait aucun doute. JMW Motorsport a pu se battre avec les meilleures autos du GT2 à plusieurs occasions, notamment au Castellet. Voilà qui est positif. Mais cette auto manque encore de vitesse de pointe et cela sera encore plus le cas dans les Hunaudières. Les pneus, si ils sont dans le coup sur un tour, pourraient également souffrir sur la durée…
En revanche, il n’y aura pas d’inquiétude du côté des pilotes. Rob Bell, plusieurs fois Champion Le Mans Series, est une valeur sure du GT2. Tim Sugden est lui aussi un pilote expérimenté, même s’il se fait plus rare sur les circuits depuis qu’il occupe le poste de Directeur Sportif du team. Enfin, alors que Richard Westbrook avait été initialement annoncé, et que Darren Turner, habituellement présent en Le Mans Series, est retenu par AMR, c’est Bryce Miller qui officiera en tant que troisième homme. A 27 ans, ce dernier a fait l’essentiel de sa carrière en Grand-Am, avec notamment un succès en GT en 2007, ou encore une cinquième place au classement 2008. Il découvrira Le Mans… et la Vantage.
Vous l’aurez compris, Le Mans 2010 représente un point d’interrogation pour JMW Motorsport. L’édition sera donc certainement placée sous le signe de l’apprentissage, spécialement dans une catégorie où il faudra être prêt à 110% pour afficher des ambitions de résultat.
| JMW Mtorsport | |||
| 92 | Rob Bell | Bryce Miller | Tim Sugden |
| Aston Martin | V8 Vantage GT2 | ||
| V8 4,5l | Pneus Dunlop | ||
AF Corse : Les grands moyens !
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Le team italien sera sans conteste une des vedettes des vérifications techniques, avec la présence de Jean Alesi et de Giancarlo Fisichella qui vont attirer la grande foule… Indépendamment de l’aspect médiatique, l’équipe AF Corse a d’autres arguments. C’est un des meilleurs teams en GT, qui reste sur quatre titres consécutifs en FIA GT2, excusez du peu, 2006, 2007, 2008 et 2009, le tout bien évidemment avec des Ferrari F430. Amato Ferrari, le Team Manager, aimerait certainement connaître la même réussite au Mans -qui lui échappe pour l’instant- qu’en FIA GT. En l’absence de Championnat FIA GT2, le team transalpin s’est engagé cette année en Le Mans Series, dont il occupe pour l’instant les deuxième et sixième places du classement.
Sur la F430 n°95, le finlandais Toni Vilander sera en quelque sorte le mentor de Alesi et Fisichella, en dépit du ppalmarès de ceux-ci. Il faut dire qu’en matière de GT, Vilander a des lettres de noblesse à faire valoir : alors qu’il n’a pas encore 30 ans et qu’il n’a débuté en GT qu’en 2005, il a été Champion d’Italie GT2 et GT1, Champion FIA GT2 2007 et 2008 et vice-champion 2009 (avec une victoire aux 24 Heures de Spa en GT2), avec 14 victoires, le GT et la F430 n’ont plus de secrets pour lui. Ce sera en revanche sa première participation aux 24 Heures du Mans, mais ce ne devrait pas être un problème pour le finlandais.
Giancarlo Fisichella est lui aussi un rookie de l’épreuve mancelle et, à ce titre, il devra lui aussi couvrir ses 10 tours règlementaires avant d’être autorisé à prendre le départ, malgré ses 13 saisons en Grand Prix. Au cours de ces treize saisons de F1, “Fisico” a remporté trois Grand Prix, signé quatre pole positions, a fait 19 podiums et a marqué 275 points. Il est toujours membre de la Scuderia Ferrari où il est troisième pilote, après avoir disputé les cinq derniers Grand Prix de la saison 2009. Il est donc passé en GT cette année avec AF Corse, se classant troisième de la première manche Le Mans Series au Paul-Ricard avec Alesi et Vilander, encore troisième à Spa, le trio occupant en ce moment la deuxième place du classement pilotes GT2 derrière Marc Lieb et Richard Lietz.
Jean Alesi est déjà venu une fois au Mans. C’était en 1989, et il pilotait une Porsche 962C Vern Schuppan avec Will Hoy et Dominic Dobson, la Porsche étant contrainte à l’abandon à la suite d’un incendie en début de soirée du samedi. Il a, comme Fisichella, dépassé le cap des 200 GP de F1 avec 201 courses. S’il ne compte qu’une seule victoire à son actif (Canada, 1995), il est en revanche monté 32 fois sur le podium et marqué 241 points. Après La F1, Alesi était passé en DTM où il a gagné à quatre reprises et, comme Fisichella encore, il retrouve Ferrari, mais en GT cette fois, et va tenter de briguer un titre qui succèderait à sa couronne de 1989 en F3000. Alesi a toujours eu une belle cote d’amour avec le public et cela se vérifiera certainement cette année dans la Sarthe.
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Sur la F430 n°96, encore un autre ex-pilote de F1, Mika Salo, finlandais comme Vilander. Les profils de Salo, Fisichella et Alesi sont néanmoins très différents. Si Salo compte 120 GP en F1, il a surtout obtenu ses meilleurs résultats en endurance. C’est lui qui a fait débuter la Maserati MC12 en compétition. En 2006, sur une Ferrari AF Corse, il se classe troisème du championnat FIA GT2, remporte en GT2 les 24 Heures de Spa; l’année suivante il forme un tandem redoutable avec Jaime Melo sur une Ferrari Risi, gagne les 12 Heures de Sebring et remporte le titre ALMS GT2 avec Melo. En 2008, toujours avec Risi, il remporte en GT2 les 24 Heures du Mans -après deux abandons en 2003 sur une Audi R8 et en 2007 sur une Ferrari Risi- et, toujours avec Risi, a réussi en 2009 le Grand Chelem Sebring/Le Mans/Petit Le Mans. Il cherchera donc un troisième succès consécutif au Mans cette année. C’est un retour qui comble les amoureux de l’endurance.
Luis Perez-Companc et Mattias Russo, tous deux argentins, ont connu leur première expérience du Mans l’année dernière sur une Ferrari AF Corse déjà, terminant sixièmes en GT2 associés à Gianmaria Bruni. Perez-Companc, venu du Rallye, a remporté sa première victoire en FIA GT en 2008 sur ses terres argentines avec Mattias Russo et il a obtenu sa première garnde victoire en 2009, remportant le GT2 aux 24 Heures de Spa, avec un équipage musclé, Vilander/Melo/Bruni. Cette année, il a terminé quatrième au Paul-Ricard et onzième à Spa en Le Mans Series.
Mattias Russo, plus jeune que Perez-Companc, est plus sprinter dans l’âme. S’il n’a qu’une victoire à son compteur personnel, celle de 2008 à San Luis avec Perez-Companc, il a en revanche deux pole positions, à San Luis en 2008 et en Algarve en 2009. Il a évidemment les mêmes résultats en 2010 que Perez-Companc, mais ses chronos personnels ne sont pas loin des meilleurs de la catégorie. Alors qu’il n’a pas encore 25 ans, c’est un des espoirs de la catégorie GT2.
Avec de tels atouts, l’équipe AF Corse a tous les ingrédients pour pouvoir postuler elle aussi aux honneurs suprêmes au Mans.
| AF Corse | |||
| 95 | Giancarlo Fisichella | Jean Alesi | Toni Vilander |
| 96 | Mika Salo | Luis Perez-Companc | Mattias Russo |
| Ferrari | F430 GTC | ||
| V8 4,0l | Pneus Michelin | ||
| Team Manager | Amato Ferrari | ||
BMS Scuderia Italia : Internationale…
Voici un engagement atypique, au moins sur le papier. Une voiture allemande pour une équipe transalpine, avec pour pilotes un britannique et deux allemands, tous néophytes de l’épreuve mancelle de surcroît, on aurait pu penser au premier abord à un engagement de second plan.
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Ce n’est cependant pas le cas, puisqu’il s’agit de la BMS Scuderia Italia, une équipe dont la réputation n’est plus à faire, et de Richard Westbrook, de Marco Holzer et de Timo Scheider pour ce qui est des pilotes….Le team italien est présent sur les circuits automobiles depuis plus de 25 années maintenant et est désormais spécialisé dans le GT. Le GT réussit bien d’ailleurs au team, qui peut se targuer de deux titres teams en FIA GT1 (2003 et 2004), assortis de nombreuses victoires et places d’honneur. En GT2, la BMS Scuderia Italia a remporté les 24 Heures de Spa en 2007, avec….déjà une Porsche. Tous ces succès en GT succédaient à de nombreux autres titres acquis en proto lors des années précédentes. Le Mans réussit bien également au team italien, avec deux deuxièmes places en GT2, en 2008 et en 2009.
Côté pilotes, pas de souci : Richard Westbrook a remporté la plupart de ses victoires sur des Porsche. Après avoir régné en maître sur la Carrera Cup anglaise, il a remporté à deux reprises la Porsche Supercup. Il a terminé deuxième en GT2 des 24 Heures de Spa, deuxième également en GT des 24 Heures de Daytona, a remporté une course ALMS en GT2, il est le champion FIA GT2 2009 (après avoir été troisième en 2008) avec Prospeeed, tout cela avec Porsche. Pour ses débuts en proto, il a terminé troisième au général des 24 Heures de Daytona. Marco Holzer n’aura pas encore 22 ans en juin prochain, mais c’est l’un des grands espoirs allemands en endurance et Porsche ne s’y est pas trompé en le recrutant dans son Junior Team. Il a fait ses débuts en FIA GT l’année dernière et a remporté une victoire en GT2 pour Prospeed avec…Richard Westbrook, avec qui il fait équipe cette année en Le Mans Series, ce qui est un bon gage d’homogénéité pour Le Mans. Preuve de l’estime que lui porte Porsche, il était dans l’équipage de la Porsche Hybride récemment aux 24 Heures du Nürburgring. Timo Scheider est une des surprises des 24 Heures du Mans 2010. Le double champion DTM avec Audi a, comme Westbrook, un palmarès plus que fourni, mais n’a pas encore participé à la classique mancelle. Le pilote allemand sait cependant ce qu’endurance veut dire : vainqueur des 24 Heures de Spa 2005 sur Maserati, vainqueur des 24 Heures du Nürburgring 2003 sur Opel Astra V8, vainqueur des 24 Heures de Spa en GT2 en 2006 sur une Ferrari 430 AF Corse. Il n’y a aucune raison donc que Timo Scheider, délégué par Audi Motorsport, ne puisse pas prétendre aux mêmes honneurs au Mans.
Antonio Cazzago, le nouveau Team Manager de la BMS Scuderia Italia, a commenté pour Endurance-Info l’engagement du team pour l’édition 2010 : “La FIA ayant annulé le Championnat d’Europe FIA GT2, nous avons décidé de porter nos efforts uniquement sur les deux plus importantes courses d’endurance, les 24 Heures du Mans et les 24 Heures de Spa. En conséquence, nous avons décidé de réunir un équipage très fort pour notre Porsche. Nous croyons que les 24 Heures du Mans sont la plus importante course d’endurance du monde, et après nos deuxièmes places de 2008 et 2009, nous allons essayer de monter une marche de plus sur le podium.
Quand j’ai appelé Timo, qui a piloté avec moi quand j’étais le Team Manger de AF Corse aux 24 Heures de Spa en 2006, il a été très heureux de se joindre à nous. Nous avons travaillé ensemble une fois seulement, mais dès le début, nous avons eu un bon feeling. J’ai rencontré l’année dernière et l’année précédente Richard et Marco en FIA GT et ils sont également très heureux d’être avec nous. Ce sont tous des pilotes de premier plan avec des palmarès impressionnants, même si pour chacun d’entre eux, ce sera la première fois qu’ils viendront au Mans. Je pense que des pilotes capables de piloter aux 24 Heures du Nürburgring, aux 24 Heures de Spa, ne mettront pas beaucoup de temps pour être prêts, même pour les 24 Heures du Mans.
“Cette année, au Mans, en dehors du LMP1 avec la bataille entre Peugeot et Audi, je pense que la catégorie GT2 est très intéressante. Quand on regarde les pilotes, on se rend compte que plus de la moitié d’entre eux sont de très bons pilotes professionnels, et c’est très intéressant de noter que des pilotes qui ne sont pas habituellement des “pilotes d’endurance” viennent dans notre catégorie : Alesi, Fisichella, Priaulx, Farfus, Scheider… Cela signifie que l’inérêt porté à la catégorie GT2 est très élevé et cela suscite de grands espoirs pour l’avenir du GT2. Nous avons que cette année le plateau GT2 est encore plus fort que lors des dernières années. En dehors du groupe des Porsche -Felbermayr (Lieb, Lietz, Henzler), IMSA et Flying Lizard- et des Ferrari (Risi et AF Corse), je pense que les deux Corvette et les deux BMW peuvent prétendre à la victoire. En fin de compte, si on inclut notre voiture, je pense qu’il ya dix voitures pouvant se battre pour le podium. Nous allons faire des essais dans les prochains jours à Vallelunga pour vérifier la voiture et pour créer une bonne ambiance entre les pilotes et le team.
Ce n’est pas facile, avec une seule journée d’essai et pas une course, de faire toutes les opérations correctes lors des arrêts au stand; c’est pour cette raison que je vais entraîner cette semaine à faire facilement les bons gestes sans faire d’erreur. Nous croyons en nos possibilités de faire une bonne course et je suis tout à fait certain que tout le monde au sein du team va faire tous les efforts nécessaires pour être au niveau optimum. Nous verrons dimanche 13 juin après-midi si nos espoirs sont devenus la réalité.”
| BMS Scuderia Italia | |||
| 97 | Richard Westbrook | Marco Holzer | Timo Scheider |
| Porsche | 997 GT3-RSR | ||
| Flat 6 4,0l | Pneus Michelin | ||
| Team Manager | Antonio Cazzago | ||





























