Les années passent, mais Allan McNish reste le même. En piste, il est souvent le fer de lance d’Audi, le premier à aller au charbon quand le besoin s’en fait sentir. En dehors, il est l’un des pilotes les plus disponibles, le plus jovial certainement. Avec son français à l’accent écossais, il est en tout cas toujours aussi sympathique. En somme, un bon client…
C’est avant les qualifications que nous avons rencontré Allan. L’occasion de faire le tour de la question, à commencer par les objectifs de ce week-end sur le circuit Paul Ricard HTTT. Alors, le petit écossais a-t-il cédé à la mode actuelle qui veut que tout le monde soit venu dans le Sud de la France pour préparer Le Mans. « Si vous parlez aux ingénieurs, oui c’est un essai » souligne-t-il avant de nuancer son propos. « Si vous parlez aux pilotes, c’est une course. Bien sur qu’on pense au Mans. Mais une fois que le drapeau vert est déployé, je me donne à 100% ! Je veux gagner ici, je veux gagner à Spa, et évidemment au Mans. Ici, nous allons avoir un premier aperçu. Jusqu’à Spa, ce sera impossible de se prononcer, tout en sachant que Spa est placé trop prêt des 24 Heures du Mans pour faire des changements majeurs. Au Castellet, c’est une sorte d’essai. A Spa, les gens ne pourront pas cacher leurs cartes. »
Le ton est donné et Allan McNish en chaîne à propos de la nouvelle R15 « plus » et du déroulement du meeting varois : « C’est notre première course et nous n’avons pas beaucoup roulé. Il nous reste de la marge : nous cherchons encore à avoir une voiture plus constante. Nous ne serons que deux pour la course : nous avons un « demi Tom » avec nous (rire) ! Donc c’est important d’avoir une voiture facile à piloter. »
Sur le circuit Paul Ricard HTTT, l’Audi du tandem McNish/Capello affrontera la 908 HDi FAP du Team ORECA. Les interrogations n’ont pas manqué quant à la valeur accordé par l’Ecossais à cette Peugeot « privée ». Sa réponse a été pour le moins claire : « Je connais très bien ORECA puisque j’ai du voir Hugues de Chaunac pour la première fois en 1987. J’ai roulé avec eux en 2005, sur la R8, et je connais les ingénieurs. C’est une vraie équipe d’Usine. Il y a vraiment peu de différences avec l’équipe officielle Peugeot. »
Une équipe officielle Peugeot que tout le clan allemand retrouvera à Spa puis au Mans. Et justement, afin de reconquérir la victoire dans la Sarthe, le bolide développé par la firme d’Ingolstadt a sensiblement évolué durant, avec un look foncièrement différent. « Il n’y a pas que l’aéro qui a changé » précise rapidement le pilote Audi. « C’est le plus facile à voir. Mais il y a eu aussi des modifications sur les suspensions, la motricité etc. Ces changements étaient tout simplement nécessaires puisque nous nous devons d’être plus rapides si nous voulons gagner Le Mans. C’est un ensemble qui doit être meilleur. » Un ensemble qui, en 2009, avait montré des signes de faiblesse au niveau de la fiabilité. Allan ne semble pas inquiet : « La fiabilité, je suis relativement confiant sur ce point. C’est vrai que nous avons eu une mauvaise surprise sur ce point l’an dernier au Mans. Mais en général, Audi est vraiment exceptionnel à ce niveau. »
Par ailleurs, comme la Peugeot 908 HDi FAP, la R15 a vu ses brides réduites. Il poursuit : « Cela a forcément eu pour conséquence de réduire la puissance et le couple. Mais quand on perd de la puissance, les ingénieurs se débrouillent pour gagner ailleurs. Ce n’est pas perdu à 100%. On gagne sur la consommation, sur d’autres choses, à d’autres solutions… En revanche, il est clair que Aston martin sera très bien. Dindo m’a dit qu’il avait été avec la Lola-Aston dans la ligne droite et qu’elle était vraiment très rapide. »
De quoi remettre dans la course les prototypes à moteur Essence ? L’avenir nous le dira et c’est certainement pas des 12 Heures de Sebring qu’il faudra tirer des conclusions si l’on en croit McNish : « Peugeot n’était pas à 100%. Il suffit de voir la prudence des pilotes dans le trafic. Et Aston Martin n’ont plus d’ailleurs, car ils pensaient au podium et à la fiabilité de leur voiture. Pour ma part, je pense que c’est important de voir une vraie diversité au Mans, avec des Diesels, l’Essence, des Hybrides… Même si, en tant que pilote, je veux surtout le meilleur chrono ! Pour Audi, je pense que c’est bien d’avoir le Diesel, avec une technologie identique à celle des modèles de série. »
On terminera par une petite touche d’humour à propos de son absence lors des tests d’Audi à Sebring. « Je n’étais pas en vacances » argumente-t-il. « Juste avant, j’avais passé cinq jours à Homestead et c’est tout sauf des vacances… En plus, il a plu ! »
Anthony Megevand